Retraite à Paris ou à Marrakech. Que me dit l’immobilier ?

 

Marrakech plus cher que Miami. Des produits très bien emballés qui s’emballent

20.1.2011

 

18 à 20 % des Français ne passeront pas la retraite en France d’aprés les sondages mais pricipalement au maghreb ou dans les Dom-Tom. Finiront-ils pas fuir le pays en barque et à croiser les émigrés qui eux désirent pour certains encore rejoindre une France dans leur vision passées des trente glorieuses ? mais qui dit pays moins cher par le change est-il vraiment moins cher sur quelques secteurs, comme l’immobilier ? le Maroc attire, le pouvoir d’achat que les Français attendaient des promesses s’y trouve, puisque même le Président Français y passe régulièrement des séjours. 

Les pros du marketing vous diront tous que l’emballage d’un produit, sa présentation, la publicité et la communication sont aussi importants que le produit vendu, ce qui, avec l’habitude des années, ferait même oublier parfois la qualité réelle d’un produit acheté et consommé. Les jeunes ne portent plus un pantalon mais une marque ; on ne roule plus en voiture mais dans un sigle que l’on exprime et, par logique, l’on n’habite plus dans une maison mais à Marrakech. Tout est ainsi dit dans le nom qui s’imposerait comme carte de visite, mais en passant le doigt dessus, l’encre n’est pas toujours bien sèche. 

 

 

L’image de la chose est souvent plus grande que la chose. Le luxe ou le standing, le haut standing, ou le très haut standing, rien que pour attirer, sont des arguments que nous entendons depuis des années dans l’immobilier. Heureusement que la crise de 2008 a soulevé certaines choses ou arrêté les qualificatifs commerciaux, sinon nous verrions s’afficher aujourd’hui le “super extra très haut standing”… comme dirait Mr. Ahmed Taoufiq Hejira, ministre de l’Habitat du Maroc. 

 

“le Maroc a subi les effets de la crise financière internationale, qui s’est traduite par une crise de confiance, même si le Maroc n’était pas directement touché”  

 

Les experts le savent mais rarement les clients qui, au travers des chiffres et des images, achètent souvent ce qui relève de la psychologie plus que de la comparaison logique commerciale. Les spécialistes ne se cachent pas pour dire que les prix de l’immobilier sur Marrakech seraient surélevés de 50% au regard d’une norme économique et que, dans ce marché, la bulle n’est pas encore vraiment dégonflée, elle tente même de reprendre un air nouveau. Mais quand l’on observe outre-mer, plus au nord, un prix parisien frôlant parfois les 8000 euros le m², tout semble alors vraiment moins cher ailleurs, première erreur à ne pas commettre en arrivant sur une autre planète. Mais peut-on comparer Paris et Marrakech, la France et le Maroc, l’euro et le dirham ? 

 

Les experts et professionnels connaissent très bien le prix d’une brique, du ciment ou de la tonne de fer, et même si les matériaux augmentent ainsi que la spéculation sur le foncier depuis des années, les arguments restent étonnants et détonnants face aux produits vendus selon les secteurs géographiques de ce monde. Il suffit de jouer parfois au jeu des sept erreurs pour voir le décalage de prix entre un logement dit social et un logement dit de standing ; une question de présentation plus que de cahier des charges techniques, où le tadelakt, les zelliges ou le marbre remplacent le papier d’emballage. Tout ceci n’est pas raisonnable et même dangereux car cela bloque désormais de nombreux investissements plus sérieux que spéculatifs, de nombreuses constructions attendues, de nombreux emplois, eux aussi attendus, et demain la facture élevée entretenue par tous, du plus petit propriétaire d’un terrain aux plus importants promoteurs, sans oublier les clients spéculateurs de ces dernières années, tombera sur l’ensemble du pays. 

 

Diminuer les prix ou augmenter la qualité des constructions serait déjà une analyse à réaliser, mais la crise aurait été plus pédagogique et rapide envers les acheteurs étrangers et locaux que les bonnes résolutions d’un marché qui attend un leader pour donner l’exemple. Car en fin de compte, une maison ou une résidence est un produit utilitaire de premier ordre, le reste n’est souvent que du vent commercial, du placement, un casino dans le temps ; mais les choses vont vite pour faire comprendre à ceux ayant acheté entre 2005 et 2008 le bilan de leur achat, se remémorant que le casino reste toujours gagnant : pair, impair et manque… 

 

PH