La vie des femmes au Pakistan: détruite par l’acide

 

Son nom est Shama, qui en hindi veut dire ‘bougie’ et elle affirme que son mari lui a brûlé la peau comme s’il s’agissait de cire. La jeune mère de quatre enfants est ‘seulement’ une victime parmi tant d’autres d’une pratique de plus en plus courante au Pakistan : la punition à l’acide.

De quoi Shama était-elle coupable? Selon son mari elle s’est trop vantée de sa propre beauté. ‘Mon mari et moi nous nous disputons assez souvent’ dit la jeune femme de son lit d’hôpital. ‘Ce soir-là, avant le coucher, mon mari m’a dit ‘tu es beaucoup trop fière de ta beauté’. Puis, en plein milieu de la nuit, il a jeté de l’acide sur moi et est parti en courant’. Quand il est parti, son mari a pris son téléphone portable pour qu’elle ne puisse pas appeler de l’aide. La jeune femme est restée avec des cicatrices permanentes et des brûlures sur 15% de son corps.

Bien que l’hôpital dans lequel Shama est internée soit une ruine totale, les médecins disent qu’ils sont des experts en ce qui concerne le traitement des femmes brûlées à l’acide. Surtout sachant qu’ils ont à faire toutes les semaines avec au moins un ou deux nouvelles victimes.

Les autorités prennent trop peu de mesures pour faire cesser ces attaques, disent ceux qui sont impliqués dans l’éradication de ce phénomène. ‘Même si l’attaquant est pris, il saura soudoyer les gardes et s’enfuir. C’est ce qui arrive dans la plupart des régions du Pakistan’ a déclaré Marvi Memon à la BBC, ancien membre du parlement pakistanais. ‘Il est difficile de convaincre la police de coopérer avec les femmes parce qu’ils ne sont soumis à aucune pression ou obligation pour le faire’ a dit Memon. Le Pakistan a déjà approuvé une loi autorisant la poursuite des maris auteurs de violence conjugale, mais pour y arriver il faut encore travailler sur la façon de transformer ces paroles en actes !

Il faut agir vite ! Des centaines de femmes subissent chaque année ce châtiment barbare ! Limiter la production ou règlementer la vente d’acide pourrait faire baisser ce nombre. Tant que les victimes ne sont pas des hommes, les autorités locales ne considèrent pas cela comme urgent….