Depuis l’arrivée de Free et de ses forfaits « pas chers » (mais discutables), la guerre entre les gros opérateurs est déclarée. Alors qu’Orange et SFR semblent muets, on apprend enfin ce que prévoit Bouygues Telecom, selon Challenges (http://www.challenges.fr/high-tech/20121010.CHA1795/telephones-mobiles-comment-bouygues-telecom-se-defend-contre-free-et-ses-forfaits-low-cost.html).

 

Une nécessité bien réelle

 

Free a fait beaucoup de mal à ses concurrents : Bouygues Telecom a perdu plus de 400 000 abonnés et a vu chuter son résultat opérationnel de 81 M€ en une année. Son chiffre d’affaires pourrait même baisser de 20%, obligeant l’entreprise à prévoir un plan de départs volontaires de 556 employés. Les syndicats s’inquiètent car il faut avouer que ce plan pourrait ne pas suffire ! Il faut vraiment réagir pour ne pas couler.

 

Il est vrai que Free s’appuie sur un modèle économique dit des « coûts variables » alors que les autres opérateurs suivent le modèle des « coûts fixes », ce qui les oblige à investir des sommes énormes dans leurs réseaux. Free peut aussi baisser ses coûts en comptant sur un accord avec Orange qui lui permet d’utiliser gratuitement le réseau de ce dernier. Il y a aussi de nombreuses rumeurs sur les « arnaques » ou « offres mensongères » de Free, sans parler des points obscurs autour du déploiement de son réseau (voirhttp://www.come4news.com/free-moins-cher-gr-ce-aux-autres-operateurs,-mais-pour-combien-de-temps-879750). Autant d’avantages et de manœuvres qui permettent à Free de gagner beaucoup d’argent en baissant les prix tout en lui assurant que la concurrence ne pourra pas en faire autant (voirhttp://www.come4news.com/offre-free-arnaque-deguisee-204859). A cela s’ajoutent aussi des rumeurs d’appuis politiques et autres pour renforcer sa position (voirhttp://www.come4news.com/m6-et-free-la-deprogrammation-de-la-discorde-24635).

 

Une riposte en 3 parties

 

Tout d’abord, Bouygues Telecom s’appuie sur sa Bbox Sensation qui profite du câble grâce à un accord avec Numericable (qui appartient à des fonds de pension qui voudraient lui accoler SFR) et permet de proposer à ses clients des options avantageuses comme un WiFi nettement amélioré appelé « OptimiZair » et le cloud gaming pour jouer à des jeux vidéo sans avoir de console.

 

Tout cela a permis à Bouygues Telecom de voir son nombre d’abonnés augmenté de 40% entre 2011 et 2012, même si cette forte augmentation s’est accompagnée d’une dégradation notable de la satisfaction de la clientèle.

 

Ensuite, la carte de la 4G. Bouygues Telecom fait le forcing pour pouvoir utiliser sa bande de 1800 MHz ce qui lui donnerait une situation de monopole. En effet, cette bande de fréquences est la seule compatible avec l’iPhone 5, sorti le 21 septembre 2012, et qui s’est écoulé à plus de 5 M d’exemplaires en seulement 3 jours. Des chiffres qui le place toujours en tête des ventes de smartphones ce qui donnerait un avantage énorme à Bouygues Telecom. Orange fait donc tout son possible pour éviter cela car, même s’il possède lui aussi cette bande de fréquences, l’opérateur a décidé de l’utiliser pour Free ! L’Arcep (Autorisation de régulation des communications électroniques et des postes) devrait trancher dans les mois à venir. Affaire à suivre, donc.

 

Enfin, Bouygues souhaite développer son esprit numérique et le digital pour se développer plus rapidement et mieux communiquer avec ses clients. Pour celui, le groupe compte sur des cadres jeunes qui pourront peut-être changer la façon de diriger l’entreprise.

 

Olivier Roussat, Directeur Général de Bouygues Telecom, a donc de bonnes raisons d’espérer tandis que Xavier Niel de Free peut se faire du souci. Dans l’affaire, c’est Orange qui paraît avoir le plus à perdre tandis que Vivendi semble avoir des plans pour SFR mais n’a pas encore communiqué sur sa stratégie. Le petit monde des télécoms n’a pas fini sa mutation. On constate toutefois que cette guerre des prix se fait une fois de plus au détriment de la société : si le consommateur paraît gagnant car il paie moins cher, c’est au prix de nombreuses suppressions de postes ! Est-ce réellement un progrès ?