Casino : la finance mondialisée à l’assaut d’un groupe français fragilisé

Fragilisé par sa dette, le groupe Casino est la proie depuis plusieurs mois d’attaques massives et répétées de fonds spéculatifs anglo-saxons. Alors que sa maison mère Rallye est entrée dans une procédure de sauvegarde, les salariés craignent d’être les premières victimes de ces spéculations.

Les attaques ont été d’une violence sans précédent. Les short sellers, ces fonds spéculatifs anglo-saxons qui utilisent la vente « à découvert » pour s’enrichir en faisant chuter artificiellement le cours de l’action, ont fait de Casino depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, une cible privilégiée.

Déjà, en décembre 2015, le fonds activiste américain Muddy Waters avait attaqué Casino sur son endettement et la complexité de sa structure. Puis il avait relancé les hostilités à la fin de l’été 2018, entraînant dans son sillage plus d’une quinzaine d’autres hedge funds et provoquant une chute de l’action de 17 %. Une offensive massive et apparemment coordonnée, dénoncée par Jean-Charles Naouri, le PDG du groupe Casino, lui-même.

Certains fonds activistes anglo-saxons se sont en effet spécialisés dans cette stratégie de spéculation à la baisse utilisant les ventes « à découvert ». Chassant souvent en meute, ces « vautours de la finance » peuvent ainsi manipuler des volumes d’actions impressionnants, allant jusqu’à déstabiliser les entreprises visées.

Malgré la réduction drastique de la dette du groupe Casino – divisée par trois en quatre ans via un vaste plan de cession d’actifs non stratégiques, notamment immobiliers – et malgré les bons résultats annoncés en mars dernier qui viennent valider le business model du distributeur, en pointe sur le digital et le commerce de proximité, les attaques ont continué. L’action Casino restait toujours la valeur la plus « shortée » de Paris, les ventes à découvert représentant 35 % de son capital flottant le 23 mai dernier.

C’est d’ailleurs à cette date et pour se protéger des attaques répétées et de grande ampleur menée par ces fonds spéculatifs, dont Casino est la cible depuis de longs mois, que la société Rallye, actionnaire de contrôle du groupe Casino, ainsi que les sociétés Foncière Euris, Finatis et Euris, ont décidé d’entrer dans une procédure de sauvegarde. Une procédure qui suspend le service de la dette bancaire et obligataire pour une période de six mois – renouvelable deux fois – et qui va donc donner du temps à Rallye pour négocier avec ses créanciers.

« La procédure de sauvegarde va permettre à Rallye de travailler, sereinement, en concertation avec ses créanciers, à un plan visant à pérenniser son rôle d’actionnaire de contrôle du groupe Casino grâce à une structure de financement adéquate, durable et renforcée », a ainsi expliqué Jean-Charles Naouri aux salariés du groupe.

Casino n’est pas concerné par cette procédure et reste concentré sur l’exécution de son plan stratégique. Durant la période de sauvegarde, le distributeur n’aura plus à verser des dividendes élevés pour permettre à ses actionnaires (Rallye, Finatis, Euris) de payer leurs intérêts d’emprunts. Casino devrait ainsi pouvoir dégager plus de cash flow pour investir, poursuivre son désendettement et rassurer les marchés financiers. Et lorsque l’action Casino monte, la valeur des actifs de sa maison mère Rallye augmente, ce qui est aussi une bonne nouvelle pour ses créanciers.

Même s’ils ont bien compris la pertinence de cette stratégie, les salariés ne sont pas rassurés pour autant. Dans un groupe qui n’a jamais connu de plan social, les inquiétudes sont fortes tant les attaques de la finance mondialisée sont virulentes depuis un an. Les syndicats craignent que la société Rallye ne doive « céder des parts à des fonds prédateurs pour rembourser sa dette », ce qui représenterait « un vrai risque de démantèlement du groupe avec un fort impact social ». Les syndicats se tournent désormais vers les pouvoirs publics et leur demandent de tout faire pour empêcher un démantèlement du groupe : 75 000 emplois sont en jeu rien qu’en France. Compte tenu de l’émoi suscité, à raison, par les 1000 suppressions de postes à Belfort chez General Electric, le gouvernement serait bien inspiré de s’emparer rapidement de ce dossier.

Agences de notation : quand conflit d’intérêts rime avec manipulation

Devenues incontournables dans les médias depuis la crise financière de 2008, les agences de notation – principalement américaines – font et défont la destinée des entreprises, souvent sur fond d’attaques boursières et, parfois, de conflit d’intérêts. Bienvenue dans le grand bain.

« Moody’s abaisse la note de », « Fitch Ratings déplore que », « Standards & Poor’s attribue la recommandation négative à »… Les articles de la presse économique s’appuient très souvent sur les « analyses » des agences de notation. Dernière en date, Moody’s dégradant Casino, la valeur européenne la plus attaquée par les fonds vautours, jugeant l’endettement trop élevé, mais ne tenant opportunément aucun compte des efforts de désendettement réalisés en 2019. Un train de retard, mais une opportunité renouvelée de parier sur la baisse du cours pour certains fonds d’investissement aux aguets.

Les chefs d’entreprise concernés frémissent toujours à l’annonce des nouveaux classements. Pourtant, de nombreuses voix – souvent institutionnelles – remettent en cause l’omnipotence de ces agences qui peuvent faire chuter le cours d’une action d’un claquement de doigt. Souvent, les pratiques et le timing soulèvent quelques questions.

Les gendarmes des marchés veillent

La récente condamnation de Fitch* à 5,1 millions d’euros d’amende pour conflits d’intérêts est l’arbre qui cache la forêt. Car les exemples sont nombreux, fragilisant la confiance de nombreux opérateurs économiques. Ces derniers n’ont pas la mémoire courte, et se souviennent que toutes ces grandes agences avaient collé leur fameux triple A à des produits bancaires toxiques en 2007-2008. Non, les notations ne sont pas paroles d’Evangile. C’est en tout cas la conclusion que l’homologue américain de l’ESMA, la SEC (Securities and Exchange Commission), a tiré de l’affaire Moody’s en août dernier. Dans ce dossier, la SEC a, pour la première fois de son histoire, poursuivi une agence « pour ne pas avoir clairement défini son processus d’évaluation et de ne pas l’avoir appliqué uniformément ». Coût de l’amende : 16,25 millions de dollars.

Cette affaire est d’ailleurs particulièrement instructive. Moody’s a en effet été condamnée à deux titres : pour un manque constaté dans le processus de contrôle de l’évaluation de produits financiers disponibles sur le marché américain, mais aussi pour l’absence de définition de certaines classifications. « Les agences de notation jouent un rôle essentiel pour nos marchés financiers et doivent avoir des procédures de contrôle efficaces sur leur processus de notation, a alors réclamé Antonia Chion, directrice associée de la division Mise en application de la SEC. Des manœuvres manipulatrices et trompeuses compromettent l’intégrité de nos marchés. La sentence d’aujourd’hui témoigne de notre engagement de dénoncer des manœuvres transnationales souvent sophistiquées utilisées par certains investisseurs. » Derrière les « manœuvres », le gros mot est lancé : manipulation.

Qui dit conflit d’intérêts dit (souvent) ventes à court terme et à découvert

Conflit d’intérêts et ventes à court terme : sur les places financières, les deux phénomènes vont souvent de pair avec, dans le pire des cas, des cas de délit d’initiés avérés. Tout commence par une attaque boursière menée par un ou plusieurs shortsellers – vendeurs à court terme. Le processus de ces ventes à découvert est simple : un fonds d’investissement achète (ou emprunte) un nombre X de l’entreprise qu’il attaque, puis les revend à un tiers, étant convaincu que le cours de l’action de l’entreprise concernée va chuter. Le fait intéressant se produit ensuite : immédiatement après certains mouvements de vente à découvert massifs, entre en piste une agence de notation qui plombe l’entreprise en annonçant un abaissement de la note. Plusieurs explications à cette coïncidence viennent à l’esprit : soit l’agence de notation s’est alarmée d’un volume inhabituel de ventes à découvert, une hypothèse peu réaliste compte tenu des délais de rédaction de notes d’analyse ; soit, parmi les vendeurs à découvert, certains ont été informés de la teneur de l’analyse avant publication…  Quoi qu’il en soit, le cours dévisse ensuite, les fonds rachètent alors les titres en question à un niveau inférieur, empochant la différence. Plus le titre dégringole, plus le bénéfice est grand.

En octobre dernier, les patrons français ont d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme auprès de l’AMF (Autorité des marchés financiers). Cette pratique, à la limite de la légalité, a fait sortir de ses gonds le président du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux. Ce dernier n’a pas mâché ces mots, considérant les ventes à découvert comme « agressives » et « choquantes ». Les risques de collusion sont évidents, la synchronisation des attaques étant plus que suspecte. Ces deux dernières années plusieurs entreprises françaises en ont fait les frais à plusieurs reprises, comme Danone, Casino, Safran ou SFR.

Méthodes trop opaques, conflit d’intérêts et risques de délit d’initiés : les agences de notation se doivent d’être plus transparentes. « Alors que les notations sont censées émettre des opinions indépendantes, les régulateurs en ont fait un instrument de régulation, notent Aline Darbellay et Frank Partnoy dans leur publication Agences de notations et conflits d’intérêts (2012). En ce qui concerne la notation des dettes de société, les conflits d’intérêts sont relativement sérieux, étant donné les agences de notation sont généralement payées par les émetteurs devant être notés. » Ou, dans l’autre sens, par des entreprises désireuses d’affaiblir un concurrent…

(*) http://www.lefigaro.fr/flash-eco/l-agence-de-notation-fitch-condamnee-a-5-1-millions-d-euros-d-amende-20190328

La dégringolade de Trump, désavoué par les économistes et les « siens »

Jusqu’à dix points d’écart pour Clinton, d’éminents républicains le reniant, les analystes économistes le déconsidérant, est-ce le début de la fin pour Donald Trump ?

donald-trump-Fox-NewsAncien de la CIA puis de Golman Sachs, surdiplômé, républicain, Evan McCullin annonce sa candidature en indépendant. Il est le dernier en date à se présenter, pousser à le faire par des élus du Grand Old Party voulant rassembler les républicains disant s’abstenir, voire voter Hillary Clinton.

Ce n’est pas son entrée en lice qui fait reculer Tromp dans les tous derniers sondages. Il n’est pas assez connu, il est d’autres candidats (une écologiste, un libertarien…). Mais cette fois l’écart se creuse vraiment entre Trump et Clinton. Jusqu’à dix points… 41 contre 51 pour Clinton.

Pourtant, Trump croyait vraiment à un rebond. Sa phraséologie détestable semblait abandonnée, il n’a pas élargi son florilège de blagues douteuses après son discours de Detroit (Michigan). Une ville qui a perdu des milliers d’emplois industriels du fait de la concurrence étrangère et se délite à cause, selon Trump, de la politique économique d’Obama.

Mais cesser d’invectiver, voire d’éructer, n’a pas suffi à le faire rebondir. Hormis chez les électeurs vraiment sensibles à ses promesses, et déconsidérant toute critique venant de l’establishment, du « système », il passe désormais pour un impulsif, incompétent, si ce n’est pathologiquement atteint.

L’agence de notation Moody’s a comparé ce qu’il reste de son programme économique – pourtant élagué pour sembler plus crédible – et celui des démocrates. Les projections pour la fin de la mandature (2021) sont toutes défavorables à Trump. Chômage, coût de la vie, prix de l’immobilier : Clinton ferait mieux. Et surtout, Trump ferait exploser dans le rouge le rapport dette/PIB. Bref, il a tout faux.

Une partie de l’électorat n’y prêtera guère attention. Elle sera peut-être plus sensible aux indications voulant que les mesures fiscales qu’il envisage vont encore favoriser davantage les plus richissimes et les plus aisés. Quant à celles bénéficiant aux familles avec enfants, elles peuvent paraître illusoires. Alors qu’il les annonçait, la presse dénonçait la politique sociale de sa fille Ivanka, dont la société (une firme de prêt-à-porter) n’accorde que le minimum de jours non rétribués requis pour les congés parentaux.

Plus grave encore. Les défections républicaines se succèdent et s’amplifient. Cela semblait avoir culminé la semaine dernière avec l’annonce officielle que le club républicain des anciens élèves de Harvard déconseillait de voter pour lui en des termes très durs. Parmi ces anciens, certains voteront même Clinton et Trump ne pourrait compter que sur les 10 % d’indécis pour tenter d’en convaincre une fraction.

Mais non, ce n’était pas le coup le plus dur à venir. La presse a largement répercuté une lettre ouverte de 50 très hauts fonctionnaires ou responsables républicains des administrations Bush père et fils. Les paragraphes font succéder des volées de bois vert à des allers-retours de gifles avant de se conclure par un véritable coup de pied au derrière : allez, ouste, Trump met en danger l’État fédéral, les principes républicains, l’influence des États-Unis dans le monde, qu’il pourrait conduire à la catastrophe. Si ce n’est pas un appel au meurtre, c’est flèches, banderilles, estocades à foison. Les exagérations de Trump lui valent des effets boomerang.

Cela ne suffisait pas. Après tant d’autres, mais sans doute avant qu’il lui soit emboîté le pas, la sénatrice républicaine du Maine, Susan Collins, lui a encore plus coupé l’herbe sous le pied, si ce n’est fauché les chevilles. Voter pour cet individu malfaisant, dangereux, à la limite timbré, ce sera sans moi, conclut-elle. Elle a multiplié les qualificatifs franchement vindicatifs avant de le déclarer félon, traitre aux valeurs républicaines.

Par ailleurs, le succès d’une pétition en ligne sur Change.org, lancé par une élue démocrate, se confirme chaque jour : déjà, ce mardi soir, près de 35 000 signatures. Il s’agirait d’obtenir que Trump soit soumis à des tests psychologiques. Constatant que divers de ses membres, dont des professeurs, avaient déjà mis en doute les capacités mentales de Trump, l’association américaine de psychiatrie a enjoint ses membres de s’abstenir de se prononcer (en tout cas publiquement). Le narcissisme compulsif du candidat républicain ne semble pourtant faire aucun doute.

Trump, dans son discours de Détroit, s’en prend pratiquement au monde entier. Il promet une guerre économique à la Chine, veut renforcer la présence militaire en Asie… en passant la note au Japon, à la Corée du Sud, aux Philippines pour assurer leur sécurité. C’est la politique du « le Mexique paiera » la construction d’un mur frontalier, étendue, pour les pays européens, à un très important renforcement de la contribution à l’Otan avec compensation pour les États-Unis. Les accords de Paris sur le réchauffement climatique seront dénoncés, les mesures de protection de l’environnement nationales seront simplifiées ou annulées, les importations taxées davantage en contradiction d’accords ratifiés, et la croissance réduira d’elle-même la dette sans qu’il soit besoin de réduire les dépenses budgétaires qui pourront même être augmentées pour le profit de tous les Américains. Il n’y a plus guère que le Ku-Klux-Klan et divers groupes nazis à sortir du bois pour se prononcer pour Trump.

Et si cela peut lui valoir des soutiens financiers individuels, cela ne suffira pas. C’est pourquoi il sollicite à présent les plus importants donateurs républicains traditionnels. Certains ont déjà viré de bord et soutiennent la campagne d’Hillary Clinton ou se sont vertement prononcés contre Trump. Lequel devra mettre de sa poche au train où vont les choses. Il est certes milliardaire, mais il a déjà dû vendre des casinos ou des hôtels en catastrophe. A-t-il autant de répondant qu’il le prétend ? Le doute est permis.

Or, il reste quatre mois de campagne.

Steven Mnuchin est devenu le directeur des leveurs de fonds pour Trump. Son nom reste associé à celui de Bernard Madoff : il a bénéficié des escroqueries de ce dernier, a pu se dégager à temps, et n’a échappé que de peu à des poursuites judiciaires. Le camp Clinton conserve d’autres révélations à venir dans sa manche, qui pourraient forcer Trump à éviter tout face-à-face télévisuel non seulement avec Hillary Clinton mais avec les plus célèbres chroniqueurs. Ne plus apparaître que sur Fox News sans avoir à craindre le ridicule ou des questions vraiment très embarrassantes, c’est un immense handicap…

Le Brexit selon Macron : du machiavélisme de comptoir ?

Pour la seconde fois en trois mois, Emmanuel Macron, outrepassant son rôle et ses fonctions ministérielles, a évoqué un Royaume-Uni hors de l’Union européenne devenu aussi insignifiant mondialement que Guernesey. Malhabile provocation ou hypocrite volonté de faire gagner le camp du Brexit ?

En comparant le Royaume-Uni sorti de l’Union européenne à un comptoir commercial de l’importance de Guernesey, Emmanuel Macron s’est soit comporté en parfait crétin, soit en harangueur d’estrade. En plus, il récidive…

Il est fort probable que, si le Royaume-Uni se séparait de l’Union européenne, David Cameron (ou Boris Johnson ou tout autre conservateur pouvant le remplacer au 10 Downing Street) négociera avec Bruxelles – soit de fait avec les chefs d’État et les ministres des finances de l’UE – un statut proche de celui des pays hors union mais appartenant à l’Espace économique européen. Il s’agit de trois pays signataires de l’Association européenne de libre-échange (Norvège, Islande, Liechtenstein) auxquels on peut ajouter la Suisse, signataire elle-aussi mais n’ayant pas encore ratifié le traité de l’AELE.

Dans ce cas, il y a fort à parier que les pays membres de l’UE imposeront des conditions similaires à celles s’appliquant à ces pays.

Pour la majorité de la classe politique norvégienne, ficelée par les résultats de deux référendums rejetant l’adhésion à l’UE, ce statut n’est guère avantageux. Pour continuer à faire pression dans les coulisses de Bruxelles, le gouvernement, le patronat et les syndicats norvégiens s’accordent au moins sur la contrepartie : une contribution financière importante. La Première ministre norvégienne, Erna Solberg, s’exprimant récemment dans Politico, a conseillé aux électeurs britanniques de ne pas s’aventurer dans cette voie : la Norvège s’est vue contrainte d’intégrer l’espace de Schengen, s’acquitte d’une contribution proportionnelle à ses revenus qui est relativement plus importante que celle du Royaume-Uni – lequel bénéficie d’une dérogation obtenue par Margaret Thatcher –, et s’aligne sur la plupart des décisions juridiques de l’Union (environ les trois-quarts) sans pouvoir opposer un veto. En sus, son gouvernement entretien une cinquantaine de délégués permanents dans les couloirs bruxellois ; patronat et syndicats font de même.

Dans un entretien accordé au Monde, Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, a précisé la position française : en cas de Brexit, la contribution britannique sera similaire à celles des pays de l’AELE. Mais il a assorti ce qui peut être pris pour une menace financière d’un insolite comparaison, déjà employée précédemment. Hors de l’UE, le Royaume-Uni se retrouverait dans la situation d’un comptoir commercial dont l’influence serait comparable à celle d’une île anglo-normande, Guernesey. Pourquoi pas Chausey ou Sercq, voire Sainte-Hélène (ou l’inhabitée Rockall, d’une superficie de 25 m²) ?

Une comparaison avec le Japon, qui est aussi, comme le serait le Royaume-Uni coupé de l’Union, « un petit pays à l’échelle du monde », aurait été concevable. Celle-ci est d’une outrance inconvenante et on peut se demander si Emmanuel Macron la formulée sciemment ou non.

Elle est de nature à inciter les eurosceptiques encore indécis à se rendre aux urnes pour lui adresser en retour l’équivalent du mot de Cambronne : F*** you ! De quoi renforcer la détermination des partisans du Brexit à ne surtout pas s’abstenir.

On feindra de croire qu’Emmanuel Macron, qui souhaite un renforcement de l’Union, et que se développe un sentiment d’appartenance à une Europe plus fédérale encore, et vaguement moins néolibérale (ben tiens, venant de lui…) considère que celle-ci gagnera à se conforter sur l’espace continental, ce qui implique que le Royaume-Uni largue ses amarres.

La provocation est toutefois quelque peu grossière, et même injurieuse. À trop vouloir copier les méthodes et les propos de Sarkozy, Emmanuel Macron s’expose à des dérapages que même l’ex-président sait mieux contrôler.

Les Britanniques, et surtout bien sûr les Anglais, ont été exaspérés par les exagérations, les arguments confinant au chantage, à l’alarmisme outré d’une large partie de la classe politique et des castes industrielles ou financières s’opposant au Brexit.

Pour le continent, les conséquences du Brexit ne seraient pas qu’économiques ou diplomatiques (puissance nucléaire, disposant d’un veto à l’Onu, le Royaume-Uni est aussi un partenaire précieux).

Les répercussions sur la politique intérieure des pays adhérents présenteront des similitudes avec ce qui risque de se produire au Royaume-Uni. Soit un renforcement de l’influence de l’Ukip, le parti de Nigel Farage. Un parti xénophobe, ultra-nationaliste, qui s’efforce de gagner en respectabilité (notamment en se rapprochant de Dupont-Aignan, infligeant ainsi un camouflet à Marine Le Pen et au FN).

Le nouveau chancelier autrichien, Christian Kern, est tout aussi inquiet des conséquences du Brexit : il encouragera les électorats populistes en Europe. Ceux-ci se sont notoirement renforcés en Autriche du fait de l’afflux d’immigrés et le candidat du FPÖ (parti de la liberté de l’Autriche), Norbert Hofer, a failli de très peu emporter l’élection présidentielle. Le chancelier autrichien estime que la dérive néolibérale de l’Union européenne facilite la montée en puissance des partis nationalistes et populistes.

L’exagération d’Emmanuelle Macron a été fraîchement reçue au Royaume-Uni. Même le lectorat du quotidien en ligne The Independent a majoritairement ironisé, ou s’est offusqué. Il a même été avancé que « l’élite politique française déteste le Royaume-Uni et se sentirait les coudées plus franches si le Brexit l’emportait… ». Ou que, ex-banquier d’affaires, il poussait l’électorat anglais vers la sortie afin de renforcer l’influence de la finance continentale. Sa pique révèle une vanité injurieuse et « ajoute de nombreux votes aux partisans du Brexit. ».

Les plus mesurés l’ont comparé au soldat français du film des Monty Python, Sacré Graal (soit un petit roquet finissant déconfit, et toussotant des cocoricos sur son tas de fumier).

On épargnera à Emmanuel Macron les commentaires glanés dans la presse populaire anglaise…

Un commentateur sur le site du Financial Times pose clairement la question : « serait-ce que le gouvernement français tente de saper le camp du Remain et de pousser au Brexit ? Ou que la France se considère toujours être le centre du monde ? ».

Un autre semble avoir été inspiré autrement par cette menace de représailles : « et si on mettait tous les produits consommables français en quarantaine aux îles Scilly ? » (avant de pouvoir être mis sur les rayons anglais). De quoi renforcer la réputation du pays des fromages « qui puent ».

Il est certain qu’en France, nombreux sont celles et ceux qui considèrent que la sortie du Royaume-Uni permettra de renforcer la coopération européenne. Günter Oettinger, le commissaire allemand à l’économie numérique (après avoir été chargé de l’énergie) est d’ailleurs de cet avis. Le seul contre-argument qu’il envisage tient au risque d’un « effet domino » que Macron a écarté d’un revers de main : les Pays-Bas ou le Danemark pourraient être tenté de suivre…

Dans ce cas, la crédibilité de partis comme le Front national serait raffermie. Macron roulant pour le FN ? On attend désormais les réactions de Jean-Marc Ayrault (Affaires étrangères) et d’Harlem Désir (Affaires européennes) ou même de Matthias Fekl (Commerce extérieur, promotion du tourisme… parmi les réactions suscitées par Macron outre-Manche figure le boycott des produits français). Jean-Marc Ayrault, en visite à Londres, avait su employer les mots confortant la position de David Cameron, « on ne demande pas aux Britanniques de nous suivre dans tout, chacun fait ce qu’il veut, l’Europe différenciée a été actée » (sous-entendu : ce référendum, imposé au Premier ministre britannique, n’a plus vraiment lieu d’être). Quant à la pertinence d’évoquer des renégociations financières en cas de Brexit, il revenait à Michel Sapin d’en décider.

Pourtant, Emmanuel Macron a réussi : à (re)faire parler de lui. C’est de plus, sur la question, un récidiviste. À la mi-avril dernière, en termes à peine mieux mesurés, devant Andrew Marr, de la BBC, il avait déjà évoqué Jersey et Guernesey, et même un renforcement des contrôles des porteurs de passeports britanniques. Le Daily Express avait alors donné largement la parole à des partisans du Brexit pour répliquer et lui dire son fait : « plus des ministres français parleront de la nécessité pour nous de rester dans l’Union européenne, mieux c’est car cela revient à inciter davantage d’électeurs à voter pour la sortie. ». Total ahuri ou politicard prêt à tout afin de se mettre en avant ?

Charitablement, on optera pour une troisième hypothèse : Macron prépare son retour dans le secteur bancaire français et parie sur un Brexit qui affaiblirait la City. Pari risqué et quelque peu cynique. Comme Siné avait pu le dire d’un fils de Sarkozy, « il ira loin, ce petit ».

À moins qu’il soit assez retors pour imaginer qu’un vote pro-Brexit ne serait pas entériné par le parlement britannique : 68 % des députés sont pour le maintien dans l’Union. Mais on voit mal celles et ceux craignant pour leur réélection s’aventurer à censurer une majorité de leurs électeurs. In fine, il est vain de supputer qu’Emmanuel Macron réfléchisse autant, si ce n’est à son propre destin…

Après le succès du compte Nickel, à quand une vraie banque mutualiste ?

Le compte Nickel réussira bientôt à convaincre un million de déposants. Sa création a aiguillonné les banques qui réduisent leurs guichets et agences au profit de leurs filiales de banques en ligne.
Mais le secteur réellement mutualiste gagnerait à s’inspirer de cette réussite.

Plus de 300 000 comptes ouverts depuis sa création, et un objectif raisonnable du double pour la fin de l’année, soit en deux ans seulement. Cet essor accéléré doit tout à une formule simple, un réseau préexistant (celui des buralistes), et à l’impression, en partie fondée, qu’ouvrir un compte Nickel revient moins cher que de s’en remettre à une banque classique. Mais pourquoi donc le secteur véritablement mutualiste ou coopératif n’y a-t-il pas songé ou ne prévoit pas la mise en place d’un dispositif similaire ?

Un compte Nickel s'ouvre rapidement, sans conditions de ressources...
Un compte Nickel s’ouvre rapidement, sans conditions de ressources…

Les fondateurs du compte Nickel, Hugues Le Bret et ses associés, ne sont nullement des philanthropes. Mais leur système bancaire, qui simplifie au maximum l’obtention d’une carte de débit et d’un RIB permettant de régler des retraits automatiques ou de faire virer un salaire, des rétributions, s’inscrit dans le droit fil des initiatives du mouvement mutualiste des origines.

La plupart des compagnies d’assurances ou bancaires dénommées encore mutualistes n’ont pas un comportement si différent de leurs homologues privées. Les assurances mutuelles rémunèrent très généreusement leurs directions et opèrent sur les marchés financiers de la même manière, pour la plupart, que le secteur privé. Les banques populaires et Natixis préfèrent investir dans la publicité et les parrainages (sportifs, culturels et autres) leur assurant de la visibilité plutôt que de tenter de convaincre la clientèle populaire par des tarifs réellement différents de ceux de la concurrence. La caisse centrale du Crédit mutuel est devenue le plus important patron de presse national en étendant sans cesse son emprise sur les quotidiens régionaux… mais n’accorde guère plus de facilités aux particuliers qu’une autre banque.

Le compte Nickel investit dix fois moins en marketing qu’un établissement bancaire (banques à guichets ou en ligne réunies). Le bouche-à-oreille et la commodité pour ouvrir un compte ou obtenir de l’argent (dans les bureaux de tabac ou des distributeurs de billet une fois le compte ouvert et crédité) sont ses meilleurs atouts de croissance (très) accélérées.

Les frais de gestion sont réduits, le personnel ne dépassera sans doute pas la centaine de personnes l’an prochain alors que se met en place un dispositif s’adressant au TPE, voire au petites PME. Le coût le plus important est constitué par la rétribution des buralistes (cinq euros par ouverture de compte, pourcentage sur les dépôts d’espèces – facturés 2 % du montant – et les retraits à 0,50 euros par opération). Pour ce service, facturé 20 euros annuellement, on dispose d’une carte Master Card (soit deux fois moins chère que son équivalent en banques classiques, celles en ligne la fournissant le plus souvent gratuitement).

Les inconvénients sont limités. Il reste malgré tout plus facile de trouver un débit de tabac ouvert tard le soir qu’une agence bancaire et il s’en trouve encore à ouvrir le dimanche. Les dépôts en liquide sont plafonnés à 750 euros, ce qui, hormis pour de toutes petites voitures de location, ne couvre pas la garantie exigée. En cas de paiement à l’étranger, il n’est pas prélevé de commission. Cependant, ne pouvoir émettre ou encaisser de chèques peut constituer un réel désavantage, en dépit du fait que les virements Sepa se généralisent.

Est-ce pour autant beaucoup plus avantageux qu’un compte bancaire traditionnel (ou ouvert en ligne). Difficile de comparer puisque le compte devant toujours être créditeur, certains frais ne s’appliquent pas. Le magazine Capital s’est adressé au comparateur Panorabanques (.com), qui n’inclue pas Nickel dans son panel de 26 banques (dont cinq en ligne), pour établir une estimation raisonnable en étudiant les tarifs de 158 banques.

Il en coûterait à un client Nickel moyen (la plupart ont un revenu mensuel médian avoisinant les 1 400 euros) près de 80 euros par an, soit les deux-tiers de ce qu’il verserait à une banque (près de 125 euros). Ce, sur la base de six retraits d’argent par mois (trois en débit de tabac, trois en distributeurs) pour un montant de 54 euros, cinq retraits et deux paiements hors zone euro (5 euros, ce qui est fort peu, mais ne concerne pas la majorité des clients de Nickel).

Mais c’est, pour le même type d’opérations, près de six fois plus cher qu’en ayant recours à une banque en ligne (Boursorama, B for Bank, Fortunéo…). Et même bien davantage si retraits et paiements à l’étranger, facturés beaucoup moins par les banques en ligne que par les classiques, étaient exclus du comparatif.

Cela étant, Hugues Le Bret, l’un des fondateurs, considère que le coût annuel moyen de ce compte est de l’ordre de 35 euros (sur la base de 18 retraits annuels, dont neuf en distributeur, facturé 60 cents par la banque détentrice et un euro par Compte Nickel) et rarement plus de 45 pour une large majorité de clients. Cet ancien communiquant de la Société générale, et de sa filiale Boursorama, dont le livre sur l’affaire Kerviel n’avait pas plu à son employeur, qui l’a remercié, a donné un entretien tout à fait édifiant au site Les Crises. Il décrypte le fonctionnement et les abus tarifaires des banques classiques.

C’est véritablement très instructif.

On le constate plus globalement, être pauvre est relativement plus coûteux, en tous domaines, qu’être riche. Cela vaut d’ailleurs aussi plus fortement pour les frais bancaires : plus vous déposez ou épargnez, mieux vous pourrez négocier des tarifs inférieurs, voir obtenir des libéralités (sur le montant de la cotisation pour les cartes bancaires, par exemple).

Nickel ne se rémunère pas sur les crédits puisqu’il n’en accorde pas. Il est vrai que les taux sont faibles, fortement encadrés, et que la clientèle des particuliers n’est plus fortement rémunératrice pour les banques sur ce poste. Mais Nickel ne tient pas non plus compte des dates de valeur (vos débits sont immédiats, mais vos crédits de même), qui permettent aux banques de faire travailler votre argent dans l’intervalle. Pourtant Nickel est tout à fait rentable pour ses fondateurs et actionnaires.

Dans un domaine voisin, complémentaire, celui du cobanking, qui facilite les transactions, les prêts entre particuliers, et permet de constituer des cagnottes à plusieurs (qui peuvent être employées sous forme de crédit participatif), le secteur mutualiste, hormis peut-être la Banque populaire occitane, n’a guère fait preuve d’innovation. Payname et Prêt d’union, en France, vont sans doute se développer en s’orientant sur de nouveaux modèles de banque collaborative.

Toutefois, le Crédit mutuel Arkéa, la caisse bretonne du CM, a mis la main sur Leetchi fin 2015. Une société proposant la création de cagnottes ou de crowfunding qui prend, selon les montants, près de trois ou quatre euros pour effectuer un virement (ou rien si l’emploi des fonds sert à des achats de marques partenaires). CM Arkea est d’ailleurs aussi le partenaire du compte Nickel, les dépôts étant consignés sur un compte dit de cantonnement (Arkea ne peut l’utiliser pour des transactions boursières ou autres).

Natixis (groupe Banques populaires & Caisses d’épargne) s’est associé à Bolden (.fr) qui propose aux particuliers et entreprises de prêter à pour des projets sélectionnés (le rendement brut moyen serait de 7 %).

En France, il n’y a plus guère que l’UNGMS (Union nationale des groupements mutualistes solidaires, en matière de complémentaires maladie) à préserver l’esprit d’origine du mouvement mutualiste. Elle reste très minoritaire et loin de couvrir l’ensemble du territoire métropolitain.

Dans le secteur des fonds d’investissements, une société allemande, Slock.it, propose déjà un schéma participatif pour investir dans des sociétés, surtout technologiques ou innovantes, choisies par les investisseurs eux-mêmes (par votes) et non par un panel d’experts rétribués (ou bénévoles comme dans le cas des business angels qui répondent ou non eux-mêmes aux appels de fonds). Ce n’est plus ce qui s’observe dans le secteur mutualiste dont les adhérents ou sociétaires n’ont plus qu’un rôle vaguement consultatif dont, à son gré, le conseil d’administration tient ou non compte.

Qu’on ne se leurre pas, la finance évolue, mais reste la finance… Les avantages ou réductions et exemptions de frais concédés en phase de lancement, le plus souvent rendus possibles par la contraction des frais salariaux (surtout en bas et milieu des échelles salariales), et pour contrer une concurrence qui s’élargit, risquent d’être progressivement rognés pour accroître les profits.

Ce qui pourrait conduire à une désaffection… Se passer de banque reste théoriquement possible en poussant « l’ubérisation » plus loin encore. Mais cela comporte des risques pour les particuliers et les entreprises (ainsi du système Bitcoin). Leur mutualisation permet de les réduire.

Elle permettrait aussi de mieux sécuriser la nature des transactions qui ne seraient pas revendues à des sites marchands ou des agences de mercatique. Le data mining permet de déterminer les habitudes de consommation de tout un chacun et de cibler publicités et offres promotionnelles. Déjà, les banques dissèquent votre budget et catégorisent vos dépenses (loisirs, voyages, dépenses alimentaires…). N’est-ce bien qu’à usage strictement interne ?

Anne Paugam et Christophe Mazurier mettent la finance au service du climat

Alors que le succès du sommet pour le climat repose en grande partie sur l’engagement des pays en voie de développement, la question du financement du Fonds Vert pour le Climat reste l’objet de nombreuses interrogations, notamment pour l’élue écologiste Anne Souyris. C’est pourquoi, tandis que la directrice générale de l’Agence Française pour le Développement, Anne Paugam, mobilise les institutions financières, le directeur du groupe CM-CIC, Christophe Mazurier, salue la détermination du G20…

                

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A la recherche de capitaux, les PME s’intéressent à la désintermédiation

 Derrière le mot barbare de « désintermédiation », mot ultra-technique qui signifie la suppression des intermédiaires, se cache une véritable nouvelle manière de penser des PME qui, pour leur croissance, sont à la recherche de capitaux. Mais avec la crise économique et des banques de plus en plus réticentes à prêter de l’argent pour des projets qu’elles perçoivent peut-être plus risqués qu’ils ne le sont, trouver des capitaux n’est pas simple pour les entreprises de taille réduite, les PME, les ETI, et les TPE. Pourtant, tout le monde le sait, l’investissement est l’ami de la croissance, si ce n’est sa condition nécessaire.




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Airbus-EADS : A-350 et A-380 atterrissent en correctionnelle

Il y a fort à parier que les « pièces à conviction » que constituaient les Airbus 350 et 380 n’atterriront pas, vendredi prochain, devant la 11e chambre correctionnelle de Paris. D’autant que la défense entend bien les expédier ad eternam dans les limbes de l’affaire EADS, un cas de délit présumé d’initiés que l’AMF (Autorité des marchés financiers), avait absous, et cela « définitivement » cette fois. Oui, mais depuis lors, la CDC (Caisse de dépôts et consignations), s’est réveillée

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L’argent virtuel ? ça peut parfois rapporter gros !!!

 


Qui peut prétendre aujourd’hui, acheter un luxueux appartement de millionnaire, dans un quartier huppé d’Oslo, avec seulement l’équivalent de 25 francs ?

Je parle volontairement de francs, car c’est la somme ridicule investie en 2009 par un jeune norvégien dans une monnaie en vogue sur internet à cette époque : le "Bitcoin"

 

Petite explication…

 

En 2009 donc, en pleine crise financière mondiale, un mystérieux et génial informaticien que l’on ne connait que sous le pseudo de Satoshi Nakamoto, inventait une monnaie virtuelle. Pour schématiser, cette dernière permettait de réaliser des achats, en se démarquant des moyens financiers classiques et de rapporter à son investisseur, avec un ingénieux et complexe système qui la faisait fluctuer.

 

Pour information, son cours s’est littéralement envolé cette année durant le premier trimestreet ce de 400% !

Ainsi, le 22 octobre dernier, le "Bitcoin" valait-il 146 euros.

 

Ceci étant dit, revenons-en à l’histoire extraordinaire de notre jeune et hasardeux investisseur, qui en 2009, pour épater sa copine "claquait" 150 couronnes norvégiennes, soit environ 25 francs de l’époque pour acquérir 5 000 "Bitcoins".

Il ignorait que cette somme allait faire des petits et qu’en 2013, il se retrouverait grâce à elle à la tête d’une véritable fortune de… 5 millions de couronnes norvégiennes (soit pour rester dans la même comparaison environ 760.000 francs) !

 

Kristoffer Koch, c’est le nom de l’heureux élu, en écoutant la radio, entendit que les médias s’intéressaient de nouveau à la monnaie décentralisée et qu’ils affirmaient qu’elle avait pris de la valeur…

Les chiffres avancés par les journalistes lui ont rapidement fait tourner la tête, sans qu’il s’imagine bien entendu l’ampleur de son retour d’investissement et c’est alors qu’il s’est rendu sur son compte "Bitcoin"…

Il a bien failli renoncer, après que l’accès lui fut refusé, à cause tout bêtement de l’oubli du mot de passe, qu’il avait utilisé à l’époque…

Fort heureusement son acharnement paya et après quelques heures de recherches, ses yeux roulaient en voyant la somme colossale qui était sienne.

 

Pour ma part, je n’avais rien investi à l’époque dans le "Bitcoin", mais je suis certain que si vous qui me lisez l’avez fait, vous allez dans la seconde, rechercher vos identifiants de compte et mot de passe, afin de vérifier si une bonne surprise ne vous est pas réservée…

 

Bonne chance !

 

PS: dépêchez-vous tout de même un peu, car d’ores et déjà nombre de pays envisagent de réguler le marché du ‘Bitcoin" ainsi que celui de toute monnaie virtuelle, avant d’en arriver à une interdiction pure et simple…

 

Les rêves sont hélas souvent éphémères et les contes de fées rarissimes.

Judiciaire : Alfred Dreyfus, Guillaume Seznec, Grégory Villemin… Jérôme Kerviel

Depuis que Stéphane Durand-Souffland, avec en appui Olivia Dufour, avaient enterré Jérôme Kerviel, il semblait improbable que la réputation de la direction de la Société Générale soit de nouveau mise en cause.
Oui, mais un trader-négociateur-arbitrageur, Olivier Z., a bizarrement dédaigné de débattre avec ce lirico spinto et cette alto bouffe de la chronique judiciaire pour se confier à la journaliste économique Martine Orange, de Mediapart.
Extrait : « Je ne comprends pas que la défense de la Société générale ait pu être acceptée comme cela… ».
La SocGen a pourtant reçu l’onction du chroniqueur du Figaro, ex-président de l’association des journalistes proches de la basoche, et de l’influente blogueuse de Marianne et de La Plume d’Aliocha

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