Tout le monde connait le principe de cette fameuse société américaine créée en 1971 par 2 professeurs et 1 écrivain, mettre a disposition du public du café de choix dans un espace se voulant convivial. Depuis son lancement à Seattle, elle n’a cessé d’étendre son empire. Des millions de tasses à des prix exorbitants sont vendues chaque année, dans un nombre croissant de pays. États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne Espagne, et en 2004, c’est la France qui s’enivre des arômes issus de la torréfaction.

 

L’enseigne, dont le nom rend hommage au roman Moby Dick,et la sirène, au monde marin, a transformé le café en or noir, comme quoi, le pétrole n’est pas le seul. Quatre décennies plus tard, Starbuck possède 18000 boutiques et une fortune estimée à plus de 8 milliards de dollars. Elle est devenue un des symboles de la mondialisation américaine tel que Mac Donald.

 

Starbuck est souvent la cible des altermondialistes car pour venir s’implanter dans de nouvelles contrées, elle profite de privilèges bien aberrants, faisant jaser dans ce contexte de "moralisation économique". Selon des récentes études, la firme n’aurait jamais payé d’impôt sur les bénéfices depuis son installation.

 

Le PDG, Howard Schultz, continue de signaler des pertes alors que les comptes sont plus que positifs, serait-il un prestidigitateur? Certainement pas, il est simplement entouré d’une armée de comptables savant manier les chiffres pour dissimuler la verité budgétaire. Bien évidemment, Starbuck s’acquitte des taxes, des charges et des impôts ordinaires pour ne pas sombrer dans l’illégalité totale.

 

Il est certain que Starbuck n’est point déficitaire car elle donne des signes contraires à une entreprise vivant cette situation. Par exemple, elle ne cesse d’ouvrir de nouvelles échoppes. Selon les communiqués officiels, le trou se statuerait à 3 millions d’euros par an, rien que pour la France. Paradoxalement, le chiffre d’affaire croît annuellement, de 4,5 millions en 2004 à 72,7 en 2011, elle emploie près de 1000 personnes réparties sur 60 lieux de distribution. Des signes extérieurs de bonne santé.

 

Mais où a disparu cet argent ? Ce qui pourrait expliquer cela, ce sont les royalties imposées par la maison mère à chaque succursale. Tous les gérants doivent verser 6% de leurs recettes annuelles, ainsi qu’un acompte de 25.000 euros pour l’ouverture d’un bail. Cela est un véritable investissement mais il permet de profiter de multiples services mis à disposition par le Siège. Des conseils en design, accès a des machines spécifiques, des grains sélectionnés, etc. Outre les royalties, il y a des prêts usuriers du Siège envers les boutiques afin de les entretenir, avec des remboursements très élevés de 5%. C’est a dire 2 fois le taux que la Maison Mere emprunte aux banques, ce qui lui permet de dégager une marge non négligeable d’1 milliard d’euros.

 

En faisant transiter l’argent sans cesse, en utilisant ce système de techniques comptables complexes, Starbuck échappe à plus de 60 millions d’euros d’imposition, une manne qui file entre les doigts de l’Europe. Car ce procédé fonctionne dans tous les pays. En Angleterre, depuis 1998, son chiffre d’affaire est de 3,1 milliards de livres et ses impôts totaux payés sont estimés à … seulement 8,6 millions. Une incohérence qui a mis la puce à l’oreille de la très serieuse Her Majesty’s Revenue and Customs, supportée par les Travaillistes et les Conservateurs. Pire encore, Starbuck a basé ses comptes pour l’ensemble de son activité européenne, africaine et moyenne-orientale, aux Pays-Bas. Là où elle ne déclare que 73 millions de bénéfice et paie 500.000 euros d’impôts. Un geste aussi généreux que de donner une piécette à un miséreux dans la rue. Évidemment, la société dément et tente de se racheter une image en aidant les petites entreprises par le biais de subventions.

 

Starbuck génère un quart de ses revenus chez l’Oncle Sam, où elle persiste ses manigances afin de ne payer qu’un mininum d’impôt. Le bruit court qu’elle aurait un trésor de guerre estimé à 900 millions d’euros caché dans un paradis fiscal. Une terre ensoleillée où les billets plantés poussent tels des épis de blé. Un jardin merveilleux où les parcelles de Starbuck côtoient celles d’Apple, Google, Facebook, Microsoft, Amazone et d’autres champions toutes catégories de trucages fiscaux.