Les plus importantes zones volcaniques et sismiques du monde se localisent sur l’Anneau de Feu du Pacifique, « le Ring of Fire ». Dans le cas du Mexique, la présence de volcans est liée à la subduction des plaques Cocos et Rivera, sur la façade Pacifique, et l’axe Néo-volcanique transversal, sur une longueur d’environ 1.500 kilomètres, s’étend d’Est en Ouest depuis le centre du Pays jusqu’en son Sud, du volcan Ceboruco, État de Nayarit, à la Sierra de los Tuxtlas, bordant la côte septentrionale de l’État de Veracruz. Les autres volcans, au Nord, sont liés à la zone d’extension du bassin de Californie séparant la péninsule de Basse-Californie du reste du continent.

Pourtant l’activité volcanique, au Mexique, ne se concentre pas, uniquement, au système Néovolcanique, d’autres régions en sont aussi affecté, tels, pour les édifices volcaniques les plus connus, le Tacaná sur la frontière mexcano-guatemaltèque et El Chichon, dans l’État de Chiapas.


Le volcan Popocatepetl.

 

Popocatepetl.jpgTout d’abord le Popocatepetl, situé à la connexion des États de Mexico, de Morelos et de Puebla, à 70 kilomètres de la ville de Mexico. Tirant son nom du nahuatl « Popoca : qui fume » et de « tepetl : montagne ou colline », la montagne qui fume en caractérise sa constante activité fumerollienne depuis les temps pré-hispaniques. Par son altitude, le rebord occidental de son cratère, le Pico Anáhuac, constituant le point culminant du colosse avec 5.426, 5.452 ou 5.465 mètres, il est le deuxième plus haut volcan du pays. En raison de l’émission constante de vapeur d’eau, de gaz et parfois cendres, le colosse est surveillé sans interruption, par le Centre National pour la Prévention des Catastrophes, le CENAPRED. Ce stratovolcan andésito-dacitique couvre une superficie de 500 kilomètres carrés et est couronné par un cratère sommital ovale de 400 x 600 à 900 mètres, profond de 150 à 450 mètres. Le Popocatepetl est précédé, durant le Pléistocène par trois cônes volcaniques, le Nexpayantla, environ 500.000 ans, le Ventorrillo, environ 250.000 ans, et, situé juste au nord du cône actuel, El Fraile. Ils ont disparu par effondrement gravitionnel et leurs débris recouvrent les environs, au Sud du volcan. L’actuel cône a commencé à se former il y a 23.000 ans et trois éruptions majeures, – se traduisant par d’importantes nuées ardentes donnant corps à des lahars, à des tufs volcaniques et à des ponces emplissant les vallées circonvoisines -, de type plinien, sont survenues, avec un temps de récurrence de 1.200 à 1.500 ans, depuis le milieu de l’Holocène, la dernière s’étant produite vers l’an 800.

Popocatepetl1.jpgOutre de son cratère, des coulées de lave peuvent se produire à partir de fissures. Difficile, lors, de déterminer, par anticipation, les domaines qui pourraient être touchés en cas d’éruption plinienne. En effet, la lave s’écoulant versants Nord, Nord-Est ou Est, l’État de Puebla en serait affecté, versant Sud, les États de Puebla, de Mexico et, éventuellement, de Morelos, et versants Ouest et Sud-Ouest, la région d’Amecameca, la superficie de la zone concernée relevant de la viscosité de la lave. Les secteurs qui seraient touchés par les cendres et les gaz dépendraient de la direction des vents, surtout au niveau du cratère. D’une manière générale, quand les émissions se produisent de Novembre à Avril, les chutes de cendres se produisent, essentiellement, dans la vallée de Puebla et de Juin à Septembre, dans la région Sud des États de Mexico et de Morelos, et le District Fédéral de Mexico pourrait aussi subir des nuisances. Dans le cadre d’une éruption catastrophique avec effondrement gravitionnel, nul n’étant potentiellement en mesure de le prévoir par avance, l’organisation d’une évacuation demandant certaines contraintes de temps, les risques, pour les populations, résultant des nuages de cendres et de gaz, des flux pyroclastiques et des nuées ardentes, des avalanches chaudes,… en seraient d’autant plus conséquents. Enfin, si le volume de glace contenu dans les glaciers, situés sur la face Nord-Nord-Ouest du Popocatepetl, un volume supérieur à 17 millions de mètres cubes, fondait soudainement, la masse d’eau déferlerait dans le canyon Ventorrillo et Santiago Xalitzintla et San Nicolas de los Ranchos pourraient être quelques-uns des villages les plus menacés par la déferlante. En saison des fortes pluies, le flux de boue impacterait une plus grande surface car le sol, sursaturé, ne serait pas en mesure d’absorber l’eau, bien plus, les éboulements de terrain pourraient survenir.


Le volcanFuego de Colima

 

fuego de colima.jpgCulminant à 3.860 mètres au-dessus de la mer, le Fuego de Colima, – Volcan de Fuego ou Tzapoltlan -, stratovolcan de la Cordillère Néovolcanique, est situé dans le sud-ouest du Mexique, à cheval sur les États de Colima, au Sud, dont il constitue l’extrémité septentrionale, et de Jalisco, au Nord. Il présente des éruptions explosives. Au cours de 500 dernières années, plus de 40 explosions se sont produites, notamment en 1576, en 1585, en 1606, en 1622, en 1690, en 1818, en 1890, en 1903, et les plus violentes en 1913, Février 1999 et en 2005, cette dernière se traduisant, à 11 h 00, par un effondrement gravitionnel générant un caldeira de 500 mètres de diamètre. Il a été récemment classée en activité croissante depuis le début de Janvier 2013. Son cycle éruptif est environ 100 ans. En 2005, le Fuego de Colima a présenté une activité explosive d’Indice d’Explosivité Volcanique VEI 3, caractérisée par le développement de dômes et, par des explosions violentes, leur destruction quasi immédiate, formant, alors, des colonnes éruptives atteignant entre 4,5 et 9 kilomètres au-dessus de la zone cratérale, et des coulées pyroclastiques et des nuées ardentes dévalant jusqu’au-delà de 3,5 kilomètres du cratère. En outre, après les événements explosifs, des émissions de cendres, dispersées aux quatre points cardinaux, peuvent voyager jusqu’à plus de 100 kilomètres autour de l’édifice volcanique Fuego de Colima. Et le 7 Janvier, 2013 une explosion a généré un panache de cendres volcaniques qui s’est élevé à plus de 3 kilomètres de hauteur.

Panneau_volcan.jpgDu reste, depuis le 31 Octobre 2005, l’Observatoire de Vulcanologie de l’Université de Colima maintient « tout particulièrement concernant les zones à haut risque des barrancas, un périmètre de sécurité de 7,5 kilomètres à partir de la cime du volcan et un rayon d’éveil préventif de 11,5 kilomètres comprenant les villes de La Yerbabuena, de La Becerrera, de Juan Barragán, de Causentla, de Cofradía de Tonila, d’Atenguillo, d’El Saucillo, d’Alpizahue, d’El Fresnal et d’El Embudo », précise que « en présence de pluie, les barrancas de La Lumbre, d’El Cordobán, de San Antonio et de Monte Grande, État de Colima, et les barrancas d’El Muerto, de La Tuna, de Santa Ana, d’El Cafecito, de La Arena et de Beltrán-Durazno, État de Jalisco, sont à éviter car il y a possibilité de lahars, – coulées de boue -, en raison de la grande quantité de matériel volcanique, – cendres, lapillis, téphras, roches -, entreposé sur les pentes du Volcan de Fuego de Colima » et, en implantant des panneaux informatifs à l’entrée du périmètre de sécurité, recommande d’emprunter les routes d’évacuation de Colima-Comala-Suchitlàn-La Becerrea-San Jesus del Carmen-Zapotitlàn et de La Becerrera à la Mesa de La Yerbabuena passant à l’Est des lagunes de « La Maria » et de « La Escondida »,  « en cas de risques volcaniques qui pourraient advenir ; flux de cendres chaudes, pluies de cendres, vhute de fragments incandescents, déferlantes de boues et de lahars, coulées de lave, effondrements et glissements de terrain… »

 

 19 Juillet 2013 © Raymond Matabosch