Il y a quelques jours, ces affiches jaunes ont été distribuées à Bruxelles par « Amnesty International » afin de soutenir les membres du groupe controversé « Pussy Riot ». Trois jeunes femmes, membres de ce groupe, risquent actuellement une condamnation de 2 ans de prison chacune pour hooliganisme et incitation à la haine religieuse. Les autres sont activement recherchées.

                                                   

En bas de l’affiche on peut lire un commentaire suivant : « Aujourd’hui encore, la liberté d’expression est mise à mal. Pour leur prière anti-Poutine, les Pussy Riot ont été condamnées à 2 ans d’emprisonnement. Pourtant elles ne faisaient qu’exercer pacifiquement leur droit fondamental à la liberté d’expression. Exigez la libération des Pussy Riot et offrez-leur vos autographes sur amnesty.be/pussyriot »


Tout semble correct et en même temps ce message a quelque chose qui dérange. D’une part, le fait de venir cagoulé dans une église et crier « Sran, sran, sran gospodnia » (ce que l’on peut traduire comme "Merde, merde, merde du Seigneur") relève-t-il de la liberté d’expression ? D’autre part, on n’a pas l’impression que les « chanteuses » ont été arrêtées et risquent 2 ans de prison uniquement à cause de leur prière anti-Poutine.

 

En effet, ce n’est pas la première fois qu’elles s’attaquent au président russe. Déjà, le 20 janvier courant, après leur performance sur la Place Rouge avec la chanson intitulée "Poutine a fait dans son froc",huit participantes du groupe ont été arrêtées et condamnées à payer une amende. Ensuite, il y a eu encore quelques prestations tout aussi violentes mais tout aussi médiocres qu’insignifiantes.

  

 

Et voilà qu’après la "prière-punck" à la cathédrale du Christ Saint-Sauveur du 21 février 2012 (ci-dessus, version définitive) – une performance beaucoup moins violente mais tout aussi médiocre que les précédentes – trois solistes du groupe "Pussy Riot" ("Révolte de la chatte") se font arrêter le 14 mars 2012 et deviennent enfin célèbres. Cependant, la célébrité du groupe a un goût amer: les "chanteuses risquent jusqu’à 7 ans de prison. Que s’est-il donc passé? Pourquoi n’ont-elles pas été condamnées avant?

 

L’explication est simple. Cette fois, les "chanteuses" se sont attaquées à l’Eglise. A une Eglise, qui a accaparé la place de guide spirituel occupée jadis par les idéologues du Parti Communiste de l’URSS. Une telle prestation des "Pussy Riot" ne pouvait ne pas fâcher le haut clergé, et quand l’Eglise se fâche on sent l’odeur du bûcher…

 

Mais peut-on être certain que notre Eglise se serait mieux comportée? Déjà, elle garde le silence et ne se prononce point sur cette affaire. Comment savoir donc? Il y a tout de même quelques indices qui pourraient nous éclairer à ce sujet. Le 19 août courant, trois personnes ayant essayé de soutenir le groupe controversé en perturbant la cérémonie catholique dans la cathédrale de Cologne ont été reconduites dehors assez brûtalement et arrêtées, après quoi l’Eglise a porté plainte contre ces personnes pour "trouble à l’ordre public"et "atteinte à la liberté de culte".Une peine de 3 ans d’emprisonnement est prévue pour ce genre de délits. Copieurs va!