Finish-him ! Tous les gamers se souviennent de cet ordre vociféré par une voix satanique légèrement digitalisée à la fin d’un combat hyper violent. Nous sommes au début des années 1990. La guerre fait ravage, les boutiques de jeux vidéo et les salons qui lui sont dédiés sont de véritables champs de batailles. La firme du plombier italien moustachu a longtemps agité la clef anglaise pour asséner le coup fatal au hérisson bleu à la vitesse super sonique. Le temps a fait son oeuvre et malgré ses épines, il n’a pu se protéger. Une page était tournée et une nouvelle ère put commencer. 

 

 

2012 n’arrête pas d’enchaîner les anniversaires symboliques, à l’image d’un pro du joystick enfilant les combos dans un jeu de combat. Mortal Kombat ( oui, oui avec un "k") souffle ses 20 bougies. Etant un invétéré des portraits et fan de jeux vidéos, l’occasion était trop belle pour que j’en brosse un de cette série mythique, pas toujours glorieuse, de l’art vidéo ludique. 

 

 

Des jeux de bastons, il y en a eu une foultitude dans l’Histoire du Jeu Vidéo, certains sont passés à la trappe, ont stagné dans les oubliettes pixelisées, pour que l’on ne se rappelle plus jamais de leur nom. Un bien pour les générations futures. Au contraire d’autres sont passés à la postérités et ont subi des déclinaisons à l’infini, tellement qu’ils pourraient faire rougir de honte un latiniste confirmé. Street Fighter peut se parer fièrement d’avoir connu plus d’une dizaine de versions. 

 

 

Nous sommes en août 1992, la déferlante Street Fighter II détruit tout sur son passage depuis 1991, les gamins ( et les plus âgés) n’ont foi que dans les « Hadouken » et « Sho-Ryo-Ken ». Il fallait donner du chalenge à la licence de Capcom. Midway courageusement se mit en travers de son chemin. Ed Boon, programmeur et game designer, John Tobias, le designer et graphiste, Dan Forden, responsable des sons et musiques et John Vogel, chargé des décors imaginèrent Mortal Kombat.

 

 

Immédiatement, le jeu a su trouver sa place en exploitant un univers totalement différent. A la fois, kitsch et ultra-violent, à l’image des Fatalities où, à la fin du combat, le joueur était invité à mettre à mort son adversaire par une mise en scène gore et sadique, les gamers sont séduits. Les graphismes basés sur du photo-réalisme et une nouvelle façon de jouer en utilisant 5 boutons pour placer des techniques déstabilisatrices assurent son succès. Niveau scénaristique, nous sommes au niveau d’un jeu de combat traditionel, le joueur est jeté dans une guerre sans merci entre l’Outre-Monde et le Royaume de la Terre. Le Mortal Kombat est un tournoi institué par des dieux oubliés, celui qui vaincra sera celui qui remportera 10 fois consécutivement la compétition. Goro, champion de l’Outre-Monde, est sur sa dernière lignée, il a déjà 9 titres à son actifs. Il faut l’arrêter, c’est notre rôle de joueur, nous avons sur nos épaules l’immense responsabilité de protéger notre monde contre les forces du mal. 

 

 

Devant des bonnes ventes, les studios sortent une suite. Le jeu est plus abouti avec des personnages supplémentaires, des techniques fatales inédites, telles que les Babylities où l’on transforme son ennemi en bébé geignard et des Friendship où l’on humilie le vaincu. L’histoire se place dans la continuité, Liu Kang vient de gagner, l’émissaire de l’Outre Monde, Shang Tsung, revient devant Goro la queue entre les jambes. Au prix de fortes négocations, son maître lui donne une seconde chance dans un corps revigoré. 

 

 

Dans le milieu des années 1990, sort le 3ème opus, les graphismes sont de toute beauté (pour l’époque), il y toujours plus de personnages, de finishings et les passages d’un décor à un autre durant les combat rendant les joutes beaucoup plus rythmées. Il s’enrichit d’une version améliorée intitulée «  Ultimate » avec tout son lot de surprises bien appréciables, surtout pour le prix que coutent les cartouches. La trame est comme à son habitude, très travaillée. Le vil Shao Khan rescussite son épouse, non pas part amour, mais pour pouvoir pénétrer dans le Royaume de la Terre et le mettre à mal en passant outre les règles du Mortal Kombat. 

 

 

A l’aube des années 2000, la 4ème déclinaison sort dans les bacs. L’amertume est au rendez vous, les personnages et les décors en 3 dimensions et l’introduction d’armes, pour mieux occire son ennemi, ne sauvent pas le jeu. De nouveaux opposants parviennent à s’implanter dans le cœur des joueurs, Tekken et Virtua Fighter se vendent comme des petits pains. Avec la 3D, le scénario est modifié, on quitte la lutte du Bien contre le Mal pourtant apprécié des fans. Shinnok, une entité maléfique, punie par Raiden, parvient à unir ses forces avec le sorcier Quan Chi. Les deux comparses s’adonnent au massacre de dieux, cependant Raiden ne l’entend pas de cette façon et leur oppose une résistance farouche accompagné de ses alliés. 

 

 

5 ans plus tard, le nouveau bébé de Midway, Deadly Alliance est d’une très grande faiblesse et ne fait pas le poids contre les nouveaux rivaux, Dead or Alive III ou Soul Calibur II. Les joueurs font une alliance pour oublier cette déception. 

 

 

Les développeurs l’ont compris, leur jeu n’est plus à la hauteur, peut être est-ce par autodérision, mais ils intitulent cette 6ème version "Deception". Pourtant, celui là vaut le coup, la 3D n’est pas mauvaise et le gameplay retrouve son prestige d’antan. En outre, il possède un atout jouissif, le mode Konquest, un vrai jeu apportant une touche d’aventure dans ce monde de brutes. Au niveau scénario, on note l’apparition d’Onaga, empereur déchu de l’Outre-Monde, aspirant à remonter dessus. Cependant, le succès n’est pas vraiment au rendez-vous, Mortal Kombat n’est plus une série phare faisant la pluie et le beau temps dans le domaine des jeux de combats, à peine peut-il faire un souffle d’air. La star déchue ne brille plus mais scintille faiblement.

 

 

Pour rameuter les joueurs, Midway a bien senti que l’heure était aux super héros. Un accord est alors signé entre le studio et la maison de comics, DC. On peut alors voir Superman et Batman se bastonner avec Sub Zero et Raiden.

 

 

Pour finir, car il faut bien abréger, depuis 20 ans, Mortal Kombat a connu des hauts et des bas, très bas. MK, pour les intimes, a été décliné sous toutes les formes, de nombreux goodies sont sortis, et elle a été l’objet d’adaptation en dessin animé et surtout en film. Le long métrage a définitiment poignarder dans le dos la série, tout son sérieux s’est dissipé avec le jeu des acteurs, Christophe Lambert en guest-star, inexistant. Disons que la série a mal vieilli et a eu du mal à s’adapter aux nouvelles technologies. La 3D a longtemps été synonyme de Déception, Désertions et Déclin, 3 "d" qui ont bien failli enterrer cette série. Heureusement, Midway a su se reprendre en main et possède aujourd’hui une occasion de reprendre le flambeau. A l’heure où le rétro gaming est à la mode, nous pouvons nous délecter d’un best-of sobrement appelé Mortal Kombat, un remake HD regroupant l’ensemble des personnages. « Choose your fighter » et dans l’arène gladiateur !