Les années 1980 devaient être, selon le magazine Actuel, « technologiques et gaies ». Les années 2009 à 2012 seront, dès la rentrée de septembre, selon le Laboratoire européen d'anticipation politique, carrément nauséeuses et surtout brutales. En cause : les pratiques financières et industrielles, mais aussi l'agouvernance des dirgeants du G8 et du G20.

 

Ils ne jouent pas les Cassandre, les chercheuses et chercheurs de ce Laboratoire européen d'anticipation politique qui publient leur Global Europe Anticipation Bulletin. Ce laboratoire bénéficie tout simplement de remontées multiples des entreprises, des universités, des administrations du monde entier. De toute façon, la plupart des informations utiles pour anticiper les crises sont publiées ça ou là. En revanche, pour savoir les traiter aux dépens de ses propres intérêts, il n'y a pas grand' monde. Le LEAP (qui se prononce en anglais comme le mot français pour un saut), n'avait certes pas été le seul organisme a annoncer, dès 2006, l'effondrement actuel de la finance mondiale. D'autres chercheurs ou observateurs, rares il est vrai, étaient arrivés aux mêmes conclusions. Et de fait, tout le monde savait mais personne n'a eu le courage de jouer contre son camp, ses revenus, ses mandants.
En s'augmentant copieusement dès son accession au pouvoir, Nicolas Sarközy savait qu'avec l'hyperinflation qui semble être déjà à certains dirigeants la seule manière envisageable d'éponger la crise, il fallait prévoir large. Et il sait sans doute que l'injection de fonds toujours plus lourds dans le tonneau des Danaïdes des puissances financières et industrielles qu'il représente et ont favorisé son accession au pouvoir est vaine. Tout comme le savent pertinemment les dirigeants des G8 et G20 pour qui l'important est de durer et de faire semblant.
Que dit en substance – et ce depuis désormais un trimestre – le LEAP ? Simple, la rentrée de septembre, à la suite de l'effondrement renouvelé de centaines d'établissements financiers, de l'état de cessation de paiements des États-Unis et du Royaume Uni, va être violente, brutale, meurtrière. Au sens propre, soit qu'on tirera dans la foule, dans les foules, qu'on pourra ou non contenir. Dans les pays où les armes sont disponibles à presque tout un chacun, il n'est pas sûr que les gouvernements tiennent le choc, que l'« anarchie » ne s'installera pas. Dans ceux où on crèvera de faim, évidemment, comme dans les campagnes chinoises, improviser des armes de fortune ne suffira sans doute pas à reverser des pouvoirs prédateurs et prêts à tout pour se survivre.

Je noircis le tableau ? À peine. Il n'est nul besoin d'être abonné (200 euros, alors que ses placements en banque reposent sur du vent, c'est lourd pour un particulier) au bulletin GEAB du LEAP pour saisir l'essentiel. Les prévisions de croissance pour 2010 et 2011 aux États-Unis sont fallacieuses, Obama sait que son budget est un trompe l'œil, qu'il gagne seulement un peu de temps pour la crédibilité de sa caste politique tout en en faisant perdre à ses concitoyens. Les États-Unis sont bel et bien entrés en récession et le Royaume Uni devra tout aussi faire appel au FMI car les deux économies reposent désormais sur du vent…

D'habitude, les chercheurs ne vont l'annoncent pas aussi crûment que ci-dessus. Là, le langage est à peine châtié, édulcoré. Le LEAP écrit en effet de la sorte : «  À la veille de l'été 2009, la question de la capacité des États-Unis et du Royaume-Uni à financer leurs déficits publics désormais incontrôlés s'est imposée comme la question centrale dans le débat international, ouvrant de ce fait la voie au double phénomène d'une cessation de paiement des États-Unis et du Royaume-Uni d'ici la fin de l'été 2009. »

Encore une couche ?  « Du fait de l'absence de traitement de fond des problèmes à l'origine de la crise, nous considérons que l'été 2009 va voir la convergence de trois « vagues scélérates » particulièrement destructrices qui traduisent la poursuite de l'aggravation de la crise et vont provoquer des bouleversements historiques d'ici les mois de septembre-octobre 2009. Comme c'est le cas depuis le début de cette crise, chaque région du monde ne sera bien entendu pas affectée de la même manière… ».

Ce qui se traduit par : vagues de chômage massives (multiplication des taux actuels), vagues déferlantes « de faillites en série » (tous les secteurs, tous les domaines, faillites des États, des régions, des villes – c'est le cas de la Californie déjà – et des entreprises de la bancassurance et de l'industrie, mais évidemment aussi de multiples entreprises de services sous-traitantes). La cata prévisible, annoncée, mais que, pour ne pas déplaire aux financiers et aux industriels, les dirigeants des pays industrialisés ne veulent pas exposer si tôt, si vite, car ils ne sont pas en mesure de mettre au pas celles et ceux qui ont financé leurs élections respectives ou leur maintien au pouvoir.

L'effondrement de la valeur des Bons du Trésor américain, de l'USD et de la livre sterling semble inéluctable au LEAP d'ici quelques semaines. Le retour de l'inflation, par la fuite en avant dans le désastre, semble la seule voie logique que sont capables d'envisager les dirigeant·e·s politiques. Ce, au mépris des intérêts des épargnant·e·s qui pensaient pouvoir survivre à une, deux, trois voire quatre années de chômage massif, et on cru ces dirigeant·e·s leur conseillant de faire confiance à leurs mandats, la finance internationale.

Pas besoin de traduction, le langage employé est très clair. « les entreprises ne voient aucune amélioration à l'horizon et accroissent leurs licenciements, des états de plus en plus nombreux vacillent sous le poids de leur dette accumulée pour « sauver les banques » et devront assumer une déferlante de faillites dès la fin de l'été. À l'image des banques, d'ailleurs, qui, après avoir soutiré encore une fois l'argent des épargnants crédules grâce à l'embellie des marchés financiers orchestrée ces dernières semaines, vont devoir reconnaître qu'elles sont toujours insolvables dès la fin de l'été 2009. » Le grand emprunt national Sarközy ne sauvera pas les banques, ni des pans industriels entiers, mais il permettra sans doute aux plus grands dirigeants et aux plus forts détenteurs de capitaux d'accumuler assez à temps pour faire face à l'inflation galopante et maintenir un train de vie, sinon aussi effréné, du moins plus que confortable.

« Pendant que les grands investisseurs des monarchies pétrolières ou des pays asiatiques , profitant de l'aubaine, sortaient du capital des banques en question, une multitude de nouveaux petits actionnaires y entraient pleins d'espoir. Quand ils découvriront que les remboursements de fonds publics ne sont qu'une goutte d'eau par rapport à ce que ces mêmes banques ont obtenus en terme d'aide public (notamment pour garantir leurs actifs toxiques) et que, d'ici trois à quatre mois au maximum (comme analysé dans ce GEAB nº 36), ces mêmes banques seront à nouveau sur le point de s'effondrer, ils constateront, impuissants, que leurs actions ne valent à nouveau plus rien. ».

Or, déjà, 76 % des Européen·ne·s ne croient plus aux fables de leurs dirigeant·e·s et pensent que la crise perdurera au-delà de 2012. Et comme elles et ils ont raison ! Le problème va être de leur faire avaler qu'il faut réinjecter encore et toujours de l'argent public dans la bancassurance. On comprend que les personnels de ce secteur souscrivent à ce projet désastreux pour l'ensemble des salarié·e·s, des petites et plus grandes entreprises.

Où on peut diverger fondamentalement avec le LEAP, c'est quand il dédouane pudiquement les politiques de leurs responsabilités. Ils auraient été « intoxiqués par les financiers ». Allons donc ! Si les politiques ont enfoui « sous des masses immenses d'argent public » les problèmes, ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient, ils étaient totalement inconscients ? Ne serait-ce pas plutôt qu'entre politiques et financiers il y a communauté d'intérêts, connivences multiples, et qu'ils passent d'un monde à l'autre et inversement ? C'est particulièrement vrai en France ou l'Éna fournit tant la banque que les assurances que les grandes industries que les ministères cruciaux, où les avocats d'affaire sont partout aux affaires et aux commandes de l'État…

« Pour des centaines de millions d'habitants d'Amérique, d'Europe, d'Asie et d'Afrique, l'été 2009 va être une terrible transition vers un appauvrissement durable du fait de la perte de leur emploi sans perspective d'en retrouver un avant deux, trois ou quatre années; ou du fait de l'évaporation de leurs économies placées directement en bourse, dans des fonds de retraite par capitalisation ou des placements bancaires liés à la bourse ou libellés en Dollar US ou en Livre britannique; ou bien du fait de leur investissement dans des entreprises poussées à attendre désespérément une embellie qui ne viendra pas avant longtemps. ».

Et va-t-on refaire le coup du « on ne savait pas » mais « sauvons l'unité nationale » et inventons soit un front républicain contre la menace d'une peste brune issue de fait du même monde (Marine Le Pen est avocate) ou une ultra-gauche ultra-menaçante ? Un Cohn-Bendit, un José Bové, une Èva Joly viendront-ils dédouaner les Hollande, Jospin, Royal, Sarközy, Copé, Villepin et consorts de leurs responsabilités ? Dire : ils ont fait ce qu'ils ont pu, il faut retrousser les manches, se souder autour d'eux ?

Le LEAP compare les trois facteurs à l'œuvre à des vagues scélérates et l'inertie des commandants de bord à une cécité qui ferait qu'on écoperait devant soi pour rejeter l'eau par derrière dans la cale. Rappelons que les vagues scélérates « peuvent atteindre des hauteurs de crête de 30 m et exercer une pression allant jusqu'à 100 tonnes/m². Or, aucun navire n'est conçu pour résister à une telle pression. ». En fait, les dirigeant·e·s ne sont plus à bord depuis longtemps, mais déjà bunkérisé·e·s loin des côtes.

Mais pas toutes et tous. Les officiers généraux de certains pays, s'ils n'étaient plus payés, finiront bien par se rendre compte qu'ils sont cernés par des troupes ayant des familles à faire survivre. Si, actuellement, dans les pays de l'est européen, en Ukraine, Russie, Géorgie, on réalise l'alliance du sabre et du goupillon pour prêcher en chaire que ne pas rembourser ses dettes, c'est grand péché, quand on est plongé dans l'incapacité totale de rembourser, les damnations présentes font oublier l'éventuelle damnation éternelle. Les églises n'ont jamais longtemps tenus des fidèles aux ventres affamés. 

« Au Royaume Uni, en Europe et en Asie, les mêmes causes produiront les mêmes effets. La « raison d'État » est depuis toujours l'excuse la plus simple pour justifier toutes les spoliations. Et les crises graves sont propices pour invoquer la « raison d'État ». ». Rappelons que certains emprunts d'État français, s'ils ont été favorables à qui pouvait souscrire (emprunts Pinay et Giscard) mais très défavorables aux contribuables. Rappellons aussi que d'autres ont été épouvantablement défavorables aux souscripteurs mais tout de même peu favorables aux contribuables (qui ont bien dû lâcher un peu de lest aux miséreux que l'État avait lésés et spoliés).

La Réserve fédérale américaine a relancé la planche à billets, l'Allemagne ne parvient plus à placer ses propres bons de trésorerie (l'équivalent des bonds du Trésor que l'on acquiert dans les trésoreries générales en France). 

81 % des Européen·ne·s considèrent que les États-Unis n'arriveront pas à emprunter de quoi éviter la faillite de l'administration américaine, selon un sondage GlobalEuromètre. Va-t-on leur faire croire que la poursuite d'une politique à l'américaine, consistant à ne pas sanctionner l'univers financier, et à conforter toujours et en dépit de l'évidence ses dirigeant·e·s, est la solution ? Comment accorder encore le moindre crédit aux gesticulations des Sarközy ou des Berlusconi,  des Jean-Claude Juncker (président de l'Eurogroupe), des José Manuel Barrosso (Commission européenne) ?

Mais on va nous faire le coup de l'unité nationale et déjà, un Cohn-Bendit verrait bien un François Fillon à la tête de la Commission européenne. Or ce n'est pas en laissant la Sncf devenir « une entreprise comme les autres », comme le préconise François Fillon, ce n'est pas en transformant la Poste en SA, comme l'entérine François Fillon, et en pressurant les ex-usagers, qu'on fait face à une crise systémique. Le même Cohn-Bendit, parlant de Sarközy, se déclarait favorable au « Nicolas » qui déclarait, en juillet 2008, « et au sein d'une assemblée convaincue, que l'unanimité tue la démocratie, et il avait raison… ».

Il ne suffira pas de prôner l'unanimité à des chômeurs de longue durée, à des précaires depuis déjà des décennies, qu'il faut encore retrousser les manches, être encore moins rétribués (pour beaucoup, les revenus n'ont fait que régresser depuis le début des années 1980 tandis que le prix de certains biens de consommation très courante était multiplié par quinze ou seize). Un Cohn-Bendit pourra bien prêcher la raison d'État aux côtés d'un Fillon, il ne restera pas longtemps crédible. Il faudra bien qu'un Jospin pour qui « l'État ne peut pas tout » comprenne que, justement, continuer à payer des retraites à des Jospin, des Rocard, des Chirac, est au-dessus des ressources de l'État.

Que dira un Cohn-Bendit qui déclarait crânement : « Face aux Chinois qui quotidiennement mettent en taule, torturent, l’UE ne dit rien, comme l’UE n’a rien dit quand le Président russe Vladimir Poutine venait d’arrêter des tas de manifestants qui demandaient l’égalité sociale… » (déc. 2008) quand les Chinois se délesteront de leurs USD et que des Européennes et des Européens demanderont l'égalité sociale ? 

Les dirigeant·e·s français·e·s n'auront pas tous les jours un Bambi décédant pour faire pleurer dans les chaumières et passer s'appitoyer devant les caméras.

Une Coupe du monde de football ne suffira sans doute plus à servir de dérivatif, en dépit des énormes sommes consenties par les États, les collectivités territoriales, les entreprises pour financer toujours davantage ce qu'un Alain Minc qualifie de « gigantesque dérivatif qui nous éloigne des préoccupations du quotidien, du risque de chômage et des difficultés du pouvoir d'achat ? » (Direct Soir, p. 2, 30 juin 2009, dans un billet où Alain Minc se garde bien de désigner qui favorise ce dérivatif et à quelles fins). 

Reste un faux espoir. Que le LEAP se soit trompé, ait trop anticipé. En effet, en 2006, il prévoyait une crise mondiale « anticipée pour la fin mars » et une forte baisse du dollar. Ce n'était que logique. Il semblait invraisemblable à ces chercheuses et chercheurs que la finance mondiale allait agraver encore la crise pour la masquer et prendre un maximum d'argent avant de faire faillite. C'est bien ce qui s'est produit, la chute a été plus dure encore pour les non-initiés. Il peut sembler à présent invraisemblable que les chef·fe·s des États vont encore agraver les déficits, jeter encore quelques mois de la poudre aux yeux. C'est sans doute ce qui se produira. Mais cela ne changera rien de fondamental. Que l'effondrement se produise en septembre, en décembre 2009 ou en avril 2010, il se produira. Des dirigeant·e·s cèderont peut-être leurs semblances de pouvoirs de plus ou moins bonne grâce, les poches un peu plus pleines, elles et ils auront amplifié le déluge à leur profit à celui auxquels ils rendent vraiment compte (jamais aux électrices et électeurs, de fait, car la cure d'opposition n'entame pas formidablement leurs revenus). Mais le déluge se produira. On changera les membres de l'orchestre à bord du Titanic, on modifiera les partitions (et les indices boursiers, et les modes de calcul des bilans des banques…), et des chercheurs polis, des Attali viendront nous dire qu'il ne faut pas se livrer à des chasses aux sorcières. Pensent-ils ainsi pouvoir surnager ?

On se demande si le LEAP, en amnistiant par avance les politiques, ne fait pas comme eux. Soit prévenir que ces politiques le fassent taire, lui coupent toute ressource, sanctionne par des mises au placard, voire à la retraite d'office. LIre ce qui suit laisse perplexe : «  les quantités astronomiques de liquidités injectées en une année dans le système financier mondial, et en particulier dans le système financier américain, ont conduit l'ensemble des acteurs financiers et politiques à une perte totale de contact avec la réalité. De fait, à ce stade, ils semblent tous atteints du syndrome de l'ivresse des profondeurs – qui déclenche chez ceux qu'il affecte une impossibilité à se repérer dans les profondeurs marines et les conduit à s'enfoncer toujours plus profondément en croyant en fait remonter vers la surface. L'ivresse des profondeurs financières a visiblement les mêmes effets que son homologue aquatique. » Ne serait-il pas plus honnête d'écrire : « noyons-les au plus vite, ils vont nous entraîner encore plus profond à leur suite ? ».

Le 3 juillet 2009, Barrack Obama confiait à l'Associated Press que la profondeur abyssale de la dette léguée par Cheney, Bush, Halliburton et consorts (avec l'appui de nombre de démocrates ayant l'ayant ensuite fait élire pour tenter de rester en place), l'empêchait de dormir. Et AP de poursuivre : « L’envolée prodigieuse de la dette, ces derniers mois, a fait surgir un problème dont nous ne doutons pas qu’il fut considérable: l’“horloge” comptabilisant la dette publique, installée dans Times Square en 1989, a dû être modifiée, restructurée si l’on veut, parce qu’elle était à court de chiffre lorsque la dette a passé 10 000 milliards d'USD – ce qui indique au fond qu’il n’était pas concevable à ceux qui la mirent en place, en 1989, qu’on pût jamais atteindre ce chiffre… ». Obama ne dort pas. Mais il mange.

Je me souviendrai toujours de cette réflexion, devant le tombeau de Lénine, d'une jeune Russe avec laquelle je longeais les murs du Kremlin. « Et pendant ce temps-là, disait-elle de Gorbatchoff, derrière ces murs, lui, il mange. ». Ce « temps-là » était celui où, dans les magasins d'État, il n'y avait plus à vendre que quelques boîtes largement périmées de purée d'aubergines. Obama veille, Sarközy s'agite, Carla Bruni chante, Cohn-Bendit converse… Déjà, en France, souvent, pour des centaines de milliers de personnes, de nationalités française ou étrangère, en situtation régulier on non, on s'arrange encore pour manger avec trois à six euros par jour. Demain ? Hier, Martin Hirsch proposait « un capital et un revenu garanti pour les jeunes en difficulté » qu'il sait pertinemment qu'il ne pourra pas plus financer que Fadela Amara ses aides aux banlieues ou Christine Boutain ses logements aidés. Le 6 juillet, il assistait au premier versement du RSA à la CAF de Lille. Il y aurait déjà 45 000 personnes bénéficiant ou pouvant – théoriquement – bénéficier du RSA pour la seule ville de Lille. Il n'est pas sûr que l'emprunt Sarközy puisse financer l'intégralité du RSA à venir, alors, pour relancer l'économie, ne rêvons pas…