La concubine de Christophe Khider, l'un des deux évadés de la centrale de Moulins-Yzeure (Allier), a avoué avoir fourni, avec une complice, la compagne d'un autre détenu de Moulins, des explosifs et une arme pour l'évasion, a-t-on appris mercredi auprès du parquet de Lyon.

Sylvie P., 39 ans, la concubine de Khider, et Nadia K., 28 ans, seront mises en examen jeudi après-midi pour "complicité par fourniture de moyens d'évasion en bande organisée et complicité par fourniture de moyens pour destruction de biens par substances explosives de bâtiments publics en bande organisée", a précisé à l'AFP le procureur de la République Xavier Richaud.

 

Les deux femmes "ont reconnu les faits. Ce sont elles qui ont introduit dans la maison d'arrêt, à la demande de Khider, les explosifs, les détonateurs, les munitions et le pistolet", a indiqué le magistrat.

Il semblait difficile d'imaginer que de l'explosif puisse entrer sans aucun problème dans une prison. Mais la question qui reste encore en suspend est la suivante : Comment ont-elles pu passer les contrôles successifs avant d'entrer dans la prison, et surtout avant d'arriver au parloir ? Je ne voudrais porter d'accusations en l'air, mais il faut savoir que dans les situations financières parfois précaires dans lesquelles peut se trouver chacun d'entre nous, il ne serait pas étonnant que l'on apprenne la complicité d'un membre du personnel. Ce qui ne serait pas la première fois, mais qui pose une question plus grave. Si les gens qui occupent des postes étaient suffisamment payés pour ne pas succomber à la tentation d'une grosse somme en l'échange d'un petit service, tout le monde serait plus tranquille. Par ailleurs, je me pose une autre question : quel intérêt l'état peut-il avoir à condamner un criminel à la prison à perpétuité ? Ne pourrions-nous pas envisager des peines qui seraient aménagées afin que ces hommes ne restent pas enfermer toute la journée ou presque ? Ne pourraient-ils pas se rendre utiles en accomplissant des travaux destinés au bien-être de la communauté ( sous escorte). Un homme enfermé jusqu'à la fin de ses jours, aussi mauvais soit-il n'a t'il pas le droit de péter les plombs ? Ce sont des questions qu'il faut se poser, car le milieu carcéral n'est pas approprié à l'époque que nous vivons…