Le 25 Mars 2012 à 22 h 37 Temps Universel, 19 h 37 Heure locale, un violent séisme de Magnitude du Moment, – Mw -, 7.1 pour le Centre Séismologique Euro-Méditerranéen, – CSEM -, Mw 7.2 requalifié 7.1 pour l’United States Geological Survey, – USGS -, et magnitude 6.4 puis relevée 6.8 sur l’échelle de Richter, ou magnitude locale, – ML -, requalifiée Magnitude Mw 7.0 pour le Servicio Sismológico Université du Chili et l’ONEMI, et d’intensité VIII au foyer sur l’échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik, – aussi appelée échelle MSK -, à frappé la VII°région du Maule, province de Talca, au Chili.

 

 

son épicentre, latitude 35.18° Sud et longitude 72.06° Ouest, se localise à 24 kilomètres au Nord-Est de Constitución, à 32 kilomètres au Nord-Nord-Ouest de Talca, à 55 kilomètres à l’Ouest-Sud-Ouest de Curico, à 99 kilomètres au Nord-Nord-Est de Cauquenes et à 231 kilomètres au Sud-Ouest de Sanriago, capitale du Chili. Son hypocentre a été déterminé à une profondeur de 1 kilomètre pour le CSEM, de 34,8 kilomètres +/- 3,5 kilomètres pour l’USGS et de 40,7 kilomètres pour l’ONEMI.

 

Le séisme du 25 Mars 2012.

 

Un puissant séisme a secoué dimanche soir le centre du Chili, faisant quelques blessés et provoquant, bien que le risque de tsunami ait été officiellement écarté par les autorités, l’évacuation préventive de 24.283 personnes entre las régions de Valparaíso et Biobío dont 14.320 Région de Biobío, 9.360 Région du Maule, 400 Région d’O´Higgins et 203 Région de Valparaíso. Le séisme, de magnitude 7.2 selon l’Institut américain de géophysique, – USGS -, s’est produit au coeur d’une région déjà frappée, le 27 Février 2010, par un tremblement de terre de magnitude 8.8, qui avait été suivi d’un tsunami meurtrier.

 

Ce séisme « ne réunit pas les caractéristiques nécessaires pour générer un tsunami sur les côtes du Chili », a souligné l’Onemi au travers de plusieurs bulletins consécutifs. Pourtant, sa direction régionale dans le Maule, une région de stations balnéaires à 300 kilomètres au Sud de Santiago, « a décidé d’effectuer une évacuation préventive sur la zone littorale de la région, en raison de l’observation d’un retrait de la mer. » Le porte-parole du gouvernement, Andres Chadwick, a, quant à lui, souligné que l’évacuation était de caractère purement préventif et que les « observations visuelles » sur un retrait de la mer n’étaient pas « corroborées par des données techniques » du Service Hydrographique et Océanographique de l’Armée, – Shoa-, ni des organismes internationaux. L’évacuation a finalement été levée à 23 h 46 locales.

 

La longue secousse, de près d’une minute, a précipité des centaines de personnes dans la rue à Talca, ville d’environ 200 000 habitants. Elle a aussi été ressentie dans la capitale Santiago. Le ministre de l’Intérieur, Rodrigo Hinzpeter, a évoqué dans un premier bilan « quelques indices de personnes blessées, malheureusement, par des chutes par des chutes d’objets, de pans de cloisons et de faux plafonds, mais dans l’ensemble les dommages matériels ont été peu importants. » Les autorités ont fait état d’un mort, par infarctus, à Parral. L’Onemi, pour sa part, a mentionné trois blessés : un dans un accident de la circulation, à 300 kilomètres de Santiago, et deux blessés légers par la chute d’un morceau de plafond dans un temple de Maipu, à 30 kilomètres de la capitale.

 

Des coupures d’électricité ont été rapportées dans le secteur de Talca-Constitución, affectant 900 foyers à Cabrero, ainsi que des problèmes de connexion téléphonique, liés en partie au flux d’appels après le séisme. La production des mines de cuivre d’Andina et El Teniente n’a pas été affectée et l’approvisionnement en électricité, interrompu dans certaines régions, a été, selon les autorités gouvernementales, rétabli. En outre, l’Onemi a informé que le mouvement tellurique a affecté les regions de Metropolitana, de Valparaíso, d’O’Higgins, du Maule, de Biobío, d’Araucanía, de Los Ríos et de Los Lagos.

 

Les raisons de la sismicité au Chili.

 

Cet événement sismique s’inscrit dans une longue liste de séismes qui se produisent, depuis des siècles, tout au long de la subduction chilienne . Du Nord de la Patagonie jusqu’au Pérou, cette zone sismique se localise à la frontière de deux plaques tectoniques : la plaque océanique Nazca converge, à une vitesse relative de 7/8 centimètres par an, vers la plaque Amérique du Sud. Le mouvement, légèrement oblique, est entièrement absorbé sur une seule fosse tectonique. Le long de cette faille, la plaque Nazca plonge sous la plaque Amérique du Sud et s’enfonce dans le manteau terrestre.

 

La côte occidentale sud-américaine est bordée par la marge orientale de la plaque tectonique Nazca et se caractérise, le long d’une ceinture sismique active très étroite, – 100 à 150 kilomètres de large -, entre la chaîne des Andes et la fosse Pérou-Chili, – ou fosse d’Atacama -, la plus longue des fosses, 5.900 kilomètres, atteignant une profondeur de 8.065 mètres, par une sismicité importante.Le long de la côte du Chili, apparaissent des différences dans la sismicité, dans la morphologie de la côte et dans le potentiel à générer de grands tsunamis.

 

Une caractéristique frappante, dans la distribution spatiale des hypocentres le long de l’Amérique du Sud, concerne les lacunes sismiques à des profondeurs comprises entre 320 et 525 kilomètres. Les séismes très profonds, – plus de 525 kilomètres de profondeur -, définissent deux bandes étroites actives mais le nombre d’événements, de faible magnitude, inférieure à 5,0, est très faible.

 

Les séismes de profondeur intermédiaire, avec un pic d’activité entre les profondeurs 100 et 130 kilomètres, se concentrent, majoritairement, entre les latitudes 17° et 24º Sud, à proximité de la courbure de la côte entre le Pérou et le Chili. C’est aussi la région où les grands séismes superficiels, hypocentres de moins de 40 kilomètres de profondeur, se sont produits au cours des 120 dernières années. Et, étant à signaler, il apparaît une lacune dans l’activité sismique intermédiaire entre les latitudes, 25.5° et 27° Sud, une région qui a connu plusieurs grands séismes.

 

Sismicité historique au Chili et dans la VII° Région du Maule.

 

La côte centrale Chilienne peut se subdiviser en trois régions : la région autour de Valparaíso, – 30º à 34º Sud -, est marquée par l’intersection de la Cordillera sous marine de Juan Fernández avec la fosse tectonique Pérou-Chili y par l’apparition brusque d’un volcanisme Quaternaire qui se prolonge au Sud. Cinq tremblements de terre, dont quatre de magnitude égale ou supérieure à 8.5, générateurs de tsunamis, se sont produits dans cette zone, – le 19 Novembre 1811, le 19 Novembre 1822, le 16 Octobre 1868, le 17Août 1906 et le 3 Mars de 1985. Les séismes de 1822 et de 1906 ont eu des épicentres proches – ; la région Sud de Valparaiso, – 34° à 36° Sud -, connait une lacune sismique, – absence de grands tremblements de terre -, ces dernières années. Quatre séismes, de magnitude inférieure à 7.5 sur l’échelle de Richter, ont eu lieu dans ce domaine en 1871, en 1923, en 1928 et en 1975, mais aucun d’entre eux n’a produit de tsunami ; la région de Concepción, – 36º à 37º Sud -, présente deux événements, en 1835 et en 1939 de magnitude supérieure à 8.0, le premier ayant généré un tsunami destructeur. Six aléas sismiques, d’une magnitude inférieure à 8.0, ont affecté cette zone en 1751, en 1868,en 1869, en 1878, en 1953 et en 1961.

 

Le 27 février 2010, un séisme suivi d’un tsunami avaient frappé la même région Centre-Sud, faisant plus de 520 morts. Le tsunami avait ravagé un chapelet de stations balnéaires à 400 kilomètres de Santiago. Le tsunami avait ravagé un chapelet de stations balnéaires à 400 kilomètres de Santiago. Le Chili est situé sur la « ceinture de feu du Pacifique » concentrant environ 85 % de l’activité sismique terrestre. C’est au Chili qu’a été enregistré, en 1960 à Valdivia, le séisme, de magnitude 9.5, le plus fort jamais mesurée. Ce séisme avait fait quelque 5.700 morts.