Soutien inconditionnel de François Hollande à l’offensive israélienne sur Gaza !

Le scénario est toujours le même. Des exactions venues de nulle part sont commises contre des innocents, s’ensuivent des représailles, des contre-représailles et la machine infernale s’emballe sans que plus rien ne puisse l’arrêter. Un lancer débile de roquettes vers Israël contre une opération de grande envergure,la "Haie de protection"… Pour les uns, c’est plus de peur que de mal ; pour les autres c’est beaucoup, beaucoup de mal et de peur à la fois. 

Maintenant que les victoires strictement "diplomatiques" , Accords d’Oslo, Feuille de route, Annapolis, toute la ribambelle de résolutions des Nations Unies, etc, ne sont plus que lointains souvenirs, l’épineux dossier israélo-palestinien n’a pu que s’enliser ; les colonisations illégales elles, sont allées crescendo : pourrissement de la situation et radicalisations faisant bon ménage, l’explosion en cours n’a rien de surprenant ; elle était inéluctable. 

Face à ce déchaînement indescriptible de violence où le rapport de forces est pour le moins inégal, la rhétorique de certains dirigeants n’a pas pris une ride : les sauvages lanceurs de roquettes et les innocentes victimes contraintes et forcées de frapper fort pour leur propre survie, perdus qu’ils sont dans un environnement inhospitalier. Mais quelle mouche a donc piqué le Hamas pour s’engouffrer dans cette brèche et tomber pour la énième fois dans le même piège suicidaire ?

François Hollande, sans le moindre égard pour les victimes, s’est empressé d’exprimer son soutien inconditionnel à Bibi, "condamnant fermement les agressions contre Israël" ;" il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces". Pas un soupçon de dépit ou de modération par rapport au type de recours malgré la gigantesque disproportion entre le poids des adversaires. 

Cautionner sans réserve une réaction de cette ampleur," une punition collective"mêlant raids aériens, attaques terrestres,  pour contrer les déplorables démonstrations de force des illuminés du Hamas, laissent pantois ! Tous contre un ! Un président qui au gré de ses penchants, badine ou pas  avec le droit international : pour ne citer que cet exemple, c’est de justesse que la Syrie a échappé à une intervention étrangère que le socialiste avait appelée de tous ses voeux ; désormais le voilà qui change son fusil d’épaule, se montrant moins regardant par rapport aux violations du droit international comme le lui a rappelé Europe Ecologie-Les Verts. 

C’est que pour bénéficier de cette bienveillance "Hollandienne", il faudrait sans doute veiller à ne surtout pas tuer au gaz sarin ! Surtout qu’Israël fait preuve d’humanité dans sa guerre en prévenant par téléphone ses cibles, 5 minutes chrono avant de les bombarder, par mesure de sécurité ! Sauve qui peut, l’horreur absolue ! 

Etant donné qu’il n’est pas question de cessez le feu avec les terroristes selon  Bibi, apparemment dopé au lion, l’escalade aurait encore de beaux jours devant elle. Quant à l’opération terrestre qui donne du grain à moudre aux spécialistes, elle aurait peu de chance d’aboutir, selon leurs prévisions. Ces derniers s’accordent à dire qu’il est plutôt question d’intox que d’info, même si plus de 40000 réservistes se tiennent au garde à vous. Il faut dire que si dans leur majorité, les populations israéliennes approuvent la fameuse "haie de protection"qui tue de manière indiscriminée enfants, femmes et hommes, elles sont toutefois nettement moins favorables au principe des dommages collatéraux, lui préférant largement celui des dommages unilatéraux. Rien n’est toutefois à exclure…

Le nez de Cléopâtre, dit-on, s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé. Pas vraiment… Par contre, si conformément au voeu initial de Théodore Herzl, le lieu de prédilection du foyer juif eût été en Patagonie ou en Ouganda, dans ce cas plutôt, toute la face de la terre aurait changé et en tête, le Proche-Orient ; sans doute aurait-il connu un peu moins de convulsions. 

L’Histoire en a voulu autrement. Désormais, il est grand temps d’en finir avec la posture de la victimisation pour justifier le pire et enfin apprendre à cohabiter, bon gré mal gré. La Résistance palestinienne étant ce qu’elle est, les frontières sûres ne pourront être garanties sans Etat viable de Palestine. Le reste ne serait que reculer pour mieux sauter. Et bâtir indéfiniment des châteaux en Espagne, ce qui relève d’une forme de pathologie sévère, est devenue invivable pour Tous… 

Israël, Palestine : fin des négociations de paix ?

 Il s’est avéré qu’à chaque reprise des pourparlers de paix, les déconvenues faisaient couler bien plus d’encre que les avancées ; ceux en cours ne font pas l’exception. Après la riposte palestinienne qui a fait suite à la volte face d’Israël par rapport à la libération du dernier contingent de prisonniers, le ping pong s’est poursuivi. 

L’annonce de la réconciliation entre l’Autorité palestinienne et le Hamas a indigné l’Etat hébreu au plus haut point. En conséquence, le gouvernement de Netanyahu s’est emparé illico de ce prétexte pour renforcer son arsenal punitif à l’encontre de l’Autorité palestinienne, avant de mettre fin aux négociations. "Un pacte qui tue la paix" s’est justifié Netanyahu dépité devant l’arrogance de l’Autorité palestinienne qui ose les bouchées doubles : à la fois "la paix avec Israël et un pacte avec le Hamas" ! Même son de cloche outre Atlantique où l’on s’emploie assidûment, ces derniers temps, à brandir tous azimuts les menaces de sanctions qui font mal ! 

Critiqués de tous temps pour leurs divisions internes, pour autant la moindre tentative de réconciliation entre les deux branches, Fatah et Hamas ne semble pas réjouir grand monde, en particulier les auteurs desdites négociations de paix ! Dans le cadre de cette réconciliation, la réunion de la direction de l’OLP sous l’égide de Mahmoud Abbas s’est pourtant déroulée sous le signe de l’ouverture :  l’accent a été mis sur la nécessité pour le Hamas de rompre avec le radicalisme de son mode de fonctionnement ; l’attachement à la reconnaissance d’Israël et au respect des engagements internationaux. A l’avenir, seul l’OLP représentative des Palestiniens sera habilitée à participer aux négociations de paix…

Toute une série de signaux positifs  attestant pour le moins de la volonté flagrante des responsables palestiniens des deux bords d’en découdre avec ce conflit n’ont pas réussi à infléchir la posture inquisitrice de Bibi. En cette journée de commémoration de la Shoah, Mahmoud Abbas s’est exprimé avec ferveur sur cet abominable crime contre l’humanité ; l’occasion de lancer un appel au gouvernement israélien afin d’oeuvrer en faveur d’une "paix juste" : "deux Etats cohabitant côte à côte dans la paix et la sécurité". 

Les Palestiniens n’en sont pas à leur première tentative de réconciliation et celle-ci a malheureusement de fortes chances de connaître le destin de celles qui l’ont précédée. La logique veut que les choses se fassent par étapes. La réconciliation entre ces frères ennemis, prélude à toute paix durable avec Israël continue bizarrement d’être boycottée au motif que les anciennes méthodes hamassiennes comme tant d’autres d’ailleurs n’étaient pas catholiques. Entre fatwas et canonisations, il y a aussi du monde en perpétuelle évolution, ici-bas. 

Il est grand temps "d’apprendre à vivre ensemble, pas nécessairement comme des frères sinon on va tous mourir comme des idiots". 

Pourparlers de paix israélo-palestiniens

A l’issue d’un accord signé en juillet dernier, les pourparlers israélo-palestiniens, après un gel de trois ans, avaient enfin pu reprendre, sous l’égide de John Kerry, pour une durée de neuf mois, à priori extensible… Les négociations ont commencé à faire parler d’elles et de leur sempiternel avortement  à l’approche du 29 avril, date de leur expiration et pour cause : poursuite de colonisation et non respect de certains engagements ne font pas bon ménage avec recherches de solutions. 

Maintenant que la Palestine depuis novembre 2012 jouit de nouveaux droits inhérents à son statut d’état observateur à l’Onu, Mahmoud Abbas a essayé d’en tirer profit pour faire entendre sa voix : devant la volte face d’Israël par rapport à la libération du dernier contingent de prisonniers conformément à l’accord convenu, le président de l’Autorité palestinienne a signé des demandes d’adhésion à 15 conventions et traités internationaux. 

Israël s’en est indigné et s’est affiché, tambour battant, dans la posture du retenez-moi ou bien je fais un malheur ! A l’ouverture du conseil des ministres de ce dimanche, Benjamin Netanyahu a promis de remettre les Palestiniens à la place qu’Israël leur a assignée ; des ordres ont été donnés pour prendre tous azimuts des mesures punitives dans leurs territoires.

Derrière ce blocage se cacherait la volonté d’ Israël de mettre la pression sur Washington afin de troquer la libération du contingent de Palestiniens contre celle de Jonathan Pollard : analyste de la marine américaine, ce dernier est incarcéré à perpétuité depuis 1987 pour avoir été reconnu coupable d’espionnage au service d’Israël. 

Furieuse face à ce gâchis préjudiciable pour tous, Tzipi Livni, négociatrice en chef israélienne des pourparlers a fait endosser une part de la responsabilité des déconvenues de ces négociations à Washington qui, par son emprise hypertrophiée sur les protagonistes, finirait par nuire au dossier. Elle s’en est prise à Mahmoud Abbas et surtout au ministre du Logement et de la Construction Uri Ariel, et son choix du timing  pour lancer un appel d’offres pour de nouvelles implantations à Jérusalem est.

Une réunion tripartite entre l’émissaire américain Martin Indyk et les négociateurs s’est tenue aujourd’hui afin de sauver les meubles ou le peu qu’il en reste…

http://www.lorientlejour.com/article/861981/israel-menace-les-palestiniens-de-represailles-.html

Hollande l’ami d’Israël ou la diplomatie du donnant donnant ?

En visite d’État, François Hollande fait du grand jeu.

 

 

Document Élysée.fr.

 

Support Wikipedia On ne savait pas que notre président était à ce point ami d’Israël. On ne connaissait pas non plus son intransigeance sur le dossier nucléaire iranien. Mais on savait son attachement à la création de deux États palestinien et israélien, ayant déjà reçu Mahmoud Abbas et Benyamin Nétanyahou à l’Élysée. Cette visite d’État de trois jours dans cette terre de Palestine nous fit découvrir un François Hollande magnant toutes les subtilités diplomatiques pour être à la fois israélien et palestinien.

L’accolade, d’un démocrate de gauche avec un idéologue de droite dure, les conflits s’estompent devant les intérêts.

Agissant dès son arrivée sur la terre d’Israël en déclarant avec conviction en hébreu,«Tamid esha’er haver shel Israel !», je serais toujours un ami d’Israël, sur le tapis rouge à sa descente d’avion reçu par Shimon Pérès et Benyamin Nétanyahou. Tout comme Nicolas Sarkozy qui le fut en 2008 mais avec Ehoud Olmert, le premier ministre de l’époque.

Il voulu reconnaître l’honneur qui lui était fait, auréolé aux yeux de ces deux dirigeants de son inflexibilité sur le dossier iranien. Cette phrase en hébreu devant cette droite inflexible dont le chef est Benyamin Nétanyahou, me fit penser que finalement François Hollande était plus à droite que je le pensais. Et je me suis dis, ce n’est pas possible, c’est de la diplomatie par ce que pour convaincre, il faut montrer que l’on est un ami qui vous veut du bien, mais aussi dire ce qu’il faudrait faire, sans faire de vagues !

Mais jamais un président n’était allé aussi loin dans un tel soutien. Selon le politologue Frédéric Encel dans son précis de géopolitique, «de quelques idées reçues sur le monde contemporain», François Hollande du temps où il était premier secrétaire du Parti socialiste, a toujours été le chef social-démocrate européen le plus favorable à Israël. Il existe selon Le Point.fr chez le président de la République et les poids lourds du gouvernement une tendance qui a toujours considéré la sécurité d’Israël comme prioritaire.

De cela découle les conditions de ce voyage être en bons termes avec les israéliens qui tiennent le bâton, ce qui n’empêche pas de l’être également ensuite avec les palestiniens qui souffrent. Par ce que finalement, sans me tromper, je crois que le fond est de dire à l’un comme à l’autre entendez-vous, faites des concessions pour arriver à deux États indépendants, mais forcément intimement liés, et cela dans un rapport de force inégal, c’est toute la difficulté. De ce fait, il doit apparaître aussi à droite, sinon plus que le furent ses prédécesseurs, en Israël, mais aussi à gauche dans ce qui reste de la Palestine pour les palestiniens. Pour François Hollande c’est un exercice habituel, ce qui fait dire qu’on ne sait pas politiquement, ou il est.

Jacques Chirac lors de sa visite le 22 octobre 1996 s’offusqua de la pression des services de sécurité israéliens clamant sa colère lors de sa promenade dans les rues de Jérusalem, «What do you want ? Me to go back to my plane, and go back to France ? Is that what you want ?». Les soldats israéliens omniprésents l’empêchèrent d’aller saluer les palestiniens et les journalistes. En 2008, ce fut la visite d’État de trois jours de Nicolas Sarkozy à «son ami intime» d’Israël, qui dès son arrivée fut accueilli aussi sur tapis rouge par Shimon Pérès et Ehoud Olmert, ce qui est tout à fait dans la lignée de son obédience israélienne montrée dans le livre «Sarkozy Israël et les juifs» de Paul Eric Blanrue, qui fut interdit, sous son mandat, en France. Les attachements de Nicolas Sarkozy avec Israël ne sont donc plus à démontrer, voir aussi Gilad Shalit vaut + de 1.000 Palestiniens.

Mais, à sa descente de l’avion, il attaqua plus directement, «si je suis ici, c’est parce que je suis plus que jamais convaincu que la sécurité d’Israël ne sera vraiment assurée qu’avec la naissance du deuxième État, l’État palestinien», deux présidents deux styles, mais celui de Nicolas Sarkozy moins diplomatique et plus prétentieux que celui de François Hollande.

Il faut reconnaître que sur le dossier iranien, François Hollande se montra plus exigent que le ministre des affaires étrangères John Kerry, annonciateur de l’imminence d’un accord à Genève le vendredi 08 novembre. Aussi bien Washington que Téhéran furent pressés d’y parvenir depuis la reprise des pourparlers, à la suite de concessions de plus de transparences sur le programme nucléaire iranien par le président nouvellement élu Hassan Rohani, voir Hassan Rohani en trompe l’œil, l’essentiel n’y est pas . On ne comprend donc plus le lâchage des israéliens par les américains, une vengeance des américains sur le dossier israélo-palestinien ?

On ne comprend pas non plus l’intransigeance française à bloquer ces négociations, mais c’était avant la nuit du 23 au 24 novembre qui vit à l’issue de cinq jours de négociations un accord préliminaire afin que l’Iran montre sa bonne volonté d’arrêter l’enrichissement de l’uranium au dessus de 5 %, et d’installer de nouvelles centrifugeuses.

Les grandes puissances signataires de cet accord, n’imposeront pas de nouvelles sanctions au cours des 6 prochains mois. Ce qui signifie que celles déjà appliquées seront maintenues, mais l’Iran pourra développer le nucléaire civil ! Il faut donc se méfier des gros titres de presse qui laisserait supposer que les sanctions seraient supprimées.

Il me semblait que la France avait une position plus équilibrée eu égard au comportement d’Israël qui possède sa bombe, et qui d’autre part, s’est toujours opposé au contrôle de son site nucléaire par l’Agence Internationale de l’énergie Atomique, voir l‘Iran soumis au silence des grands médias, mais aussi, Comment la France a aidé Israël a avoir la bombe atomique.

Dans une conférence de presse commune avec le ministre Benyamin Nétanyahou, François Hollande développa ce qu’il exigerait sur l’accord iranien, comme s’il lui fallait aussi l’accord implicite du ministre israélien. Ces exigences, au nombre de quatre, portent sur le contrôle des installations iraniennes et sur tout ce qui permettrait la réalisation d’une bombe nucléaire. Elles sont celles qui furent clamées par les cinq des plus grandes puissances qui furent amenés à donner leur avis sur un assouplissement des sanctions qui pèsent lourds sur la population iranienne. On ne comprend pas ce blocage français, l’Iran qui un grand pays a le droit comme d’autres une énergie nucléaire pacifique, mais aussi, comme l’Inde, la Chine, et la Corée du Nord qui est un plus grand danger pour l’équilibre du monde que ne l’est l’Iran, d’avoir sa bombe atomique.

L’Iran c’est 77 millions d’habitants, est-ce qu’il est une menace comme le clama François Hollande devant la Knesset à Jérusalem ? Je ne le crois pas, ce peuple ne cherche qu’à vivre en paix souffrant trop du blocus infligé par les grandes nations occidentales. La bombe atomique n’est en fait qu’un moyen diplomatique de pression, tout le monde sait que son utilisation conduirait à un cataclysme mondial.

Autre lieu, autre exigence, à Ramallaha François Hollande accueilli par le président Mahmoud Abbas de l’autorité palestinienne, demanda l’arrêt total des colonisations israéliennes des territoires occupés depuis 1967, voir Le conflit israélo-palestinien, les frontières de 1967 qu’est-ce que c’est ?. «Pour parvenir à un accord de paix il faut l’arrêt total de la colonisation a-t-il clamé». Il n’a fait que dire ce que tous pensent, négocier lorsque l’on construit en terre palestinienne étouffant un peu plus les palestiniens dans ce qu’il leur reste de terre, est impossible. C’est ce qui fit le départ de la délégation palestinienne aux négociations de paix. Ne voulant pas s’impliquer dans ce qui devrait être, il conseilla de faire des gestes, par ce que c’est le dernier geste qui va compter.

Évoquant des frontières sûres sur la base de celles de 1967, il clama, deux États pour deux peuples avec Jérusalem pour capitale. Gonflé tout de même sachant que ces deux points furent toujours ceux qui firent capoter les négociations de paix, et que, par ailleurs les israéliens clamèrent que Jérusalem ne sera jamais palestinienne. Mais comme échange, il exhorta les palestiniens à la reconnaissance de l’État juif d’Israël, ce que les palestiniens ne cessèrent de refuser, voir Un État palestinien sur ce qui reste.

Sa visite de trois jours se termina par un long discours à la Knesset le parlement israélien.

 

Israël, Palestine : reprise des pourparlers de paix

Depuis qu’en fanfare l’Assemblée générale de l’Onu a octroyé à la Palestine le statut d‘Etat observateur aux Nations-Unies, qualifié par Mahmoud Abbas d‘acte de naissance, on n’a pas vraiment eu écho des retombées de cette avancée : les Palestiniens n’ont pas fait usage jusque là du soi-disant poids diplomatique que leur confère ce statut virtuel en se tournant vers la Cour pénale internationale pour que sanction soit prise eu égard à la kyrielle d’abus subis. 

Après avoir fait pendant trois ans l’impasse sur les négociations, voilà ces dernières à nouveau sur le tapis à partir d’aujourd’hui ; et c’est à reculons, sur fond de lancers de roquettes et de raids aériens, que les protagonistes israéliens et palestiniens semblent se diriger vers la table des négociations  : les premiers dits chantres de la démocratie ne trouvent pas mieux pour l’occasion que de lancer  un énième projet de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-est ; les seconds ne sont plus que les ombres d‘eux-mêmes à force de divisions intestines.  

Un coup d’envoi des pourparlers marqué toutefois par  la note positive qu’est la libération de quelque 104 prisonniers palestiniens ; elle se fera par étapes progressives indexées sur l’évolution des négociations. Ce saupoudrage de gestes humanitaires en préambule se veut de bonne augure et pour cause la demande même de résidence en Cisjordanie du militant Mohammad Assaf, le Gazaoui, heureux gagnant d’Arab Idol a été exaucée. 

Comme d’habitude, les instigateurs de ce dialogue que sont l’Union européenne et les Etats-Unis y sont allés avec doigté en guise d‘encouragements : qui de dénoncer les constructions illicites, qui d’appeler à la persévérance des efforts mutuels. Des annonces qui s’avèrent en porte à faux  avec certains préalables : le choix américain de nommer émissaire pour la paix au Proche-Orient, Martin Indyk, jette un discrédit sur leurs intentions affichées, à cor et à cri. 

En effet ce diplomate dit chevronné a gagné en notoriété dans ce brûlant dossier à la faveur de deux échecs cuisants : ambassadeur en Israël un temps, sa collaboration sur le processus de paix d’Oslo avec Yitzhak Rabin avait pris fin avec l‘assassinat de ce dernier ; réédition en 2000 de sa contribution en faveur de la paix vouée également à l’échec et suivie ultérieurement par l‘Intifada. Jamais deux sans trois ! Osons quand même espérer que cette fois-ci, ni la poisse, ni le fiasco habituels ne seront au rendez-vous. 

A cette ineptie s’ajoute l’étrange choix du timing de cette reprise des négociations sous un épais rideau de fumée, alors que bon gré mal gré s’opère un infernal chamboulement régional. Si l’on en croit justement certaines rumeurs, loin d’être le fruit du hasard, ce choix est délibéré : tous ceux qui sont aux manettes y trouvent une belle parade pour garder la main tout en imposant leurs conditions ; leurs vassaux locaux en collusion avec la rébellion dans les pays frappés de l‘éruption dite printanière, seraient désormais prêts à toutes les concessions au profit d’un coup de main dans leur combat. 

Du temps des Accords Sykes-Picot aussi, avant d’être floué par la duplicité des Britanniques, le chérif Hussein n’avait pas hésité à accepter une amputation de la Palestine au nom de sa propre gloire. L’histoire se répète et toute ressemblance avec des situations ayant existé ne pourrait être que fortuite et que pure coïncidence… 

On continue toutefois  de reculer pour mieux sauter ;  tous les marqueurs sont au rouge ; les victimes sont chauffés à blanc ; ils continuent de faire contre mauvaise fortune bon cœur . Mais jusqu‘à quand ?




http://www.lefigaro.fr/international/2013/07/29/01003-20130729ARTFIG00339-martin-indyk-nouvel-emissaire-americain-pour-le-proche-orient.php

Hassan Nasrallah, Saad Hariri : duel de choc

Depuis que l’Union européenne a classé terroriste la branche politique du Hezbollah, nombreux parmi les responsables, enclins à manger à tous les râteliers ont fait volte face, sans même crier gare. Fraîchement inscrits dans le sillage de la politique européenne, chacun de ces adhérents y est allé de ses remontrances contre le Hezb : bienveillant jusque là, le président Michel Sleiman qui faisait office « d’ombre de rocher » a haussé le ton, lors de la fête de l‘armée, martelant l‘urgence de recadrer le système de défense national. 

Quant à Saad Hari, il a dû en reprendre du poil de la bête suite à cet épisode au point de se sentir carrément pousser des ailes : en témoigne son discours par écran interposé au cours duquel il s’est lancé dans une virulente offensive contre le Hezb ; il faut reconnaître que le président du Bloc du Futur ne s’est toujours pas remis de ses émotions depuis qu’est tombée en désuétude l’auréole dont il s’était paré, laquelle était gracieusement héritée de son père. 

La phrase introductive de son discours à charge contre sayyed Nasrallah donne le la : « que Dieu maudisse ceux qui nous ont mis dans cette situation !» Et de regraviter avec force jérémiades autour du sempiternel TSL et de ses couacs, alors que les assassinats politiques, que les victimes innocentes mais anonymes sont légion dans le pays ! Il s’en est pris à la formule fétiche du Hezbollah, armée, peuple, résistance jusqu’à la faire voler en éclats de sa rhétorique enflammée, à défaut de faire mieux ! Toujours prompt à voir la paille dans l’œil de Nasrallah, cheikh Saad en finit par ne plus voir la poutre dans le sien. 

Il faut dire que le chef du parti chiite a fait preuve de dérapages lors de la journée Al Qods, en ambitionnant d’atteler tout un pays de force derrière un projet qui n’est pas le sien : encore faut-il être libre soi-même avant de vouloir libérer en cavalier seul la Palestine ! Grosse bévue qui pour autant ne lui fait pas perdre ses bons points déjà acquis à la sueur de son front, notamment celui d’avoir freiné les ardeurs hégémoniques des Hariri : exit enfin la période où les Libanais devaient se soumettre aux dogmes de ces détenteurs de richesses colossales, quand de père en fils, on régnait en maître incontesté, incontestable du pays. 

Hariri, c’est l’hôpital qui se fout de la charité : parler d’Etat hezbollahi dans l’Etat quand on a soi même, des années durant, muselé toute la jeunesse défavorisée libanaise en l’abreuvant gracieusement de bourses universitaires ; quand on a pratiqué sans vergogne l’expropriation de familles du centre ville dévasté de Beyrouth, moyennant des sommes dérisoires afin de mettre à exécution son projet pharaonique : un vieux Beyrouth flambant neuf, imposant, élitiste, sans âme aucune, tout comme un cheveu dans la soupe ! 

Lors de leurs apparitions, Hassan Nasrallah tout comme cheikh Saad ont rivalisé d’insolence mettant en exergue encore une fois leur entêtement respectif : entre le premier qui préconise, un gouvernement d’Union nationale et le second un gouvernement neutre mais qui n‘aura de neutre que le nom, le déblocage de la situation politique ne semble pas être pour demain la veille.  Que ce soit l’Alliance du 8 ou du 14 Mars,  la logique paradoxale qui prime est le : un pour tous, tous pour un alors que dans ces contrées on est à des années lumière de ce concept. Et de prorogations en prorogations, le pays survit à coups de perfusion…

Mohammad Assaf de Gaza : le gagnant de Arab Idol

Les évènements tragiques qui se déroulent en Israël et dans les Territoires occupés se ressemblent et se répètent en boucle depuis des décennies. Inlassablement. Ils s’égrènent l’un après l’autre à une fréquence si élevée que lorsque surgit une bonne nouvelle, elle se crie à tue tête sur tous les toits ; se répand comme une trainée de poudre. 

C’est l’histoire de Mohammad Assaf originaire de la bande de Gaza, l’heureux gagnant de « Arab idol », l’équivalent de « The Voice ». Une émission de grande audience qui se passe à Beyrouth et qui suscite un véritable engouement dans toute la région. 

Dans l’attente des résultats, hôtels, cafés, restaurants de Gaza étaient pris d’assaut par les Gazaouis venus suivre la retransmission en direct de « Arab idol ». Une première car jamais Palestinien n’avait décroché le sésame de cette émission panarabe. 

S’ensuivit une explosion de joie en Cisjordanie, à Gaza à la mesure de la frustration des habitants. Une liesse collective au parfum grisant comme en ce jour de 1998 quand la France remportait la Coupe du monde du football. 

Jérusalem-Est était naturellement de la fête mais pour peu de temps :  l’intervention de la police israélienne face à ce déferlement est venue mettre fin à cette allégresse spontanée, ponctuée sans doute de Allahou Akbar. 

Par les temps qui courent, vaut mieux s’en abstenir du fait des connotations péjoratives inhérentes à cette belle invocation et des risques qu’encourt quiconque ose se l’approprier : vendredi au Mur des Lamentations un juif inoffensif a été tué de plusieurs balles par un garde de sécurité pour avoir scandé Allahou Akbar. Juste Dieu est grand en arabe et c’est la mort !  

Mohammad Assaf  a chanté « allé al kofiya« , brandis ton keffieh. Il se prend à rêver du summum : la fin des conflits avec un pays en paix, la Palestine. En attendant, « brandis ton keffieh, agite le avec tendresse. Laisse le canon gronder et le hisser très haut !« 

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