Lors d'une exposition d'art religieux qui se déroulait à Sydney, en Australie, deux œuvres ont suscité la polémique. La première, une statue intitulée « Virgin Mary in a burqa » (la vierge Marie avec une burka) et la seconde, un hologramme intitulé « Bearded Orientals » (Orientaux barbus).

La première œuvre, la vierge Marie avec une burka, est, comme son nom l'indique, une statue de la vierge Marie recouverte d'une burka, ce vêtement qu'utilisent les femmes musulmanes pour se couvrir le corps de la tête aux pieds en ne laissant qu'une petite ouverture grillagée à la hauteur des yeux. La polémique ne vient pas tant de la burka, que du tissu bleu utilisé, celui-là même que les femmes afghanes étaient obligées de porter durant la dictature des talibans.

L'artiste a-t-il voulu montrer que la vierge Marie était solidaire de toutes les femmes, et qu'elle faisait sienne la détresse des Afghanes ? En tout cas, ce n'est pas ainsi que l'interprètent les catholiques australiens qui voient plutôt dans cette œuvre une tentative de réappropriation, comme si les musulmans voulaient montrer au monde que la mère de tous les catholiques est née au Moyen-Orient.

 


La seconde œuvre mise en cause est un hologramme qui représente, selon l'angle d'où on la regarde, soit le portrait classique de Jésus-Christ, soit le visage de Ben Laden. Évidemment, si l'on s'en réfère au titre de l'œuvre, Orientaux barbus, elle ne fait que montrer deux visages d'Orientaux portants la barbe. Mais l'on comprend bien la stupéfaction des visiteurs voyant se transformer le visage du Christ en celui de Ben Laden, stupéfaction qui se transforme vite en cris scandalisés ! Après les célèbres caricatures de Mahomet qui ont enflammé le Moyen-Orient, il est bon de se poser la question si les artistes ne devaient pas par moment freiner leur inspiration pour respecter les différentes croyances religieuses. La liberté d'expression peut-elle vraiment tout justifier ?