Je ne me souviens pas trop d’avoir jamais été follement épris d’une chanteuse ou d’une actrice. Un peu, oui. Quand même pas au point de lui faire une déclaration publique d’admiration fascinée. Mais là, c’est plus fort que moi : je suis tout tourneboulé par Amélie Etasse, la « fille » (dite La Blonde) des publicités pour les produits Marque repère du distributeur Leclerc. Et il semble fort que je sois loin d’être le seul (ou la seule), ce qui reste une litote…

 

Ah, Diane Keaton dans Annie Hall, et le fameux “La-di-da… oh… la-di-da”. J’admets, moi qui ne suis guère jaloux, j’ai bien dû éprouver un soupçon d’envie à l’endroit de Woody Allen… Et puis Bulle Ogier, en particulier dans La Salamandre, d’Alain Tanner… mais pas au point de voir tous ses films… Zabou Breitman, bien sûr, et très certainement Annie Duperey, mais idem… Pas vraiment les plus divas, les plus « culte » des grandes actrices contemporaines… et il ne me viendrait pas plus à présent qu’hier de leur adresser un « je vous aime » (pour votre talent, votre présence, et ce que je crois deviner de vous).
En fait, je n’oublie pas Carole Bouquet, qui respire tant l’intelligence, le sens de l’à-propos et l’indépendance d’esprit…

Mais, mille pardons à celles que je ne peux toutes mentionner ou que j’ai oubliées, là, je suis tombé raide dingue d’Amélie Etasse ! Si ! Je n’en connais pourtant rien d’autre que des spots publicitaires décalés…

Mais c’est au point que, depuis être passé devant le téléviseur pour rejoindre mon bureau, et m’être arrêté une, deux, trois fois pour dévorer Amélie Etasse des yeux, moi qui ne regarde vraiment jamais la télé, je demande à ce qu’on me hèle lorsqu’elle passe au petit écran ! Pire : depuis que j’ai découvert ces fameux spots en ligne, je suis capable de me les repasser en boucle ! Je pourrais m’inquiéter d’être devenu sénile ou débile, eh bien, même pas !

Géniale, pas moins…

Je ne sais si c’est la mise en scène des diverses « Miss Météo » de Canal+ – il fut un temps, jadis, où je regardais très occasionnellement la télévision – qui a inspiré la réalisation des publicités Leclerc pour sa marque générique, mais en tout cas, excellentes idées. Et quelle interprétation ! Total bluffé…

Le personnage d’Amélie Etasse, c’est celui de la bonne copine rigolote, qui ne se prend pas le chou, vous arracherait un sourire au plus déprimé. Et puis, c’est franchement du subtile second degré, et là, j’adore. La trop peu célèbre affiche pour les rasoirs jetables Bic (taux de notoriété faible à l’époque, sauf dans la presse professionnelle), avec l’accroche « Bic rase plus blanc » (un slogan à la Unilever) m’avait marqué. Là, dans ces clips, on retrouve la même distanciation : voir Amélie (allez, j’ose vous appeler Amélie) singer des publicités des années 1950 avec de jolies « cruches » extasiées par un produit, mais en l’espèce aussi banal qu’un dentifrice, un jus de fruit, une bouteille lait, avec l’habitude, cela devient fascinant.

Bon, pour le produit lui-même, pas sûr que cela fonctionne au point de faire grimper les ventes à des sommets mirifiques, car les spots donnent plus envie d’inviter Amélie dans une guinguette ou de lui proposer une balade à vélo tandem ou, mieux, en planeur.

Mais pour la notoriété de l’ensemble de la gamme ou de l’enseigne, je ne doute pas de l’efficacité.
Excellente comédienne !
Elle donne envie de la fréquenter en ménagère d’au-delà de… très longtemps.

Mais c’est d’abord une actrice complète de théâtre ou de comédies musicales. J’adorerais la retrouver dans un rôle de Marivaux, de Molière, mais je suis sûr que son registre doit tout lui permettre du drame et de la tragédie.
Je l’imagine aussi en Hélène de Giraudoux… ben, en fait, dans tous les rôles, toutes les situations, quand on adore, hein !
Cela viendra sûrement.

Mon petit doigt me dit…

Sa notoriété reste encore à conforter. Mais mon petit doigt que si des ouaibemasters ont pris la peine de créer des entrées « amelie etasse nue », c’est qu’ils ont flairé son potentiel. Ne cherchez pas, visitez plutôt son site (amelieetasse.fr). Elle y tient aussi boutique, avec des photos d’elle fantasques, tendance kitsch (photomontages facétieux d’Arnaud Étasse).

Je ne sais donc rien d’elle, hormis sa taille (1,68 m en tongs), et qu’elle a plutôt d’adorables grandes oreilles, et comme c’est très difficile de trouver autre chose que des détails professionnels, je me retiens de lui téléphoner (eh, si je mets le doigt au clavier, je risque de ne pouvoir m’empêcher d’en abuser). Mais qu’importe… Telle que je l’imagine, elle n’a pas dû interpréter du Boby Lapointe sur scène uniquement pour le cachet. Cela m’importe bien davantage que de savoir si elle a ou non un piercing, les ongles des pieds vernis, ou si elle est plutôt Grand Bon Marché que Tati, Ed ou Aldi, mer ou montagne.

Je ne sais si elle vous fait cet effet aussi, mais elle donne envie de fredonner du Nougaro (« à te voir ainsi, je retrouve mon âme enfantine (…) c’est comme si t’étais ma mère en même temps que ma gamine… »). Un peu peste, voire adepte des réparties « langue de pute », mais pas vraiment rosse. Comme on l’imagine, à la Véronique Sanson, elle doit « sourire d’un rien ».

Bref (enfin, je m’y efforce), pour un peu, je me sentirais une âme d’animateur de fan-club. Trop flemmard pour collecter des infos (Amélie « La Blonde » s’est vue décerner un Top Com – pourquoi seulement de bronze ? – et elle est dans le Top 10 des pubs préférées en France en 2011, ok, bof, on s’en doutait…). Commenter sans fin son rôle de silhouette dans la pub Mac/Val, ou donner la marque de son scooter (enfin, j’ai l’impression qu’elle en conduit vraiment un), bof


En revanche, et son interprétation y est pour quelque chose, ses pubs pour comestibles et produits ménagers renvoient une image de la femme à son foyer ou dans la ville qui n’est pas déplaisante, ni accrocheuse, ni vulgaire, plutôt rafraîchissante, actuelle. Certes, cela s’adresse « aux familles ». Mais cela nous change agréablement des rôles de super-nana, super-môman, &c. Mais est-ce bien essentiel de s’étendre ? De blablater sociétal ?

Ce qui n’est pas accessoire, c’est qu’on espère qu’elle ne restera pas trop marquée – et même scotchée – par ces publicités. Être confinée dans un rôle, telle une Michèle Mercier (Angélique, marquise des Anges), n’est jamais très propice. Mais Amelie Etasse a maintes cordes à son arc… Donc, pas trop de craintes (même si c’est tellement bon de se créer des affres quand on est crapaud mort d’amûûûr).

En tout cas, reçois (après le prénom, le tutoiement… eh, quand on inspire cette proximité…), Amélie ce compliment : si la sinistrose guette, un coup de ton vaporisateur d’optimiste et hop, elle s’enfuit. Même plus besoin d’éponger ou d’essuyer ! Et pour cela : merci. 

Dernier mot : voyez, sous l’illustration ci-dessous, et en commentaires, d’autres infos reçues depuis d’Amélie…

Post-Scriptum – Ce petit papier est paru initialement avec la graphie « Étasse » et non « Etasse ». J’ai corrigé depuis… mais trop cossard pour rectifier les légendes des photos.

Amélie espère jouer dans une pièce ambitieuse d’ici peu mais pour le moment, elle reprend une tournée avec la Comédie Framboise (pour une comédie musicale évoquant chansons et personnages de Bourvil et de Fernandel) et elle participe aux improvisations de la troupe Les Colocataires. Elle écrit aussi, sous pseudonyme (fastoche à dénicher) sur le blogue-notes Paris Mieux Mieux. Les liens et détails se trouvent en commentaires, ci-dessous…