La nouvelle star voguait sur un trip: « TF1 sort du corps de M6 ! » Toutes les critiques ne cessaient de dire que ce cru 2009 serait bon, parce que éclectique ! Encore aurait-il fallu que les candidats soient à la hauteur. Ce fut hier soir au Pavillon Baltard un véritable carnage, fort heureusementy , il avait quelques perles.

 

C’est bien ça le problème, qu’a fait le jury pendant les auditions ? Qu’a fait le public en virant sans état d’âme Yasmina et Antoine, mardi dernier? On ne déguste pas la musique là, on la torche sans même prendre le plaisir du goût.

Le goût parlons-en, le choix des chansons, sous entendu par Yoann, imposé semble néanmoins plaire à certain. C’est bien simple, vous avez deux camps, ceux des moins bons et ceux du « poil qui se dresse sur le bras » ! Qu’on se le dise, M6 a fait une overdose de rock les années précédentes, cette année c’est tout juste n’importe quoi.

 

Nous avons deux camps donc, ceux qui marchent sur les traces des enfoirés, des concepts star ac’ ou ceux qui nous livrent sur un plateau garnis un vrai concert tel qu’on le demande quand une émission se passe dans une salle de concert !

Dans le groupe « je ne sais pas quoi faire de mes jambes, de mes mains, je regarde le sol et j’essaie d’être compétitif » nommons ceux qui nous font presque du scolaire.

 

Thomas, Mélissa, Damien, Leïla et Yoann commencent déjà à toucher le fond. Trop profond pour Yoann, il a coulé et est éliminé au plaisir d’André Manoukian qui regrettait son choix avec son fameux ETC : Erreur Terrible de Casting. Rappelons que ETC est l’abréviation latine de « et les autres choses manquent ! » en effet, cette fine équipe ose regarder de front la caméra et se laisser lire dans leur yeux : « merde qu’est-ce que je fais là ? » Une voix peut être ? mais doit on rappeler que Baltard ce n’est pas une chaîne HIFI géante où il suffirait d’appuyer sur play !

Un vrai problème de partage d’émotions, d’énergie et de maîtrise de l’espace est à souligner.

 

Néanmoins cet espace nous lance en pleine face un vrai contenu. Un univers, un monde à part avec Soan. Généreux, sensible et délicat sous ses yeux charbonneux à la gothique. Style mieux travaillé, monsieur vient en smoking débraillé (philosophie oblige) et nous fait un vrai pied de nez en chantant "ma petite entreprise". Le comble pour un mec qui chantait encore dans le métro il y a quelques mois. Bashung nous a quitté il y a encore si peu, et son esprit devait néanmoins habiter Soan. Le corbeau sur scène nous a proposé une interprétation qui transpirait du Soan. Généreux, juste du phrasé, sensible et surtout désinvolte… dans la veine des rockeurs français qui savent jouer avec les mots tout en donnant un sens pertinent avec l’histoire. Chapeau bas l’artiste.

Il va falloir attendre la fin de la soirée pour se reprendre une belle claque. Et pourtant, la tentation zapping était palpable. L’entracte entre les bons était trop long. Les chanteurs concours très scolaires s’emmerdent sur scène, ils ont su nous transmettre ça au moins !

 

Et le rock revient de plus belle avec la brune aux lunettes ! Camélia-Jordana a la classe de revoir un classique de Blondy, supprimer les artifices et nous proposer un rock dans la trempe des années 80. La rock attitude, elle est tombée dedans gamine ? Le style, la voix, le choix de la chanson et l’interprétation nous laisse baba. La chose la plus étrange qu’elle ait réussit à nous procurer c’est du plaisir inexplicable. On ne peut définir ce qu’elle nous a fait. C’était bon, on en redemande encore… en même temps, ça s’écoute, ça ne se raconte pas. C’est peut être ça la clé de sa réussite !

 

Et enfin, Dale nous a proposé une interprétation de Joe Cocker  version sensuelle, chaleureuse et émotions garanties. Il nous a raconté une histoire avec une lueur dans les yeux. Humble, calme, à sa juste place, il transmet une énergie si particulière. A la frontière des classiques américains, il a un accent, une attitude du cœur de l’Afrique. Hier soir, il a du s’inspirer de son histoire en nous chantant une berceuse romantique. Il sait transformer la douleur en un bijou qui lui va si bien. Une super maîtrise, une grâce sans borne, un regard intelligent, une voix douce et feutrée nous donne l’impression d’être à un concert.

  

Paradoxe certain avec le clan des jeunes premiers qui se plante, manque d’humanité et de générosité. Très statiques, isolés dans le chant, cherchant continuellement à plaire, plutôt que de transmettre ou se faire plaisir, dessine un groupe peu sur d’eux, vaguant d’une mer à une autre au prix de quelques larmes. Philippe Manœuvre l’a pourtant dit « Baltard c’est à la dure » comme le ferait un croupier dans un casino en disant «  faites vos jeux » ! Entre ce clan et les pros de la scène, nous avons deux ovnis Lary et Madhi qui proposent des interprétations probantes et sans failles. La chaleur de leurs voix nous projette déjà sur le sable chaud des plages de cet été !

 

Ok, cette année c’est pas du rock à tout va, mais de là nous proposer des versions variétés pompant ! Maniérés pour quelques uns, hyper pro pour d’autres, au deuxième prime nous avons déjà nos quatre finalistes ! Attendons de voir la suite, nous ne sommes pas à l’abris de surprises… encore que…