La culture japonaise et du manga en particulier, a longtemps été mis de côté en France. Cette forme d’art illustré a souvent été ternie par un image peu flateuse. Trop violent, trop sexué, trop misogyne, abrutissant, sanglant, etc. Bref, que des adjectifs péjoratifs pour ces planches en noir et blanc. Le Club Dorothée, émission mythique pour les fans, a été le laboratoire de cette expérience nippone. Malheureusement, la politique a joué les troubles- fête. Une certaine Ségolène Royale, alors chargée des affaires familiales, ne comprenant pas la subtilité des dessins japonais et agissant comme une inquisitrice armée de bienséance, a essoré au maximum l’essence des histoires pour en laisser des œuvres complètement vide de sens.

Les années ont passé, le public s’est éveillé, le Soleil s’est levé sur la France. La japanimation séduit de plus en plus de fans depuis le début des années 2000. Afin de rendre hommage à cet engouement, depuis 12 ans, à Paris, a lieu la Japan Expo. Ainsi, le week end dernier, la Mecque de la culture nippone a ouvert ses portes de jeudi à dimanche. Pour sa treizième édition, on peut dire que nous sommes loin du salon un tantinet élitiste des débuts. Le show se déroule dans une salle nettement plus grande, le Parc des Expositions de Villepinte et non plus dans un sous sol de La Défense. On s’y sent moins oppressé et beaucoup plus zen. 

 

 

Pour y arriver, rien de plus simple, par voiture ou par RER. Pour les véhicules, un grand parking (payant) était prévu pour s’y garer, par transport en commun, on arrivait juste devant les portes, quelques marches à gravir, un petit détour par un hangar pour faire la queue (il faut prévoir une bonne heure d’attente) pour entrer dans le sein des saints.

 

 

Cependant, tous les visiteurs n’étaitent pas vernis de la même façon. Les plus chanceux ( et les plus fortunés, sans doute) avaient préparé la sortie bien des mois à l’avance en s’achetant les tickets Premium, des entrées privilèges avec de nombreux avantages tels que le coupe-file, l’accès pendant 4 jours, la consigne gratuite ou bien encore, des goodies. Les moins bien lôtis, la majorité, ont du se contenter du billet traditionnel vendu entre 12 et 17€, selon le jour.

 

 

La chose qui pouvait surprendre les non-initiés, ce fut tous les cosplayers venus pour l’occasion. Le cosplay, c’est la tendance qu’ont certains grand fans à se déguiser pour ressembler aux personnages de leurs séries préférées. Il faut avouer, la plus part sont assez ratés et n’ont pas l’élégance des costumes japonais. Pour simplifier, d’un côté, nous avons Tati et de l’autre Jean Paul Gauthier. Toutefois, mais c’est une minorité, il y a des merveilles de savoir faire et de minutie pour confectionner le plus fidèle des travestissements. On pouvait assister, comme chaque année, à des concours où le mimétisme était jugé par des jurys populaires, le tout dans la bonne humeur.

 

 

Les chaînes de télévisions spécialisées, Gameone et Nolife, étaient de la partie, on pouvait y croiser les animateurs phares, Marcus en tête. Véritable archéologue des productions vidéoludiques, l’Indiana Jones des joysticks aimant dépoussiérer et faire connaître les merveilles du passé. Chacunes avaient son stand où se faisait la promotion des émissions, la vente de goodies et des concours. Par exemple,un voyage au Japon, pour deux personnes, était le gros lot d’un tirage au sort.

 

 

C’était d’ailleurs ces étals promotionels qui occupaient la plus grande partie de l’espace. On y retrouvait ceux des éditeurs de mangas, Glénart, Pika, Sakka, Ki-Oon ou encore Kana, puis de DVD, Déclic et Dybex. Tous présentaient leurs nouveautés, leurs classiques et des produits dérivés. On pouvait noter un bémol, pas assez de rabais sur les prix et pas assez de petits cadeaux, comme c’était le cas auparavant. Les séries geeks comme Les visiteurs du futur ou Hero Corps, figuraient elle aussi à l’appel.

 

 

L’aspect mercantile a pris le dessus, outre les films, les mangas et les séries, on trouve plethores d’objets décoratifs. En échange de quelques euros, on pouvait repartir avec des sabres, des masques, des vêtements, des porte-clefs, du papier à lettres, des figurines ou encore des artbooks à l’éffigie de One Piece, Naruto ou bien Bleach.

 

 

Dans une partie de l’exposition, la Culture pouvait s’exprimer. Arts martiaux, accompagnés de démonstrations, arts guerriers traditionnels, à l’instar du Kyodo, armures de samourais, musiques folkloriques, caligraphie, ont divertis des milliers de badauds baguenaudant dans les allées bruyantes, mais sympathiques, du Parc. Les artistes en herbe pouvaient faire parler leur talent dans des ateliers de dessins, les plus beaux étaient affichés dans certains coins du site pour en faire des fresques hétérogènes. Les jeux vidéos, éléments indéniables de la geek-culture, ont déballé le grand jeu avec des bornes rétro et des échantillons de leurs nouvelles montures à sortir dans les mois qui suivent.

 

 

Finalement, on arrive à ce pourquoi, des dizaines de milliers de personnes ont bravé terre et pluie pour assister à ce spectacle : les dédicaces. Cette année la grande star de la Japan Expo, c’était Naoki Urasawa, le nouveau dieu du manga, auteur de Monster, 20th Century Boys et Pluto. Le maître a donné une conférence dans un calme religieux et à procéder à plusieurs séances de dédicaces. Il fallait être chanceux pour avoir droit à une signature, les heureux élus étaient tirés au sort. Outre Urasawa, bien des artistes ont affuté le stylo pour contenter les fans durant ces quatre jours.

 

 

Pour tous les amateurs de culture nippone, ses rangs s’épaississent progressivement, la Japan Expo était belle et bien LA convention à suivre. Elle a pris tellement d’ampleur qu’elle parvient à faire venir des grands noms du domaine. La « Japan » est à l’image de l’ampleur du manga dans l’Hexagone, de plus en plus populaire et de plus en plus forte, il ne faut pas oublier que la France est sa deuxième patrie, derrière la maison mère japonaise.