Le regard perdu, l’air résignée, de sombre vêtue, c’est une Clotilde Reiss probablement exténuée par tant de jours d’interrogatoire qui s’est présentée devant le Tribunal révolutionnaire iranien, ce samedi. D’entrée de jeu, comme pour mettre fin à son cauchemar qui dure depuis le 1er juillet, la détenue de la prison d’Evine à Téhéran, avoue. Elle avoue tout et demande pardon. « J’ai écrit un rapport d’une page et je l’ai remis au patron de l’Institut français de recherche en Iran qui appartient au service culturel de l’ambassade de France».

 

De surprenants aveux, résonnant comme une gifle, pour un gouvernement français qui, il y a quelques semaines encore, qualifiait de « hautement fantaisistes» les accusations d’espionnage dont faisait l’objet la jeune femme. Il n’en fallait pas plus à la presse conservatrice iranienne pour déchaîner ses foudres sur l’Occident, tenu responsable des manifestations anti-Ahmadinejad. A ce propos, des «diplomates britanniques étaient en contact permanent avec le bureau de campagne de Moussavi», soutient le journal Kayhan.

 

 

 

En outre, l’étudiante passionnée par la culture perse, reconnaît avoir colligé des informations sur la situation nucléaire iranienne : « Dans le cadre d’un stage au CEA, où mon père travaille comme expert, j’ai rédigé un rapport sur les politiques en Iran en lien avec l’énergie nucléaire.» Mais à sa décharge, ces informations datant d’il y a deux ans, ne proviendraient que de sites internet, sans plus. Cependant, l’opacité du programme nucléaire iranien en fait un sujet sensible, voire tabou qu’importe la façon de l’aborder. A ce titre, rappelons qu’en juin dernier, suite à la démission de Gholam Reza Aghazadeh de l’OEAI, des sources anonymes laissèrent alors entendre que ce départ était en lien avec un accident nucléaire à Natanz. Ce qui, à ce jour, n’a pas été confirmé, d’aucune façon.

 

Reiss a-t-elle délibérément offert ses services à quelque agence d’espionnage, ou n’est-elle victime que de sa propre curiosité ? «Je voulais voir ce qu’il se passait (…) mes amis et ma famille étaient inquiets, je leur envoyais des mails pour leur dire que les rassemblements étaient calmes.» a-t-elle confié.

 

 

Clotilde Reiss, de même qu’une dizaine d’autres accusés sont actuellement poursuivis par la justice iranienne. Outre la jeune française, des ressortissants britanniques font également face à une peine de cinq ans de prison, voire la peine de mort s’ils sont reconnus coupables d’être des «ennemis de Dieu»…

  

Source : lepoint.fr

 

Vous pouvez signer la pétition demandant la libération de Clotilde Reiss, en cliquant sur ce lien .