Même si le choix d’un personnage hideux par un publicitaire turc pour vanter les mérites d’un shampoing pour hommes (vidéo-ci-dessous) tend à jeter le discrédit sur leurs productions, le septième art ottoman quant à lui, semble bien se porter, inondant de ses séries télévisées le monde arabe et volant ainsi la vedette à l’Egypte comme à la Syrie.

La civilisation occidentale ayant pris depuis un bon bout de temps le dessus, la Turquie nostalgique de son passé, n’a plus qu’à ressasser avec fierté la page glorieuse de son histoire datant de cette époque que venaient rythmer d’interminables batailles débouchant sur des victoires ou sur des défaites

Le film Fetih 1453 sorti récemment dans les salles a connu un énorme succès en Turquie mais force est de constater qu’espérer le visionner à Paris relève bizarrement du parcours du combattant. Il nous a fallu trois tentatives avant d’avoir la «chance» de le découvrir !

La première fois après une longue attente, les places étaient épuisées, la seconde fois malgré une réservation en ligne, on apprend au moment de la projection et sans la moindre information préalable que le film non sous titré, s’adresse exclusivement aux turcophones. Il en a fallu de la persévérance pour pouvoir assister dans une salle de fortune à la prise de Constantinople par le sultan Mehmet II marquant la fin de l’empire Byzantin !

Heureusement que de telles discriminations ne touchent pas l’ensemble des films étrangers et j’en profite pour glisser juste quelques lignes sur deux autres films qui comme Fetih 1453, méritent le détour. Le film d’animation tchèque, Aloïs Nebel, de Tomas Lunac en noir et blanc qui se déroule à l‘heure où le régime communiste se met à vaciller est d’une incroyable beauté.

Tourné avec de vrais acteurs, avec de vrais décors avant d’être recouverts de dessins en noir et blanc selon le principe de la rotoscopie, ce qui semble donner aux personnages encore plus d’expressivité, ce film nous transporte dans un univers qui s‘articule autour de deux dates, 1945, 1989.

Aloïs Nebel, chef de gare dans une ville des sudètes perdue dans les montagnes tchèques, ne s’est toujours pas remis du traumatisme vécu au cours de son enfance lors de l’expulsion de tous les Allemands de la région, en 1945. Un souvenir obsessionnel lourd à porter surtout que de droite à gauche, les totalitarismes n’ont fait que se succéder, ébranlant les populations sans leur laisser le moindre répit.

Au milieu de toutes ces histoires chaotiques qui traversent ce pays presque anéanti par le poids du passé au point de manquer de l’enthousiasme nécessaire pour fêter sa révolution de velours, surgit enfin une petite romance d’une infinie tendresse entre Aloïs le solitaire et une employée de la gare.

"Fengming, chronique d’une femme chinoise", un film documentaire qui dure plus de trois heures au cours desquelles Fengming, une octogénaire, confortablement installée dans son salon austère nous conte d’une voix parfois chevrotante d’émotion des bribes de vie. 

Tous les odieux supplices vécus depuis son engagement au service de la révolution suivie de la chasse féroce en 1957-1958 exercée contre ceux désignés sous le nom de droitiers jusqu‘à sa réhabilitation et celle posthume de son mari en 1978.

Exclus dans des camps de rééducation destinés à «les améliorer par le travail» dans de misérables conditions aggravées par un hiver meurtrier, par les ravages générés par le "Grand bond en avant" lesquels causèrent la mort par la famine, la malnutrition de plus de trente millions de Chinois. Une vie, un calvaire abominable que ces histoires de procès, de déportations, de morts, de réhabilitation tardive, sous le joug d’un détestable totalitarisme.

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