Le nouveau défi de l’Europe.

 

 

Nous sommes confrontés dans cette Europe mal faite aux problèmes de souveraineté. Cette Europe du second traité de Lisbonne ne donne aucune marge de manœuvre aux pays en difficulté. Ce traité a repris dans son article 123, l’article 104 du traité de Maastricht, qui lui a repris l’article 25 de la loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France qui stipule que le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France. Cela signifie que la France pour emprunter ne peut le faire à sa propre banque mais aux autres banques. Appliqué à l’Europe cela signifie que la BCE ne peut prêter aux membres de la zone euro. En conséquence ce sont les banques privées qui prêtent de l’argent à un taux d’intérêt qui leur convient en fonction de la notation des pays emprunteurs. Conçue de cette façon l’Europe enrichie les banques privées. C’est clair.

 

On arrive donc au paradoxe suivant, «l’Europe de Merkozy, au lieu de mener à une gouvernance Européenne fait qu’elle permet celle des agences de notation, c’est à dire des banques». Bien sûr les pays n’avaient qu’à bien gérer leur économie, facile à dire et moins aisé à faire, d’autant que ceux qui condamnent leur mauvaise gestion, ne sont pas mieux placés.

 

 

C’est le point le plus important qui met à mal la souveraineté des pays en difficulté, les exemples de la Grèce et de l’Italie sont révélateurs, en attendant notre tour. A cela vient s’ajouter la vulnérabilité politique de ces pays qui permet à Merkozy de dicter à Papandréou ce qu’il faut faire, rappelé à l’ordre, lors du dernier G 20, comme un valet, et d’obliger à la démission le fantasque Berlusconi pris à la gorge par les taux d’emprunt particulièrement élevés des agences de notation. Dans ces deux cas, les peuples n’ont pas eu leur mot à dire, bien que les députés doivent se prononcer sur la confiance aux gouvernements formés par Papadémos, et par Mario Monti. Mais qu’elle marge de manœuvre ont-ils ? Si les députés Grecs comme ceux d’Italie refusent leur confiance au gouvernement constitués par ces nouveaux premier ministres, c’est la Bérézina, la peur que les taux d’emprunts s’envolent et que leur pays ne puisse faire face à ses obligations. Mais la peur ne supprime pas le danger de sorte ces premiers ministres et leur gouvernement devront prouver leur efficacité.

 

Il faut bien distinguer la position des députés au nouveau premier ministre de celle de leurs citoyens. Si Lucas Papadémos et Mario Monti reçoivent la confiance des députés et sénateurs, ce n’est pas pour autant qu’ils ont celle du peuple. C’est une démocratie bafouée dans des circonstances exceptionnelles ou la voix des peuples s’impose à tous.

 

Ils ne peuvent voir que d’un mauvais œil à la fois la perte de leur souveraineté mais également le vote du plan d’austérité souhaité à la fois par les agences de notation mais également par Merkozy.

 

Il faut noter que Lucas Papamédos est un ancien vice président de la BCE, ainsi que gouverneur de la banque centrale de Grèce entre 1994 et 2002 qui a participé au truquage des comptes perpétrés par Goldman Sachs. Quant à Mario Monti, outre le fait qu’il ait été commissaire Européen il a été conseillé international de Goldman Sachs depuis 2005. Et puis sans oublier le nouveau directeur de la BCE, remplaçant de Jean-Claude Trichet, Mario Draghi, vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe entre 2002 et 2005. On arrive avec ces trois personnalités à avoir la gouvernance de Goldman Sachs sur l’Europe. Merkozy et les autres de la Commission Européenne sont squeezés par ces trois personnes qui ont le lien Goldman Sachs, et l’Europe en devenant dépendante.

 

Il est tout à fait imaginable que ces trois personnes ayant occupé de hautes fonctions à Goldman Sachs aient été informées à l’opération de truquage de Goldman Sachs sur la dette Grecque, par l’intermédiaire du gestionnaire, un certain Pétros Christodoulos, ex trader de la firme. La boucle se referme. Mais, ce n’est pas tout, Otmar Issing, une économiste ex-membre du Conseil de la Deutch Bundesbank et conseillère de Golman Sachs, mais aussi ex-conseil exécutif de la BCE de 1998 à 2006, Jim O’Neill économiste président de Goldman Sachs Assets Management l’inventeur du concept des BRICS, l’acronyme (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), impliqué dans des activités de GSAM à travers le monde, c’est une sommité mondiale dans le marché des changes, l’Irlandais Peter Sutherland président de l’Européen Policy Center, de Goldman Sachs international depuis 1995, de Bristih Petroleum 1997 /2009 et aussi de la section Europe de la Trilatérale qui a joué un rôle-clé dans le sauvetage de l’Irlande. Enfin, Paul Deighton, qui a passé 22 ans chez Goldman Sachs, est directeur général du comité organisateur des Jeux olympiques de Londres en 2012, référence Le Monde.fr. Toutes ces personnes ont des liens qui montrent la main mise de Goldman Sachs sur l’économie mondiale.

 

Goldman Sachs a donc tissé sa toile sur l’Europe.

 

Il faut bien se rappeler que les États-Unis n’ont jamais accepté la construction Européenne y voyant une perte de leadership. De même que l’euro supérieur au dollar, y voyant une perte d’influence.

 

Les agences de notation ne sont pas indépendantes. Fitch Rating est contrôlée à hauteur de 60 % par le groupe Holding Français Fimalac Fimalac qui est dirigé par Marc Ladreit Delacharrière supervisé par le groupe de medias Américain Hearst qui détient 40%. Moody’s est depuis mai 2008, détenue par Moodys Corporation qui côté en bourse a parmi ses actionnaires, à hauteur de 13%, le fonds d’investissement Berkshire Hathaway Inc, lui même propriété de Warren Buffett. Standard & Poor’s a été acquise en 1966, par le groupe d’édition McGraw-Hill. McGraw-Hill publie le journal Business Week. On voit, bien en filigrane qu’elles sont soumises au lobbying Américain.

 

Les agences de notation n’interviennent que si elles sont sollicitées, et sont de ce fait rémunérées. Cela conduit à leur dépendance eu égard au donneur d’ordres que sont les banques. Or, une agence de notation se doit de préserver sa réputation et dans ce cadre une notation surévaluée ou sous évaluée entamerait sa crédibilité, mais comment le savoir ? Le problème qui se pose est donc le manque de transparence ainsi que celui de la transmission des données des dettes souveraines à ces agences. A partir de quoi elles chiffrent leur notation ? La situation politique, la variation du PIB, les possibilités industrielles, les risques sociaux, la valeur des dirigeants, autant de paramètres aléatoires dont l’extrapolation ne peut être qu’estimée. Et puis qui transmet les informations ? On ne peut s’empêcher de penser que quelques personnes bien intentionnées auraient intérêt à pousser pour accroître les profits des banques. C’est un système qui passe au-dessus des têtes des populations, de sorte que mise en condition par leur gouvernement, elles n’ont pas d’autres solutions que de dire amen. C’est ça ou c’est pire ! La bourse ou la vie ! Mais rien n’est moins sûr, il faudrait essayer.

 

Ce qui vient de ce passer en Espagne est révélateur, bien que ce ne soit pas les députés qui ont imposé le gouvernement qui sort des urnes, donc démocratiquement élu par le peuple, mais on ne peut que constater avec effroi que celui qui a subi la puissance des agence de notation est condamné alors qu’il n’y est pour rien. Et que, de plus, le gouvernement de droite obtenant la majorité absolue va appliquer une politique d’austérité sans précédent, qui bien entendu, minera la croissance déjà moribonde. Ou est la logique du peuple qui crie, et qui sera encore plus miséreux ?

 

Le capitalisme libéral à tissé aussi sa toile.

 

Les agences de notation se foutent de la démocratie, elles ne sont intéressées que par la finance. Tout recours au peuple est proscrit par elles et Merkozy. Jean-Pierre Jouyet, président de l’autorité des marchés affirme au sujet des agences de notation qu’elles ont fait pression sur le jeu démocratique, instaurant de fait la dictature des marchés. Il faut bien comprendre que le recours au peuple bride les velléités de la droite, donc les banques, qui, dans un référendum, perd son pouvoir. Elles ne sont pas seules en cause, il y a la bonne volonté des dirigeants qui, pour assoir leur pouvoir, dès lors qu’ils ont une majorité parlementaire, contraignent leur peuple à une politique dogmatique essentiellement pour le profit des plus aisés. Et si, comme en Grèce et en Italie, une majorité parlementaire se construit, à la suite d’un changement de premier ministre poussé par les marchés, Merkozy étant leurs valets, elle obtient cette majorité par une coalition d’union nationale, qui bride encore plus la démocratie populaire.

 

La fausse erreur de Standard & Poor’s sur notre «triple A», n’est simplement que pour nous préparer à une dégradation de cette note, qui peut être dupe ? Notre spraed avec l’Allemagne se creuse à 200,6 points, il faut donc s’attendre à ce que l’Allemagne lâche la France puisque sa gestion triomphe, la mettant seule en position de gouverner cette Europe. En Espagne le président José Luis Rodriguez Zapatéro ne se présentera pas aux nouvelles élections législatives que la droite Espagnole à toutes les chances d’emporter. Trois pays auront des gouvernements issus de la puissance des marchés. Quant a nous, les élections présidentielles sont dans cinq mois et d’ici là, on peut s’attendre à l’influence des marchés sur François Hollande au cas où il aurait une chance de bouleverser cet édifice si bien mis sur pieds.

 

L’Europe devait nous préserver de la guerre, c’était sa principale condition mais pas des marchés de la finance. L’Europe sans politique sociale gouvernée par les banques, conduit le bas des populations à la misère sociale, qui se mesure aux millions de paumés qui jonchent les trottoirs de nos villes.

 

Le comble de l’anti démocratie est bien le gouvernement fraîchement constitué par Mario Monti en Italie. Pas un seul politique aux postes clés, un gouvernement essentiellement composé de professeurs. Mario Monti cumulant le ministère de l’économie, Carrado Passera patron du second groupe bancaire national au ministère du développement, des infrastructures et des transports, Carrado Clini ministre de l’environnement, Andréa Riccardi fondateur de la communauté de San’Egidio institution influente de l’Eglise sur le plan diplomatique nommé ministre de la coopération internationale doté d’un carnet d’adresses internationales des plus étendues, Gianpaolo di Paola président du comité militaire de l’OTAN, l’amiral di Paola au ministère de la défense, Giulio Terzi di San’Agata ambassadeur d’Italie aux États-Unis au ministère des affaires étrangères. Indéniablement, des personnes mondialement influentes sont dans ce gouvernement, surtout Andréa Riccardi dans l’anti chambre du Pape. On ne saurait contrarier le Pape. Ce gouvernement de professeurs sera jugé par des politiques, une première mondiale.

 

Deux réflexions s’imposent, l’incompétence des hommes politiques ainsi que la perte de leur crédibilité conduisent à celle de la démocratie.

 

Le prochain dossier sera, Mario Monti le sauveur de l’Italie,