L’exposition Village d’Azerbaïdjan ou comment réveiller ses sens en plein Paris

 Du 19 au 28 septembre 2014, la place Saint-Sulpice, dans le 6e arrondissement parisien, s’est mise à l’heure azerbaïdjanaise, à l’occasion du Village d’Azerbaïdjan organisé par la ville de Paris. Alors que les relations franco-azerbaïdjanaises sont de plus en plus étroites, les expositions de la place devaient permettre aux visiteurs de découvrir les richesses culturelles et traditionnelles du pays.

 

 

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Exposition Star Wars Identités : faut-il y aller ?

Fans de Star Wars (mais pas plus que ça), j’ai voulu voir ce que donnait l’exposition Star Wars Identités (www.starwarsidentites.com/). "Star WarsMC Identités s’attarde aux films de la saga Star Wars — et aux éléments qui façonnent notre identité — par l’intermédiaire des sciences qui abordent cette question comme la génétique, la neuropsychologie, les sciences de la santé et la psychologie." C’est bien beau, mais concrètement, cela donne quoi ? Mon avis tout de suite !

 

Réservez longtemps à l’avance !

 

J’ai d’abord voulu y aller une première fois en m’y prenant 3 jours à l’avance, plusieurs semaines après le début de l’exposition. Malheureusement, tout était complet et j’ai dû réserver 2 semaines à l’avance pour avoir le choix des heures. Une exposition qui semble rencontrer un grand succès, cela doit valoir le coup !

 

Planifiez bien votre trajet !

 

Selon le site de la Cité du Cinéma, on peut se rendre à l’exposition en prenant le RER B ou D. Ca tombe bien, le RER D est pratique pour moi qui suis à l’est de Paris ! Cependant, il n’était pas précisé qu’il fallait marcher au moins quinze minutes avant d’arriver sur le site ! Il a également fallu demander le chemin aux passants, et un dimanche en milieu de journée ils ne courent pas les rues ! Bref, pensez à vous munir de chaussures confortables pour marcher et à bien vérifier le trajet avant de partir pour arriver à l’heure car aucune indication n’est fournie sur le site ni à la gare RER.

 

Une exposition pour se faire un profil

 

Il faut bien être clair à ce sujet : ne vous attendez pas à découvrir des exclusivités ou des secrets immenses, des scénarii inédits ou autres indiscrétions sur Georges Lucas ou Mark Hamill ! Dans les jeux, on en apprend bien plus sur l’univers Star Wars que dans l’exposition ! Cette exposition est plutôt une excuse pour définir le personnage qu’on serait dans Star Wars en apprenant quelques secrets de tournage que les fans connaissent certainement grâce aux Lucas mag ou autre. De ce côté, rien de neuf ! On apprécie cependant l’approche originale qui consiste à faire réfléchir les gens sur ce qui constitue un individu. On apprécie aussi les schémas, croquis et autres dessins qui montrent ce qu’auraient pu être les personnages principaux de la saga.

 

Une expérience interactive

 

Chaque visiteur est équipé d’une  oreillette et d’un bracelet. L’oreillette permet d’écouter les informations en provenance de différentes bornes, en français ou en anglais. Le bracelet permet d’interagir avec les bornes interactives pour répondre à différentes questions afin d’obtenir son profil à la fin de l’exposition. On peut ainsi lier des liens d’amitié avec les autres visiteurs, créer son profil psychologique etc. D’ailleurs, si le bracelet peut enregistrer jusqu’à 33 amis (pas plus, certainement pour éviter que les visiteurs ne campent trop longtemps dans l’exposition !), seul le chiffre 31 apparaît à la fin !

 

Une boutique pas terrible

 

Inévitablement, avant de sortir, on passe par la boutique. Mais à part des tee-shirt au logo de l’exposition, des casquettes, le catalogue qui regroupe l’ensemble des dessins et photos des maquettes exposées, des peluches et des bacs à glaçons, il n’ y a pas grand-chose ! Côté goodies, on pouvait faire nettement mieux ! On aurait pu s’attendre à trouver des jeux Lego Star Wars au logo de l’événement, mais on n’y trouve que 3 livret Lego Star Wars avec des autocollants. Chaque article est vendu au prix fort : 12 € pour faire 6 glaçons en forme d’X-wing, cela fait un peu cher ! J’ai préféré ne rien acheter, même si les fans les plus ardents pourront quand même se procurer un livre sur les dessous du jeu Star Wars Knight of the Old Republic, le seul objet digne d’intérêt à mon sens !

 

Déconseillé aux plus jeunes

 

Franchement, je ne comprends pas les parents qui emmènent des jeunes enfants dans ce genre d’endroits ! Comment voulez-vous qu’un petit de 3-6 ans puissent s’intéresser à cet univers ? Il doit rester debout au moins 1h30, presque sans rien faire, il va en avoir vite marre ! Il était courant d’entendre les plus jeunes crier et pleurer ou courir partout car ils s’ennuyaient ! Dans un espace clos, où les cris peuvent empêcher d’entendre certaines informations, ce n’est pas très agréable pour les autres visiteurs !

 

Une attente longue et pénible

 

Soyez prévenus : parcourir l’ensemble du hall en faisant des photos, en regardant et écoutant tout, en répondant à toutes les bornes prend du temps ! Le site mentionne 1h30, moi j’ai mis 2h30 ! S’il y a quelques bancs par-ci par-là, ils sont vite pris d’assaut ! C’est donc fatigant de piétiner aussi longtemps. Le plus pénible étant l’attente à la borne 9, où il faut créer son profil psychologique. Comme il y a de nombreuses questions, l’attente est longue car trop de visiteurs prennent le temps de réfléchir avant de répondre, ce qui n’est pas forcément utile ! J’ai vu beaucoup de visiteurs abandonner cette épreuve tant l’attente est longue et pénible !

 

Quelques problèmes techniques

 

Dès le départ, n’hésitez pas à signaler le matériel défectueux. Personnellement, la première oreillette ne fonctionnait pas et sur la deuxième, il était difficile de la régler en français. Il peut aussi arriver que le bracelet ne fonctionne pas bien, sans compter une borne défectueuse (celle où l’on se fait des amis). Il faut aussi veiller que le capteur soit bien en évidence car un simple vêtement peut brouiller le signal et on n’entend alors plus rien ! Cela ne gâche pas l’expérience mais il faut faire attention.

 

Un avis mitigé

 

Personnellement, sans dire que j’ai été déçu, je n’ai pas été emballé du tout : rien de bien exceptionnel n’est présenté ! Il manque des personnages marquants, des droïdes, des vaisseaux, des lieux… Bref, on voit des maquettes bien plus belles sur d’autres salons non dédiés à Star Wars ! Heureusement qu’on peut récupérer le profil obtenu à la fin de l’exposition en laissant son adresse email, sinon on regretterait presque d’être venu !

Le profil que j’ai obtenu est visible à cette adresse, pour se faire une idée :

http://mesgameclips.over-blog.com/2014/03/quel-est-votre-profil-star-wars.html

 

Voyez plutôt cette exposition comme une simple sortie pour se changer les idées, mais pas comme une plongée dans l’univers de Star Wars car de ce côté c’est très limité et le merchandising rattrape vite les visiteurs ! A 22 € par personne, il faut bien prendre son temps ! Les cosplayers sont toutefois les bienvenus.

 

 

 

 

 

 

Vive le Journalisme ? ! Françoise Gaujour, du reportage au report’ Art

Quelles que soient les causes de la « disparition » de Ghislaine Dupont et Claude Verlon de RFI au Mali, voilà qui rappelle à chacun tout ce que la "mission" ou "vocation" du Journalisme pour certains, peuvent avoir d’essentiel, de précieux, de vital, au nom de la Liberté.

La liste est longue des victimes sur le champ de bataille pour la démocratie. Souvenons nous de nos otages…J.P Kauffmann (retenu 3 ans), J.L Normandin (21 mois), S. Taponier et H. Ghesquière (1 an), R. Auque (11 mois), A. Cornea (255 jours), F. Aubenas (157 jours), Ch. Chesnot et G. Malbrunot (124 jours), P. Rochot et G. Hansen (105 jours), J.J le Garrec (74 jours)…etc.

 

Bien sûr, dans nos pays définis comme les plus avancés, et plus encore dans ceux qui pratiquent la censure comme mode de gouvernance, chaque Pouvoir n’est pas sans les craindre parfois, les serviteurs de l’information. Il arriva même qu’une « cellule d’écoute » leur soit largement dédiée à l’Elysée. C’était il y a quelques années, et peut être encore, ou bientôt, qui sait.

 

Pour les uns ils sont toujours trop complaisants, pour les autres, trop indociles et intrusifs. Comme il est difficile de ne pas céder au règne du divertissement et de la pommade adoucissante et relaxante appliquée en guise « d’information ». Le risque de sombrer dans le néant de la téléréalité voyeuriste s’apparentant à un étalage de supermarché menace tout autant sous le diktat du roi fou de l’audimat. Oui, réjouissons nous que la profession de Journaliste garde largement comme préalable ses exigences les plus honorables.

 

La plupart demeure du « parti » de la vérité, autant qu’elle soit possible et accessible. Que le journalisme ne puisse totalement contourner la subjectivité atteste d’une part d’humanité. Cela est  rassurant. Les robots ne sont pas encore en charge de l’information. Bien sûr, entre le récit et le compte rendu objectif il incombe au lecteur ou spectateur d’user de son propre regard critique. Les citoyens n’ont pas à demeurer au stade infantile. Les Journalistes n’ont pas à mâcher et digérer l’actualité. Du reste, les faits sont aussi divers que chacun d’eux. Il n’y a pas « les Journalistes ». Il y a une profession représentative du genre Humain, du lectorat. L’information est toujours une co production entre émission et réception. Il arrive qu’au royaume des aveugles bien des lecteurs se mettent volontairement en première ligne.  N’oublions jamais tous ces véritables héros des temps modernes qui perdent leur vie pour avoir tentés de nous ouvrir au monde, tel qu’il est. Y a t’il une vie sans ou après le Journalisme ?

 

Nombreux ont troqués leur tenue de reporter pour celle de l’élu du peuple. Après avoir donné de son temps et de son énergie pour rendre compte au mieux de l’actualité, il est presque légitime de songer un jour à vouloir influer sur le cours de l’Histoire. Les souffrances observées ou vécues génèrent des opinions, ou des révoltes. Ainsi en fut-il des ex Journalistes devenus Députés que sont, Noel Mamère, François Baroin, Dominique Baudis, Mélenchon, d’autres encore. Pour Françoise Gaujour, la mutation passa par le pont qui sépare le reportage du « report’Art ». Il n’est pas exclu que les deux rives entourent un même fleuve.

 

 

Lorsqu’on regarde la biographie de Françoise Gaujour, on insiste premièrement sur le fait qu’elle fut la première femme présentatrice d’une revue de presse en Radio, sur France Inter. Son ouverture au monde par l’information jusqu’à prolonger actuellement son action dans le « Report’Art » n’est peut être pas étranger à son enfance passée au Sénégal. Le « Report’Art » qu’elle est devenue ces derniers temps transcende toutes les frontières, aussi celle qui sépare en théorie la photographie et la peinture. Certains de ses « tableaux photographiques » paraissent en effet s’inscrire dans un registre indéfinissable et nouveau, unique en son genre, libre. Pour le vernissage du 7 Novembre dernier au 41 rue Verneuil à Paris il y avait foule, et du beau monde, beaucoup d’affection aussi.


Françoise Gaujour fît de brillantes études à l’ESJ de Paris tout en étudiant le Droit à la Faculté d’Assas. Un stage au Journal l’Aurore marquera le début de sa carrière en presse écrite. Elle y deviendra rapidement  Reporter en titre. Elle sera responsable d’une des premières chroniques dédiées à « l’Environnement ». Sa démarche et personnalité relèveront immédiatement des pionnieres. Elle collaborera aussi avec l’émission alors très populaire « Midi Trente ». Remarquée pour la qualité de sa plume et son indépendance d’esprit elle publiera bientôt « Un chasseur nommé Giscard » (Editions Alain Moreau) qui reste comme l’un des ouvrages de référence dans la dénonciation de la chasse et plus largement la promotion de l’Ecologie. Tout cela reste très actuel.


En Octobre 1977, Françoise Gaujour entre à la Rédaction de France Inter pour y être rapidement Grand Reporter. Devenue présentatrice d’une chronique d’humeur à 8h15, puis d’une autre à 8h20, elle assure rapidement la présentation du journal de 7h30. L’analyste subtile et caustique qu’elle est irradie alors tout le service politique. En 1985, présentatrice éditorialiste de la Revue de Presse de 8h30, elle rencontre un grand succès d’audience. Elle apporta un véritable ton nouveau, dans une grande liberté d’expression.

En 1987 Françoise Gaujour écrit un second livre intitulé «  La Séduction est leur métier » (Editions Carrère) consacré au marketing des hommes politiques pratiqué pour séduire les électeurs. Le thème garde toute sa pertinence au royaume actuel des éléments de langage et du peopolitique de la téléréalité généralisée.

Françoise Gaujour quitte bientôt France Inter pour participer à  « la grande aventure de la 5* », celle de la première télévision nationale privée, alors que la Télévision Publique n’a pas encore coupée son cordon ombilical avec l’état. On suppose que ce fut le cas depuis.

A la 5* Françoise Gaujour est d’abord reporter au service politique, puis présente « Public », un grand talk show de la mi journée encadrant le journal de 13H. À partir d’avril 1991, l’émission « A la Cantonnade » lui est confiée, émission diffusée en 2ème partie de soirée et traitant de l’actualité des médias, de pub et communication. Françoise est par la suite en charge de « C’est tout com » tournée dans le décor des agences de publicité et consacrée aux mêmes thèmes.

Après la fin de la 5* elle rejoint l’équipe de « Sacrée Soirée », la grande émission à succès présentée par Jean Pierre Foucault sur TF1. En 1993, Françoise Gaujour est aussi en charge du principal  journal de TMC. La même année elle présentera une émission économique sur RMC « 45 minutes pour l’emploi ». C’est l’une des premières émissions consacrées au chômage et à la crise. La pionnière demeure.

En Août 1994 elle rejoint RTL TV. Elle en assure la direction du siège Parisien tout en étant productrice et présentatrice en Direct de l’émission « F comme Femme ».Françoise est de toutes les justes et nobles causes.

En 1996 Françoise Gaujour intègre Europe1 en responsabilité de diverses chroniques et émissions ainsi que de la revue de presse. Avec «  Europe plus » elle obtient un fort succès d’audience dans la matinale.

Françoise Gaujour vient clore sa brillante carrière entant que critique d’Art du service Culture. Son statut actuel de « Report’Art » s’inscrit donc logiquement dans son évolution, rejoignant la grande famille des artistes dans laquelle elle se reconnaissait probablement déjà durant sa dernière activité en Radio.

Alors pourquoi avoir intitulée sa première véritable exposition " Silhouettes" ? Suivre le Guide qu’elle offre au travers d’un poème :

 

La silhouette est….
Sur tous les fronts du monde nous sommes habitués à voir leurs « silhouettes » assurant de la présence de, la liberté. Certaines tenues vestimentaires s’affichent même « style reporter ».  Les journalistes sont partout, ou presque. Certaines parties du monde rechignent à leur ouvrir les portes. Laisser entrer des serviteurs de la démocratie peut être lourd de conséquences, les plus nobles.  Dans une ville monde qui n’est pas sans devenir de plus en plus violente, voire, barbare, n’oublions pas de les remercier plus souvent pour le courage dont ils font preuve, les journalistes. Notamment ceux qui travaillent sur le terrain. Comme l’Art ils « sauvent » le monde en ne renonçant pas à la libre expression.

 

Un mouvement

Ce n’est pas une forme

C’est une énergie,

Elle est tonique,

C’est une action,

Une démarche,

Elle est suspendue en plein vol,

C’est un désir,

Un charme,

Une sensation,

Une émotion,

Un souffle de vie,

Un mystère,

Une énigme,

Un funambule,

Un fantomal,

Elle est insolite,

Toujours étrange,

La silhouette a une âme

C’est un souffle de vie,

Elle n’a rien dans les poches,

Elle joue sur le dénuement,

Elle est abstraite,

C’est une ligne,

Un contour,

Un galbe,

Un profil,

Une allure,

Elle épouse la forme du corps,

C’est un fil,

C’est un contraste,

Le jour et la nuit,

Un crépuscule,

Une ombre,

C’est une transparence,

Un dessin,

Un silence,

Un voyage en relief,

Un tracé,

La silhouette est singulière,

Elle se faufile,

C’est une lumière,

Une intimité,

Elle est magique, poétique,

Imaginaire,

C’est une intention

C’est mon intention…

 

 

Toute une partie de ses Report’Arts s’élève dans des Dunes (photographiées au Brésil, à Jericoacoara ) pour y apprendre le langage des frontières entre Ciel et Terre. Précisant « qu’il y a des dunes sur Mars » ses annotations insistent pareillement sur « de nombreuses formes de dunes ». Par exemple « dans le désert du Namib les dunes se forment en Y, quand le vent souffle dans deux directions » mais « Il y a aussi des dunes en forme d’étoile, quand les vents sont multi directionnels » ou « des dunes en forme de U dans les déserts côtiers quand la végétation arrête leur progression alors que la partie centrale continue de progresser ». Chacun étant ici bas destiné à retourner à la poussière des Dunes de toute la Terre, Françoise Gaujour rappelle que « les dunes sont simples et complexes, comme nous ». Gardons qu’un grain de sable bouleverse parfois la mécanique la plus optimale.

 

La série "Surfeurs du béton" représentant des skatters pris en contre jour et surfant sur le béton s’inscrit plus nettement dans la modernité urbaine. Pour y apparaître au travers de leurs ombres, libre à chacun de trouver là une invitation à choisir la Lumière.

 

Quelle est sa technique de travail ? Françoise répond que « sa méthode est d’une simplicité folle, je voyage pour faire des photos et je fais des photos pour voyager,  ensuite je laisse faire mon instinct ».

 

Dans quel registre photographique pense t’elle plus volontiers se reconnaître ? « C’est vrai que j’aime les paysages, mais je fais aussi des portraits. Par exemple, lorsque je voyage, mon côté journaliste revient au galop, je fais en quelque sorte des documentaires photos autour d’un pays. En Alaska, cet été je crois avoir fait une série artistico/sociale autour des chalets dans la forêt dans lesquels habite la population de Seward.". Au gré des Dunes cosmiques ou du béton trop souvent armé, à chacun de choisir ce qu’il retiendra du pèlerinage induit par les « Silhouettes ». Que le Journalisme recouvre en soi un parcours initiatique et initiateur ne fait aucun doute. Cette grande professionnelle le prouve.

 

Que le Journalisme recouvre aussi un art…de vivre ? Une philosophie de la vie ? Que cette activité ouvre à un regard particulier sur le monde, sur l’être humain, sur le cours de l’Histoire, sur le sens même de l’existence ? Voilà qui recouvre une évidence. Que cela induise tragiquement un « art » de mourir de temps en temps au combat pour la liberté ? Aussi. Gardons que la Liberté ne mourra jamais. La mort elle-même serait morte depuis toujours.


Une vie après le Journalisme ?

Il y aura toujours des Journalistes, la question ne se pose pas. La Liberté aurait donnée sa parole. L’Humanité s’y serait engagée, notamment suite au 20éme siècle lourd de son cortège d’offenses les plus cruelles et immondes infligées à l’Homme. Plus jamais ça ? Plus jamais se taire. Rien ne pourra plus interdire la présence de ces « silhouettes » qui parlent pour nous dans toutes les dunes ou crevasses de la Terre, toutes, ou presque.

 

Il y aura toujours aussi des sites d’information libre et indépendante comme C4N, refusant toute forme de censure, et retournant chaque jour au turbin courageux et volontaire de l’information.

 

Oui, vive les Journalistes ! Vivent…

 

Guillaume Boucard


Exposition de Photos : Regards d’Enfants à Beaumat (Lot)

Témoignage : la vie des enfants au travail à la guerre, la maltraitance

Le Sous-préfet de Gourdon Jean Luc Brouillou, visite l’exposition des photos « Regard d’enfants » de Gérard Noël. (Photo © C4N Osvaldo Villar).

Le Sous-préfet de Gourdon a fait la surprise de venir au vernissage de l’exposition de «Tableaux Regards d’enfants » de Gérard Noël, à la salle de la Mairie de Beaumat le dimanche 11 en présence de Paulette Pons Maire de Beaumat, Huguette Monestier Maire de Séniergues, Aurélien Pradié Conseiller Général du canton , élus.

Ces photos inédites, gestuelle de liberté mais également de discipline. Un papa lui a rapporté les effets de la peinture libre sur ses enfants. Ces photos viennent du Moyen-Orient, d’Asie Centrale, d’Afrique, de l’Inde. Les enfants ont moins de 16 ans parfois seuls, parfois en soldats, ou exploités au travail, souvent ils sont désignés administrativement en France comme MIE : Mineurs Isolés Etrangers.

Enfants en danger du fait d’une situation politique ou personnelle difficile, migrants économiques cherchant simplement du travail et une vie meilleure, toutes les photos portent une histoire particulière.

Et cette exposition devrait aider à renforcer les Droits de l’Enfant: logement, nourriture, éducation. L’Etat français et les Associations PAOMIE (Permanence d’Accueil et d’Orientation des Mineurs Isolés Etrangers), gérée par France Terre d’Asile, association mandatée par le Conseil de Paris bataillent à leur côté pour leur permettre d’aller à l’école, de se former et tenter ainsi d’entamer une vie d’adulte dans de bonnes conditions.

Le Maire du village qui aime la culture en milieu rural a prononcé un discours pour ouvrir l’exposition.. Chaque été, une foule d’estivants, passionnés d’art, et la presse viennent découvrir une facette des quelques 400 000 photos des archives de Gérard Noël, recueillies durant sa carrière de plus de 20 années de loyaux services à "Madame Figaro Magazine" ce sont des souvenirs inoubliables de sa vie ; témoin de l’histoire et des différentes cultures.

Lors de son discours le Sous-préfet s’adressant à la jeunesse et aux artistes, élus et responsables d’associations a mentionné que « l’une des composantes de l’Etat c’est d’aider et de soutenir les artistes et les arts en milieu rural. Les enfants sont mis en avant à travers la couleur à la fois intemporelle qui se traduit par la création d’un nouveau style photographique ».

Les visiteurs venus nombreux sont émerveillés par ces moments de vie des enfants dans les différentes régions du monde faisant de l’art de Gérard Noël un témoin puissant des conflits armés, des enfants au travail, mais aussi des regards sublimes qui vous parlent du passé et des différentes cultures et régions du monde.

Exposition Regards d’enfants (40 photos sont exposés) à la salle de la mairie de Beaumat, jusqu’au dimanche 18 août, tous les jours de 10h à 12h30 et de 15h à 19h.

Paradoxe du fourreur FENDI : hommage à l’eau, mais la détruit pour l’élévage

De nombreux parisiens ont peut être pu apercevoir d’étranges constructions noires en formes de dômes futuristes le long de la Seine : il s’agit d’une exposition temporaire à la gloire de la fontaine de Trevi (à Rome) et plus généralement à la gloire de l’eau « la chose la plus importance au monde » selon Karl Lagerfeld himself, le directeur artistique de Fendi sponsor de l’  événement.



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Exclusif : l’encart de DSK dans Belle et bête

Stock, sur injonction judiciaire, devra insérer plus de 30 000 exemplaires d’une mise au point de Dominique Strauss-Kahn dans les livres de Marcela Iacub, Belle et bête. Come4News vous en révèle la teneur en exclusivité (mondiale, bien évidemment).

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Cette année, Chantilly fête le jardinier André Le Nôtre.

 

Comme beaucoup de personnes vous connaissez Chantilly comme capitale du cheval, puisque c’est là que se trouve le premier centre d’entraînement de chevaux de course en Europe, avec près de 3 000 chevaux de course qui s’entraînent chaque jour sur les nombreuses pistes boisées. Mais cette ville  de renommée mondiale possède d’autres atouts touristiques et cette année elle célèbre, 400 ans après sa mort le jardinier André Le Nôtre qui a aménagé les superbes jardins du château de Chantilly.

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Les pleurants de Dijon : Libérez les Pleurants !

On les avait mésestimés : ce sont aujourd’hui les dijonnais les plus célèbres dans le monde, battant d’un coup Kir (le chanoine), Amora (la moutarde) et même Rude ou Eiffel, sans parler des ducs eux-mêmes et du collier de la Toison d’Or dont ils étaient si fiers. Belle revanche pour ces petits bonhommes en albâtre que personne n’avait trop pris au sérieux, pendant des siècles.

On les prenait même de haut, naturellement. Seuls les enfants les regardaient attentivement (question de taille) en tournant autour du tombeau des ducs et se doutaient qu’ils n’étaient pas ce qu’on imaginait : un cortège de pleurants suivant la dépouille de leur dernier maître, dont les restes reposaient au dessus d’eux.

Grâce à Sophie Jugie, directrice du musée des Beaux Arts et ses collègues américains qui ont eu la bonne idée d’emmener en balade ces petites statuettes, le monde entier (ou presque) a pu les voir des près sans avoir à se pencher pour découvrir, sous leur capuchon de moine, des êtres remarquables au chagrin tout relatif. Rude coup pour l’ego des grands hommes, et oui, il faut le dire : si ces statues nous émeuvent, c’est plus par la perfection des traits, l’émotion qu’elles dégagent que par l’affliction dont elles témoignent.

On peut le dire ouvertement, maintenant que la tournée a été un succès, de New York à Berlin en passant par San Francisco, Dallas et Bruges. « Les Pleurants. Tant d’amours et tant des larmes » qu’ils disaient, nos amis Flamands. A Berlin, on a été plus prudent. « Die Pleurants vom Grambal des Herzogs Jean sans Peur in Dijon ». Assez pleuré comme ça : la fête des Pleurants, c’est maintenant !

Pleurez les princes qui nous gouvernent n’a qu’un temps. Libérez les Pleurants, tel semble être le langage caché d’une exposition remarquable présentée jusqu’en février au Bode Museum à Berlin, sur cette Ile des Musées qui sera demain l’équivalent du Grand Louvre à Berlin.

La délégation dijonnaise menée par Yves Berteloot, adjoint à la culture, a pu découvrir la façon dont le conservateur du Bode Museum a tenu à placer les Pleurants, sur un piédestal aux dimension d’un tombeau, dans une salle aux murs recouverts de peintures des quinzième et sixième siècles.

Muséographie sobre, soulignée par un travail sur la lumière qui a permis à tous de découvrir les détails souvent cachés de ces personnages muets qui auraient tant de choses à raconter.

Nos Pleurants se font photographier, admirer tout à loisirs, qu’ils profitent de l’adulation des foules, dans un an la fête sera finie… Retour au pied des maîtres qu’ils ont tant pleuré. Soi-disant. Car on a eu le temps de les regarder de près ces bougres, et de s’y attacher. Bonne leçon pour les grans hommes : les petits qui les pleurent sortent grandis de l’épreuve.

De quoi rendre le sourire à Sophie Jugie, partie faire la tournée des capitales avec les petits hommes qui va bientôt, tout comme eux, retrouver le chantier du musée de Beaux-arts, qui est loin d’être terminé (horizon 2020 en étant optimiste).

La réouverture de la salle des tombeaux et l’inauguration de la fin des travaux de la première tranche, à l’automne prochain, devrait déjà donner  envie à des milliers de visiteurs de rendre visite à ces ambassadeurs de la Grande Bourgogne, qui méritent mieux qu’une condamnation éternelle, désormais, au pied de ces ducs au nom célèbre alors qu’ils restent pour tout les pleurants méconnus.

 

Dates utiles :

Bode Museum à Berlin : Jusqu’au 3 février 2013

Musée de Cluny à Paris : « Lamentation pour un prince défunt » du 27 février au 27 mai 2013

Septembre 2013 : retour à Dijon, pour retrouver leur place au cœur du musée des Beaux-arts.

Chaïm Soutine : l’ordre du chaos…

Né en 1893 pendant la période des pogroms dans un village de Lituanie, à Smilovitchi, Chaïm Soutine fils d’un ravaudeur juif, a connu une enfance pour le moins tourmentée. Très tôt il se consacrera à la peinture et s’exilera à Paris où il se liera d’amitié avec Modigliani et d’autres compatriotes. 

Rarement satisfait de ses toiles, il en jetait les damnées et incendiait après les avoir rachetées toutes celles ayant réussi à atterrir à son insu chez des marchands via certains récupérateurs zélés.

 

Battu pour avoir déjà enfant, enfreint la Loi juive par la représentation illicite de figures humaines, témoin aussi de rituels sacrificiels, les occasions qui étaient siennes de pousser des cris d’horreur n’auraient pas manqué. Tous ces cris n’ont pas été poussés. Ils sont venus s’étrangler tout au  "fond de sa gorge", pour s’échouer au cœur de ses peintures, histoire de les "restituer".

 

On raconte qu’il aimait à peindre sous la houle et la nature semble sous son pinceau saisie d’effroi, avec tous ces arbres, le gros bleu, le courbé, et bien d’autres, à ne presque plus tenir sur leurs racines, à vouloir se déraciner pour s’échapper loin de ces cieux tourmentés bleu pétrole qui les enserrent. 

 

Comme la nature même morte qu‘il parvient à animer, les maisons aux toits souvent pointus sous l’emprise de la musique du vent semblent presque valser. En plus des couleurs parfois scintillantes, il y’a du rouge Soutine à n’en plus finir. 

 

Rouge, rose, carmin ou pourpre, il est omniprésent dans tout ce sang qui imprègne ces cadavres que quelques grosses tomates viennent parfois raviver. Afin de les peindre, l’artiste commandait ces bêtes aux abattoirs et une fois suspendues dans son atelier à Montparnasse, il prenait son temps et ne répugnait pas une fois ternies à les arroser d’un sang frais : bœuf écorché, poulet, lièvre pendu,  lapin, bœuf et tête de veau. Et d’exhumer dans toute sa terreur ce cri d‘antan si longtemps enfoui. 

 

Et que dire de tout ce qu’a pu provoquer en lui la misère humaine, étalée sur toute cette palette de portraits ! Décidément, rien n’est figé, même pas les visages. Avec yeux, nez, oreilles, proéminents, le visage est souvent déformé, dissymétrique, souvent comme en proie à une profonde tristesse. " La petite fille à la poupée"  n’est qu’une enfant au visage prématurément vieilli, un peu comme celui de "l’enfant au jouet" . Et de la déchéance, de la vieillesse avec un regard qui regorge d‘effroi. 

 

Des uniformes amples de divers corps de métier viennent recouvrir les corps rendant plus ostentatoires les mains toujours présentes. Des portraits émouvants où dit-on, « la mesure et la démence luttent et s’équilibrent ». Mort en 1943 d‘un ulcère de l‘estomac mal soigné, Soutine est enterré à Montparnasse. 

 

L‘ordre du chaos est le nom de l‘exposition étrange qui a lieu au Musée de l‘Orangerie jusqu‘au 21 janvier. 

Musée des Coeurs Brisés : « Objets inanimés avez-vous une âme »?

Il fallait y penser à cette idée originale de l’exposition du Musée des Cœurs Brisés, venue tout droit de Zagreb, à l’initiative d’Olinka Vistica et Drazen Grubisic. En effet, nombreux sont celles et ceux qui dans le cadre du festival de la Croatie en France, ont répondu présents à l’appel de collecte anonyme lancé par le Centquatre à Paris, ce qui a permis la concrétisation de cette exposition qui, au-delà de la valeur artistique porte en elle une ambition  thérapeutique, avec comme objectif d’aider les donateurs à "surmonter l‘effondrement émotionnel par un acte créatif". 

De simples objets divers et variés, vestiges d’une foultitude d’histoires d’amour déchu exposés dans un sous-sol sous une lumière diaphane, dans un décor minimaliste, semblent opérer à eux seuls une attraction magique sur les visiteurs de passage dans ce lieu insolite par pur hasard, par curiosité ou par intérêt. 

Devant des souvenirs venus de tous les horizons se déclinant sous toutes les formes, toutes les couleurs, il en est de bien plus amochés que d‘autres, de plus touchants, de plus étranges : une plaque d‘immatriculation, un récipient à larmes, un chapelet, une alliance en argent, un sous vêtement, de vieux volumes de Proust, un bibelot, un téléphone, une peluche, une robe, une paire de chaussures…Parfois une simple boite d’allumettes, un briquet, un chargeur, un pin’s, ou même un emballage de caramel. 

La légende qui vient illustrer ces fragments de vie, retrace le parcours intense de ces miettes de vie venues s’échouer au fond d‘un symbole. Au-dessus de nos têtes pendent comme sur une corde à linge, une multitude de feuilles de papiers portant les traces des mots d’amour. 

Quant aux motivations qui poussent ces anonymes à se défaire des ruines de leur histoire révolue, elles sont variables, entre celui qui aspire à tourner une page douloureuse pour faire son deuil, ou peut-être à gommer définitivement une plaie encombrante. 

A côté de ces donateurs il y a ceux qui, pour rien au monde ne pourraient se séparer d’un brin de vie sacralisé qui se confond avec l‘être aimé en personne et s‘en accaparent religieusement, à l‘abri de tous ces yeux. 

Face à cet espace incongru, on vient à se demander, « objets inanimés avez-vous donc une âme Qui s’attache à la nôtre et la force d’aimer ? »  Parce que même ces rescapés d’un amour brisé, qui ont voulu exposer les leurs de vestiges devant tous ces regards curieux chercheraient quelque part à réanimer leurs lambeaux d’histoire pour les empêcher un beau jour, de les voir se dissiper. 

Ce n’est pas l’exposition des tableaux de Dali, c’est un tout autre genre, une sorte de célébration d’histoires intimes. Au guichet on a été informé que suite à une nouvelle collecte, de nouveaux objets devraient prochainement venir enrichir l’exposition qui se tient  jusqu‘au 20janvier. Si le cœur vous en dit, un petit détour ne fait pas de mal…Et si quelqu’un vous a brisé le cœur et que vous possédez chez vous un objet qui vous rappelle cet épisode douloureux de votre vie, vous pouvez vous en débarrasser en en faisant don au Musée des Cœurs Brisés qui expose au Centquatre.