On les voit, on les croise de temps en temps, on les regarde, on dirait qu’ils ne sont pas pareil que nous, mais c’est peut être nous qui sommes différents? On se dit qu’ils sont bizarres..

Malgré les grosses avancées grâce aux lois 2002, 2005, les esprits restent rétrogrades face au monde du handicap mental.. Une maison d’accueil ne peut s’ouvrir sans que les futurs voisins n’aient peur, soient inquiets.

Il manque environ 40000 place d’accueil pour ces personnes en France mais cela passe après dans les médias, après la vie sexuelle des nos politiques, après les acteurs "belgo-russses", après les "allo quoi, tu n’a pas de shampoing", après tout un tas d’inepties comparables a rien d’autre qu’une grosse diarrhée soit disant informative ou divertissante. Il serait peut être temps d’apporter de l’intérêt et de l’importance à ceux qui le méritent!!!!

Travailler dans le monde du handicap mental, c est réaliser qu’à côté de nos insignifiantes préoccupations, certains ne peuvent pas accéder aux actions les plus simples.Comment réagiriez vous si demain vous ne puissiez plus aller au wc tout seul? choisir votre programme TV? que les mots qui veulent sortir ne le puissent plus? Que le français vous paraisse du chinois ou que votre langue refuse de rester à l’intérieur de votre bouche?

Travailler dans le monde du handicap, c’est réaliser qu’encore plus que les mots, les gestes, mimiques ou encore balbutiements ont une signification. Joseph ne sait peut être pas parler, mais il communique quand même grâce à ces petits cris, grognements, regards, tantôt noirs, tantôt rieurs.Evelyne ne dit qu’un mot sur deux dans ses phrases, un peu comme si il y avait un mauvais réseau, mais ses éclats de rires eux sont bien audibles! Et Dimitri, qui pour dire qu’il est heureux de nous voir, tend la main avec un grand sourire en criant un "counasse" retentissant? 

 

Travailler dans le monde du handicap mental, c’est réaliser que la nature est ainsi faîte, tout le monde est différent mais doit être accepté et intégré.. Christine a un oeil au niveau du front et l’autre pas très loin de la bouche, pas pratique pour les lunettes, mais les larmes qui y coulent quand elle n’arrive pas à faire ce qu’elle veut sont aussi salées que les nôtres…

Travailler dans le monde du handicap c’est réaliser que la vie est bien la, avec ses joies, ses peines, ses difficultés, ses éclats de rire, et se rendre compte qu’il y a encore tant d’avancées à mettre en place.

Hommage à tous les travailleurs de ce secteur, mais surtout à tous ces hommes et ces femmes un peu différents, mais tellement vivants…