Poissons : C’est l’hécatombe!

Un délicieux cocktail « soleil-chaleur » nous est enfin servi. Et nous sommes bien décidés à en abuser, jusqu’à l’enivrement.  Après avoir défailli d’impatience, après avoir frisé l’hyperventilation, nous mourons de chaud, et courons après les ventilateurs.  
Qu’importe, c’est la saison où jamais pour se sentir « comme un poisson dans l’eau ». Ou comme un corps sur une serviette, ou une tête dans la mer, ou un somme sous un parasol…
Pendant ce temps-là, partout en France, et en Europe, des poissons quittent l’eau pour l’au-delà en laissant derrière eux l’odeur nauséabonde d’une disparition inquiétante.
C’est l’hécatombe.

Début juillet : Des milliers de poissons morts dans un étang des Landes. Carpes, silures, anguilles… C’est la brasse coulée, avec à terme, une mort annoncée.
Le 26 juillet, c’est la Flume qui fut empoisonné, après avoir été empoissonnée… « Les sources potentielles de pollution épisodique sont générées par l’activité humaine »…
31 juillet : Roye, dans la Somme : Plus de 300 kilos de poissons sont morts dans un étang. Carpes, brochets, et autres vertébrés aquatiques ont été découverts, flottant à la surface d’une onde peut-être pas suffisamment claire…
Il y a quelques heures, en Wallonie, ce sont des milliers de poissons qui ont connu le même sort..   
Phénomène identique dans la lagune de Venise. 50 tonnes de poissons s’en sont allés…
La Suède n’est pas en reste et annonce des « mortalités massives et mystérieuses »… Pas si mystérieuses que ça, puisqu’on sait que c’est une usine proche qui aurait fait prendre à la rivière coulant dans le village de Lydestad, une couleur laiteuse… 
Continuons notre petit tour…  En Roumanie, c’et la rivière Bahlui qui est touchée… Là-bas, point de forte chaleurs, pourtant… Les autorités ont « constaté » et vont « enquêter »…
Sud-Est de Moscou : Le fleuve n’est plus qu’une vaste décharge. Des bouteilles y sont jetées… Mais flottent sans porter aucun message d’alerte… Les poissons se meurent dans la puanteur. Là-bas, c’est sûr, l’industrie se toise la nature.
Dans le même temps, Parc de Pittville, Gloucestershire, Angleterre : Des gardons sont morts en masse.  Idem dans un lac de Nottingham, où depuis 20 ans « on n’avait jamais vu ça »…  Dans la rivière Léa, on crie au manque d’oxygène.
En Irlande du Nord, c’est un virus (particulièrement virulent par temps chaud…) qu’on accuse d’avoir tué des stocks d’huîtres importants.
Partout, des poissons sont mis au trou et couverts de chaux vive.  On éradique les cadavres. Ouf ! Plus de traces, On a eu chaud !
Ni vu, ni connu. Enfin, si, puisque vous lisez cet article…
 
Après cette oraison funèbre, cette énumération macabre, nous sommes en droit de nous demander : Mais qui donc en veut aux poissons ? Serait-ce un compl’ eau… ?
 
Restons sérieux :
Les causes évoquées sont nombreuses et évidentes. Mais on préfère souvent se noyer dans des explications tellement vagues…. Qu’elles s’écrasent souvent sur les rives de l’incertitude…
Qui veut noyer le poisson reste à la surface des choses…

Changements climatiques, qualité de l’environnement, Modification du milieu naturel, pollution, températures élevées, pluies continues, anoxie, Développement massif d’algues ?…
 
Le fait est que lorsque qu’une certaine quantité de matières organiques est déversée dans une rivière, les bactéries présentes naturellement dans l’eau entrent en action. C’est un peu le principe d’une station d’épuration. Et l’on parle d’auto-épuration. Mais tout est question de dosage. Une petite rivière n’a pas un aussi gros estomac… En cas de pollution organique trop importante, les bactéries sont comme « dopées » par cet apport de nourriture, qu’elles vont consommer, en utilisant de l’oxygène…. Ce même oxygène qui manquera aux poissons !
 
L’eutrophisation : Ce phénomène se traduit par la prolifération des algues et des végétaux dans les cours d’eau. Il est provoqué en partie par la pollution organique ! Car si les bactéries la digèrent, elles provoquent la formation de nitrates et de phosphates, idéales pour les plantes aquatiques qui vont croître et se multiplier…    Gare aussi aux fumiers d’animaux, et aux engrais !
 
Que dire de la pollution toxique ? Insecticides, cadmium, arsenic, chrome… l’industrie rejette ses excès dans l’eau jadis pure de nos rivières…
 
Limpide, non ?