Voilà une proposition tout à fait surprenante du "redresseur démondialiseur", en effet, lorsqu’on entend par ailleurs le gouvernement et le président-normal s’opposer de manière virulente à la TVA sociale, sous prétexte qu’elle pénaliserait le pouvoir d’achat des français.

 

Ya t-il une cohérence entre toutes ces gesticulations et toutes ces déclarations de matamores ? 

A moins que ce ne soit déjà le symptôme de la fébrilité et de la versatilité d’un gouvernement fort désemparé devant les réalités économiques qu’il a feint d’ignorer si longtemps…

 

 

Ce serait génial si le gouvernement pouvait penser à une certaine continuité dans la conduite des affaires, en dépit des bascules électorales. La machine politico-administrative française, de droite comme de gauche a toujours eu une forte tendance à mettre son nez dans les affaires des entreprises. Sans préjuger du bien-fondé ou non de ces interventions, il ne faudrait pas oublier que les entreprises (privées ou non) ne vivent pas selon le rythme électoral, et en tenir compte lorsque le gouvernement prend des décisions qui impactent le devenir des entreprises.

 

 

L’ennui, c’est que les décisions ou les incitations prises répondent bien souvent plus à des préoccupations politiciennes ponctuelles plutôt qu’ à l’intérêt des entreprises, de leurs salariés et de leurs clients. L’exemple du rapatriement des centres d’appel téléphoniques (hotlines) sur le sol national en est un exemple flagrant : une mesure ponctuelle, annoncée à la hâte et sans réflexion sérieuse, tout autant destinée à stigmatiser la "mauvaise gestion" de l’équipe précédente qu’à hypothétiquement rapatrier quelques centaines d’emplois.

 

 

Le précédent gouvernement avait décidé d’obliger les opérateurs téléphoniques à offrir un support téléphonique gratuit (suite à des abus de tarification des opérateurs qui faisaient payer le temps d’attente), puis d’autoriser l’émergence d’un nouvel opérateur en accordant une licence à Free. L’arrivée d’un quatrième opérateur mobile a constitué un électrochoc pour les trois opérateurs déjà établis, Free ayant cherché à rapidement conquérir une part de marché significative par une politique tarifaire qui a déstabilisé le trio bien établi. Et que fait-on ? Sans attendre que le marché ne se stabilise naturellement avant de prendre d’éventuelles décisions de régulation fondées, on s’attaque à un aspect relativement ponctuel (les centres d’appel) sans se poser quelques questions de base : quel niveau de service aux clients, à quel coût, facturé comment et, question subsidiaire, quel serait le coût de cette volte-face ?

 

 

Mais, que ne ferait-on pas pour un peu de communication politique et pour montrer que l’on va faire quelque chose. Ces gesticulations coûtent cher au pays dont l’une des plaies constantes est l’insécurité réglementaire et fiscale qui incite les entrepreneurs français à établir ailleurs leurs nouveaux projets et les investisseurs étrangers à considérer avec une grande circonspection d’éventuels investissements en France.