Phénomène très répandu en Russie, la nostalgie de l’URSS frappe également les Etats limitrophes. Ainsi, Bidzina Ivanishvili, oligarque franco-géorgien ayant récemment créé son propre parti politique, promet de rebâtir un Etat semblable à la Géorgie de l’époque soviétique.


Nous devrions réussir très rapidement à bâtir un Etat basé sur des institutions démocratiques pour qu’il y ait à nouveau une vie très intéressante en Géorgie comme avant. Rappelez-vous, sous l’Union Soviétique,  tout le monde voulait aller en Géorgie. Nous devons donc suivre ce modèle.” Ces propos prononcés la semaine dernière lors d’une émission télévisée ne viennent pas d’un ancien colonel du KGB mais bien d’un des hommes les plus riches du monde, l’homme d’affaires franco-géorgien Bidzina Ivanishvili.

 

Celui-ci a créé il y a quelques mois son propre parti politique appelé le “Rêve Géorgien”.  Objectif: s’emparer de la présidence de la République l’an prochain. Pour cela, il a mis les moyens financiers mais surtout il n’hésite pas à jouer la carte du conservatisme le plus radical.

 

Démagogie ou réelles convictions? Il semble difficile d’analyser ce que pense réellement Bidzina Ivanishvili. Néanmoins, l’oligarque est coutumier des déclarations nostalgiques de l’URSS ou appellant au retour d’une Géorgie éternelle et “pure”. Le principal opposant à Mikhail Saakachvili est ouvertement pro-russe, ce qui inquiète de plus en plus les partenaires occidentaux de Tbilissi.

 

C’est pourquoi Wilfried Martens, président du Parti Populaire Européen et ancien premier ministre belge, a pris la plume la semaine dernière dans le Monde afin d’appeler à la vigilance face à la montée en puissance de populiste caucasien.

 

« Achat de votes, des fonctionnaires se voyant proposer un salaire cent fois supérieur pour quitter l’administration gouvernementale, des dizaines de milliers d’antennes satellites, de frigidaires et autres téléviseurs distribués par un parti politique, des structures parallèles d’observation électorale mises en place et financées par cette même structure partisane », Wilfried Martens a détaillé les méthodes utilisées par Bidzina Ivanishvili pour conquérir le pouvoir. Preuve que le retour à une Géorgie soviétique ne conviendrait guère à l’Union Européenne.