Alors que la deuxième édition du baromètre de l’entreprenariat d’Ernst and Young vient d’être publiée, la situation des entrepreneurs en France est toujours aussi critique.

 

Le récent baromètre de l’entrepreneuriat du cabinet d’audit Ernst and Young est formel : les entreprises sont moteurs de croissance et il est important qu’en France, entrepreneurs et ministres collaborent pour relancer l’économie en berne du pays. Le gouvernement semble, en apparence,  enfin l’avoir compris, et souhaite créer une école de l’entreprenariat, mesure malheureusement insuffisante pour relancer un secteur rongé jusqu’au os par une politique depuis trop longtemps castratrice économiquement parlant.

 

Les entrepreneurs sont aujourd’hui harassés de taxes et d’impôts en tout genre qui ne leur permettent plus d’innover ou d’attirer les investisseurs. La fiscalité en France est deux fois supérieure à celles des autres pays de l’Union européenne, une réalité qui n’incite pas les Français à la création d’entreprise. Le baromètre d’Ernst and Young met également en lumière un sérieux problème d’accès au prêt bancaire que 75% des entrepreneurs du pays considèrent comme de plus en plus fermé.

 

 

Pour ceux dont les connaissances parlementaires restent limitées et que le gouvernement n’aide pas, il reste l’émigration de leurs entreprises dans des pays qui ont compris l’importance de l’entreprenariat pour la croissance mondiale, à l’instar de l’Irlande, nouvel Eldorado des entrepreneurs de l’Union européenne.

 

« La France a peur des initiatives, là où la mentalité irlandaise est de foncer » analyse Grainne Barron, créatrice de ViddyAd, installée à Dublin. Aucune imposition pour les start-up durant leurs trois premières années, un contact direct avec le ministère, un sentiment d’être soutenu, épaulé, voilà ce qui attire les entrepreneurs (et les investisseurs) en Irlande et ce qui pèche clairement en France.

 

Le gouvernement français devrait réfléchir aux conséquences de ses choix fiscaux, non pas seulement sur sa notoriété auprès des Français, mais sur l’avenir des entreprises du pays. Dans un tel contexte, la création d’une « école de l’entrepreneuriat » apparaît plus comme un dernier pied de nez de la ministre des PME Fleur Pellerin que comme une aide aux entreprises. « Ce qui vexe en France est que la réponse est toujours ‘non’ avant de trouver un arrangement. La France perd aussi des opportunités en fustigeant ses jeunes », déplore à juste titre Mathieu Gorge, fondateur de Vigitrust exilé en Irlande depuis 17 ans.