Spotlight retrace l’enquête sur l’Affaire John Geoghan à laquelle s’était adonnée une équipe de journalistes  du même nom affiliée au prestigieux "Boston Globe". Une histoire de pédophilie qui avait secoué l’église catholique de Boston dans les années 2000 soit plusieurs années après les faits. Sans la persévérance à toute épreuve de ces investigateurs, jamais la vérité n’aurait pu voir le jour, ce qui leur avait d’ailleurs valu le Prix Pulitzer. C’est qu’en plus de l’omerta autour de l’affaire, le scandale était d’une ampleur bien supérieure à ce qu’avaient imaginé nos héros. Une boîte de Pandore qui s’ouvre ! 

Nous voilà donc embarqués pendant plus de deux courtes heures dans une histoire qui ne nous laissera pas une seconde pour souffler. Tout s’enchaîne à une cadence frénétique dans le déroulement de cette enquête : faire du porte à porte pour recueillir les témoignages des victimes, convaincre les récalcitrants, trier les archives, remonter le puzzle, etc, etc…  

Le mode opératoire de ces brebis égarées à qui l’on donne le Bon Dieu sans confession est de jeter leur dévolu sur des proies fragiles, issues de milieux défavorisés, de préférence. La suite qui dépasse l’entendement est carrément hallucinante ! 

Une fois l’agresseur dénoncé, des pressions tous azimuts en nature, en espèces, sont exercées pour étouffer l’affaire par une hiérarchie soucieuse de préserver son image. Le prédateur est transféré de paroisse en paroisse et les viols en série se poursuivent en toute impunité. 

Le thème est si grave que Tom McCarthy n’a laissé aucun détail au hasard dans la réalisation de Spotlight . Tout est fait à travers le scénario, la mise en scène pour nous happer du début jusqu’à la fin. Le casting  est excellent, Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel Mc Adams, Stanley Tucci, Liev Schreiber, etc. En découle une sorte de proximité incroyable qui s’installe entre les spectateurs et les acteurs. Des deux côtés de l’écran, les coeurs battent au même rythme. Frappés d’effroi, on croise les doigts pour que justice soit rendue à ces êtres abîmés longtemps jetés en pâture à des violeurs en série déguisés en hommes de religion ! Le métier de journaliste y retrouve ses lettres de noblesse. 

Un grand film qui sans doute mériterait l’Oscar. D’autant qu’il y est question de salubrité publique. Devenu un fléau mondial comme en témoigne le générique de fin, la pédocriminalité mérite un traitement des plus durs, tolérance zéro ! Et dire que plus de dix mille enfants migrants se sont volatilisés dans la nature. Une tragédie des plus déchirantes.

{youtube}wRrSGAGYr0c{/youtube}