Ce vendredi 30 mars 2007, Jean-Marie Le Pen a rencontré la presse internationale au siège de son parti. Le quatrième homme revendique une place plus élevée, se disant bien au dessus du score que les sondages lui prêtent. Et de fait il a développé un programme très détaillé devant la presse, comparant son programme avec ce qui se fait dans les autres pays.



La Grande-Bretagne aurait supprimé le regroupement familial, la Suisse attribuerait les allocations sociales en fonction de la préférence nationale et aux Pays-Bas, les immigrés seraient tenus de passer un test de langue. Jusqu'aux Etats-Unis qui sont cités en exemple pour leur politique commerciale et les fortes taxes qui y sont appliquées en matière d'importation, afin de développer son programme dans lequel figurent ses propositions, dans 70 pages soumises au scrutin des prochaines élections!

Et l'on peut se dire que le candidat conservent toutes ses chances, car la campagne a comme un goût de déjà vu.

Ségolène Royal s'est un peu écartée des "éléphants", un peu à la manière de Jospin dont le programme "n'était pas socialiste", et si les "petits" candidats sont relativement nombreux, les sondages ne leur prêtent que peu d'intentions de vote. Le "vote utile" est devenu complètement aléatoire avec l'apparition de François Bayrou, et Nicolas Sarkozy voit son bilan remis en question après l'émeute du 27 mars à la gare du nord. Nous savons tous que les sondages sous-estiment Jean-Marie Le Pen, après en avoir fait l'expérience en 2002. Mais les sondages sont pourtant relativement réalistes: rarement une élection aura été aussi indécise, les électeurs n'étant pas sûrs de conserver leurs votes au dernier moment.

Pour tous ceux qui suivent la campagne attentivement, il est indéniable que le candidat du FN fait une campagne posée, prudente, et bien développée. Ses discours sont frappants, ces positions plus réalistes, concernant l'avortement par exemple, mais aussi concernant l'euro, et par cette conférence, il se positionne comme un candidat réaliste et prêt à affronter un deuxième tour, plus que probable d'après lui. Ne déclare-t-il pas: "Je me trouve au-dessus de la barre des 20% qui sera, à mon avis, la barre qualificative".