La saison NBA est longue, trop certainement. La coupure du all-star week-end fait toujours le plus grand bien. Les petits restent à la maison, en famille, prennent du bon temps. Les « grands » renfilent les sneakers pour un petit match entre étoiles. Depuis deux, Tony Parker assure une présence hexagonale au sein de l’élite du basket mondial. Mais cette année, les signaux semblent pour le moins défavorables et le meneur des Spurs pourrait rester à la maison avec Eva au lieu de s’envoler pour la Nouvelle-Orléans. Pourquoi ?

La question vaut tout de même son pesant de donuts. Pour quelles raisons notre « TP » national, all-star depuis deux ans, se retrouve-t-il cette saison sur la sellette ?

En effet, sans chauvinisme, Parker (20,1pts, 6,5pds, 3,1rbds) est aujourd’hui considéré, à juste titre, comme un joueur de premier rang par tous. Et Gregg Popovich, le coach texan, ne lâcherait son meneur pour rien au monde. Tout de même ! On parle ici du MVP des finals NBA en titre. Parker a tout simplement plané sur la finale (les Spurs l’emportant 4-0 sur les Cavs) en étant le meilleur marqueur de son équipe. Avec ce titre, l’ancien parisien en est déjà à trois bagues de champion… Une montagne. Surtout quand on sait que certains all stars assurés- Kidd, Garnett, Iverson, Nash pour ne citer qu’eux- courent encore après leur premier sacre. Tony Parker possède donc le palmarès pour prétendre au statut d’étoile NBA.  De plus, cette saison encore, le numéro 9 de San Antonio a réussi l’exploit d’augmenter à nouveau son impact sur le jeu de sa formation ainsi que ses statistiques. Tout simplement prodigieux puisque chaque saison Parker semble se doter d’une nouvelle arme. Maintenant qu’il compte parmi les shooteurs mi-distance fiables de la NBA, « TP » se devait d’augmenter son ration passes décisives. Sans sourciller, le leader des bleus a réglé ce détail, jouant un basket encore plus juste. Impressionnant surtout lorsque, dans le même temps, Tony assure la meilleure moyenne de points de son team (devant Tim Duncan). Mais la mobylette texane a l’habitude d’attendre la dernière minute pour savoir s’il aura le droit ou non de participer au all-star week-end. Depuis deux ans, Parker est plébiscité par les coachs, qui sélectionnent les remplaçants. Ainsi, les techniciens apprécient son jeu, louent sa vitesse et n’hésitent pas à mettre le  frenchy aux côtés des meilleurs. Avec tout ça- MVP des finales, meilleur marqueur du champion et l’affection des coachs- pourquoi donc Parker ne serait-il pas invité à la Nouvelle-Orléans cette année ?

 

Trop de meneurs au top 

 

Déjà, les Spurs, après un départ canon, semblent ralentir dangereusement. Les stats de Parker s’en ressentent. Cette baisse de régime, à la fois collective et individuelle, n’intervient pas vraiment au meilleur moment pour l’horripilant rappeur français puisque les coachs ne vont pas tarder à prendre leur décision. Mais surtout, la difficulté majeure pour obtenir un ticket pour le all-star game se trouve, cette saison, tout simplement dans le concurrence. Impossible de nier l’évidence ! La conférence Ouest n’a jamais été aussi relevé et les arrières talentueux si en forme. Quelque soit le verdict final, Parker n’aura rien à se reprocher mais il faut avouer qu’il semble un ton en dessous- au niveau du potentiel individuel en tout cas- par rapport à ses principaux rivaux. Déjà le cinq de départ- dévoilé ce jeudi – devrait amener Iverson (ou Nash) et Kobe sur le parquet. Tony Parker doit ensuite espérer une place parmi les arrières remplaçants. Normalement, pas plus de quatre. Si on ôte la place de Nash qui ne peut souffrir d’aucune contestation, il n’en reste alors que trois. Trois places dont au moins une de deuxième arrière (T-mac sans doute) donc, au maximum, deux.

 

Verdict, jeudi 

 

Et là, la concurrence est féroce. Les coachs devront ainsi choisir un ou deux meneurs entre Brandon Roy, affolant de facilité, de vista et de brio avec sa jeune équipe de Portland, Chris Paul, peut-être le joueur le plus dynamique de la ligue, une vista exceptionnelle dans une équipe tout autant surprenante, Baron Davis, le roi des derniers playoffs continue sur sa lancée extraordinaire, jouant les tireurs d’élite avec sa formation de chiens fous de Golden State et donc Tony Parker. Vous l’aurez compris, les techniciens NBA, si pointilleux, vont avoir droit à quelques maux de crâne. Les trois concurrents du français jouent, en effet, le meilleur basket de leurs carrières respectives. Brandon Roy (19,4pts, 5,7pds, 4,5rbds) et Chris Paul (21,2pts, 10,5pds, 3,8rbds, 2,7int) ont tout l’avenir devant eux mais sont déjà les leaders incontestés de leurs formations. Surtout leurs franchises, respectivement Portland et New-Orleans, déjouent totalement les pronostics, s’invitant comme candidats très sérieux et redoutés pour les playoffs. Le meneur des Hornets a été élu meilleur joueur du mois dernier et serai des plus heureux de pouvoir participer à son premier all-star game devant son public. Baron Davis (22,4pts, 8,1pds, 4,8rbds, 2,5int), plus ancien, semble enfin avoir trouvé la plénitude sur les parquets NBA. Enfin, il est débarrassé de ses problèmes physiques récurrents qui ont bien failli lui coûter sa carrière. Et maintenant, c’est le « Baron Show » tous les soirs sur la baie d’Oakland. Le meneur des warriors est tout simplement inarrêtable, rentre tout ce qu’il tente, fait jouer son équipe à merveille et sait hausser son niveau dans le money-time. Il est énorme et devrait certainement récolter quelques votes pour le titre de MVP à la fin de la saison régulière. Vous l’aurez compris, les trois principaux concurrents de Tony Parker méritent également de participer au match all-star. Le dilemme est sans doute de taille pour les coachs. Avec des stats individuelles plus fournies et des équipes qui tournent au super, Roy, Paul et Davis semblent bien avoir une longueur d’avance sur le français. Dommage…

  antoine