Au cinéma, on est traversé par une multitudes de sensations. Rire, larme, tristesse, mais surtout effroi. Le 7ème art est un excellent agent pour véhiculer la peur. Il n’est pas rare d’avoir la chair de poule, la gorge qui se noue, avoir les dents qui claquent, les mains moites, les poils hérissés, le sang glacé, devant une bonne réalisation. Dans un mois, ce genre de symptômes risquent de se manifester à l’occasion de la sortie de Silent Hill Révélation. Deuxième adaptation en film de la mythique série de jeux vidéo. Cette fois-ci, ce n’est plus Christophe Gans qui est à la manette, il a cédé la place à Michael J.Basset. Il y a de quoi avoir des doutes aux vues de ses dernières réalisations. Mais ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Sur ce coup, il peut avoir eu du génie. La réponse on l’aura bien sûr, ce sera le 28 novembre prochain.


Cela fait des années que les gamers connaissent les recoins de cette charmante contrée éloignée où règne un épais brouillard angoissant et sans limite. S’y égarer est une chose fréquente, la brume qui y réside agit comme un voile pour cacher des réalités pas toujours recommandables. Mais plutôt que de s’éterniser sur le sort de cette ville inconnue des non-initiés, retraçons ensemble les grandes lignes de son histoire teintées de mystères et de drames.


Bien avant que les européens commencent à fouler le sol américain, ces terres, situées dans le Midwest, sont déjà habitées par les indigènes. Ils leur vouent un culte sacré, y organisent des rites religieux et les surnomment « Refuges des âmes muette ». Vient le temps des Grandes Découvertes, les colons font des percées extraordinaires dans les terres, aidés de leurs canons, de leurs chevaux et de leur don pour semer la zizanie chez les différentes ethnies locales. A ce moment, les indigènes sont boutés hors de leurs terres et les colons bâtissent un camp de fortune. Progressivement, ils s’y installent et on note qu’une frange minoritaire se détache du catholicisme. Ils forment une de secte bien éloignée de leur obédience traditionnelle. A l’instar de la chasse aux sorcières menée à Salem, les femmes sensées avoir des pouvoirs maléfiques sont persécutées et pendues, telle Jennifer Carroll. Une figure qui traversera l’histoire du patelin.


Bien mal leur en a pris, c’est du moins ce que l’on peut en penser car une terrible épidémie se répand dans toutes la ville faisant de nombreuses victimes. La population s’enfuit pour ne pas finir le corps infecté par une mystérieuse maladie. En 1812, la maladie s’est estompée, la ville redevient vivable. Elle prend le nom qu’on lui connait, c’est à dire Silent Hill. La prison de détention est le premier immeuble construit, elle se transforme comme purgatoire pour les prisonniers, une antichambre de l’Enfer. Mais la peste refait son apparition et afin de l’affronter, l’hôpital Brookhaven ouvre ses portes. Après une trentaine d’année de service, la prison ferme ses grilles et la ville connait une nouvelle décennie de solitude.

 

Au milieu du XIXème siècle, une mine de charbon est mise à jour, véritable matière première nécessitant une grande main d’oeuvre, la ville connait une nouvelle croissance. Le nombre de ses habitants augmentent et l’activité tourne bien. Durant la guerre de Sécession, comme chaque petite ville américaine ayant ses héros mourant au combat pour défendre les idéaux auxquels ils croient. Silent Hill ne déroge pas à la règle. Elle à son brave, Patrick Chester, dont une statue rend hommage au Rosewater Park.

 

Afin de parquer les prisonnier de guerre nordistes, un nouveau lieu de détention est construit, le Toluca Prison Camp, à proximité du lac Toluca. Ils y sont torturés, puis exécutés arbitrairement, sans aucune forme de procès. Les atrocités des matons transforment l’étendue d’eau en véritable fosse commune. A la fin de la guerre, le camp est réhabilité en prison carcérale. A l’aube du XXème siècle, une vague de disparitions étranges frappe la ville. Des dizaines de personnes s’évaporent dans la nature sans laisser de trace.


Bis repetita, en 1900, la prison est de nouveau fermée afin de mieux développer la deuxième source de revenu de la ville, c’est à dire le tourisme. Attirer des vacanciers alors qu’il y a de dangereux criminels dans les environs, certes sous les barreaux, cela reste néanmoins une entrave. La fierté, dont la ville espère de grandes retombées, est le musée historique de Silent Hill. Un bâtiment culturel mettant en avant son riche patrimoine hérité des indigènes.

 

En novembre 1918, la guerre est terminée et a apportée avec elle son lots de calamités. A peine les plaies commencent elles à se résorber  un bateau touristique, le Little Baroness, coule dans le lac Toluca. Les 14 personnes à bord n’ont jamais été repêchées malgré les maintes expéditions de sondages des fonds.

 

Un tournant se produit en 1939, l’activité industrielle liée au charbon cesse avec les derniers morceaux excavés. Dorénavant, Silent Hill ne mise plus que sur le tourisme. Les anciennes mines sont reconverties en parc d’attraction thématique avec excursions dans les veines où étaient extraits le charbon, tour de petits trains et de nombreux sites proposant une vue magnifique sur le paysage forestier. A la même époque, pour une raison inconnue, un brouillard de plus en plus dense, commence à se déposer sur la commune provoquant des accidents de bateaux à répétition. Les plus superstitieux commencent à croire à une forme de malédiction.

 

Dans les années 1960-1970, une époque réputée pour sa consommation de drogue abusive combinée avec des revendications sociales af firmées, le maire mène une lutte sans merci contre l’usage de stupéfiants. Un combat qu’il n’achèvera pas car il meurt dans de mystérieuses circonstances. Tout comme les personnes ayant joué un grand rôle dans l’essor récent de la ville, toutes périssent sans explication. Le mauvais œil aurait il été vraiment lancé sur Silent Hill ? Ou bien est ce la secte, installée sur dans une église et oeuvrant secrètement, qui en serait la responsable ? La question demeure.

 

Peu de choses ont filtré sur ce groupuscule religieux influent, on sait seulement que les membres vénèrent un dieu terrestre étrange, qu’ils pratiquent des rituels extrêmes, proches de la barbarie. Il est dit qu’il serait mené par une femme, Dahlia Gillespie, qui, pour répondre aux désirs divins de destruction totale, n’aurait pas hésité à brûler sa propre fille Alessa, en guise d’offrande. Une fille dont la réputation de sorcière l’a isolé de ses camarades de classes. Les brimades en série ont fait d’elle une paria. Le rituel tourna au vinaigre et provoqua un incendie qui réduisit en cendre une demie douzaine de maisons.

 

Il ne serait pas étonnant que la secte soit derrière ces assassinats car ces personnages notoires étaient une entrave au trafic de drogue dirigé par le docteur Kaufmann de l’hôpital Alchemilla. Un homme en apparence sans aucun soupçon mais proche de la secte qui’il fournissait. Les deux éléments étaient donc liés. L’emprise de la secte sur la ville était telle qu’elle parvint à ériger une statue de la sorcière, Jennifer Carroll, considérée comme une martyr victime de l’intolérance hermétique des colons chrétiens.

 

Les rumeurs ont couru et ont terni la réputation de la ville, si bien que le tourisme, seul pôle attractif, en a subit les tristes conséquences. Malgré tout, si les fanatiques religieux aux coutumes archaïques ne vous font pas peur, Silent Hill reste une charmante ville côtière, située près d’un lac au charme mélancolique. Un lieu idéal si on souhaite se ressourcer, s’isoler du tumulte de la vie quotidienne, pour trouver des réponses cachées au fond de nous même et ainsi se reconstruire ou bien, au contraire, se détruire.