C’est parce qu’il est devenu la risée du village, qu’un habitant d’un hameau du Maine-et-Loire s’est rendu compte qu’il avait été pris en photo en train d’uriner dans son jardin par Google. Il est allé voir sur l’application Street View et il s’est reconnu sur une photo, bien qu’elle soit très légèrement « floutée ».

 

Comme cela commence a être connu, rappelons que depuis 2007 « Street View » est un service de Google qui complète Google Maps et Google Earth. Grâce à lui, il est possible de naviguer dans les rues et les villages. La société utilise les prises de vues captées à partir d’une voiture la « google car » qui circule dans les rues avec ses caméras, perchées au bout d’une petite colonne sur la voiture et que vous avez sans doute déjà croisée sur la route.

 

Evidemment, l’habitant de Maine-et-Loire n’a pas du tout apprécié de se voir ainsi photographié… Il a donc porté plainte contre le géant d’internet. Il a décidé de saisir le juge des référés du tribunal de grande instance d’Angers (Maine-et-Loire).  Son avocat, a donc plaidé « une atteinte à la vie privée et au droit à l’image de son client ».

 

Il demande le retrait immédiat de la photo et un dépôt par Google de 10 000 euros de provision. L’avocat précise aussi « Mon client ne fait pas cela pour l’argent, il veut simplement qu’on respecte son intimité ». L’avocat a ajouté « Mon client habite dans un tout petit patelin, où tout le monde l’a reconnu ». Il a ajouté aussi « qu’il avait été surpris "chez lui, portail fermé".

 

L’avocat qui défend Google a argumenté que l’action intentée par l’habitant de Maine-et-Loire «est invraisemblable ». Il défend la société du célèbre moteur de recherche en précisant que "Google a mis en place un mécanisme très simple qui permet en quelques clics de flouter intégralement une silhouette si une personne le juge nécessaire". A noter qu’ici, c’était peut-être un peu tard pour « floutter » l’image quand beaucoup de monde avait déjà reconnu l’homme dans son jardin…

 

L’avocat de l’homme surpris souligne le problème démocratique que pose cette pratique « car chacun a le droit de vivre dans un certain secret ». Il reconnaît « que dans ce cas précis ce n’est pas grave, c’est plutôt rigolo ». Mais il ajoute que « s’il avait été surpris en train d’embrasser une autre femme que la sienne, le problème aurait été le même ».

 

Ce n’est pas la première fois que les prises de vues dans les villes par Google-car posent problème. Il y a déjà eu quelques clichés étonnants comme un homme nu dans le coffre de sa voiture ou un homme à la tête de cheval ou des femmes en maillot de bain.

 

Il semblerait que jusque là, Google Street n’avait pas eu affaire à la justice française. Mais, comme ce service est édité depuis els Etats-Unis, il ne reconnaît pas le bien fondé de la saisie en urgence du juge des référés en France et demande la nullité de cette assignation. La juridiction française se prononcera le 15 mars prochain.

 

Le journal La Charente Libre rappelle « qu’en mars 2011, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) avait infligé une amende de 100.000 euros à Google pour avoir collecté des données privées à travers son programme controversé Street View ».

 

Depuis que Google nous filme, on ne peut pas faire ce qu’on veut dans son jardin, diront certains !

 (Sources : la Dépêche, La Charente Libre, France Inter)