Selon la gendarmerie royale canadienne et Radio Canada, deux djihadistes « dormants » à Montréal (Québec) et dans l’ouest canadien ont été arrêtés ce jour alors qu’ils s’apprêtaient à faire sauter un train à proximité de Toronto. Pour la toute première fois, la « police montée » a « démonté » en marche un complot visant un « cheval d’acier ».
• L’un d’eux est un chercheur doctorant tunisien ;
• Le plus âgé est un Palestino-Émirati de l’Union des émirats arabes unis ;
• Une manœuvre du gouvernement canadien suspectée…

 

Contrairement au plus jeune des frères Tsarnaev, de Boston, les deux prévenus et inculpés, arrêtés à Toronto (Ontario) et Montréal (Québec), si les faits sont avérés, ne risquent pas la peine de mort mais la détention à perpétuité.

La métaphore équestre ne s’imposait pas, mais je n’ai pu m’en empêcher : ainsi donc la police montée canadienne fait vider leurs étriers djihadistes à Chibeb Esseghaier et Raed Jaser qui voulaient s’en prendre à un « cheval d’acier ».

Prévenue par les services de renseignement, la gendarmerie royale canadienne (GRC) a procédé à l’arrestation, ce jour, à Montréal et Toronto, de deux membres dormants d’une cellule terroriste localisée en Iran (mais pas forcément contrôlée ou supervisée par le pouvoir iranien ou l’une de ses composantes).

Il s’agissait de faire dérailler, voire exploser partiellement, motrice et voitures d’un train de passager de Via Rail Canada à proximité de l’une des gares du secteur de Toronto, vraisemblablement sur la ligne Toronto-New York, via la traversée du Niagara du pont de Niagara Falls (Chutes du Niagara). Le principal prévenu, Chiheb Esseghaier (30 ans) s’était établi au Québec, à Montréal, depuis plusieurs années.
Son complice, âgé de 37 ans, Raed Jaser, aurait pu lui aussi à un groupe de 18 personnes, dit de Toronto, qui avait défrayé la chronique en 2006 au Canada. Il était surveillé depuis plus d’un an.
L’enquête a révélé que des préparatifs avancés avaient été menés pour faire sauter un train de voyageurs, avec l’intention de faire autant de victimes que possible.

L’affaire a été révélée par le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, lors d’une brève allocution devant la presse.

Il ne semble pas que la cellule dormante ait été en rapport avec d’autres groupes, et du fait qu’elle serait présumée liée à une fraction d’Al Qaeda établie en Iran (sans que l’implication du gouvernement iranien puisse être établie), l’éventualité qu’elle ait été en rapport avec les frères Tsarnaev de Boston semble peu vraisemblable. Ce n’est donc sans doute pas en fouillant les communications électroniques des deux frères, ou en recueillant le témoignage du survivant qui pourrait communiquer par écrit, qu’il aurait été décidé de hâter l’arrestation des deux hommes.
Par ailleurs, à la suite des attentats de Boston, le Parlement canadien avait décidé de débattre sur la question du terrorisme et un renforcement des mesures préventives et répressives.

La GRC a précisé que le moment du passage à l’acte n’était pas imminent. Le lien avec Boston ne tient sans doute qu’à la volonté d’alerter plus vite, en incitant à la vigilance, en profitant du succès des policiers du Massachusetts et du FBI. La Royal Canadian Mounted Police (RCMP) a diffusé de nouveau, à cette occasion, un numéro d’appel réseau National Security Information Network.
Dans les minutes ayant suivi la diffusion du communiqué par les agences de presse, des Internautes ont commencé à localiser le domicile de l’un des arrêtés, à tenter de voir quels réseaux sociaux ils pouvaient fréquenter, &c., comme à Boston. 

Les chefs d’inculpation et de présentation devant la justice canadienne, à l’Old City Hall de Toronto, sont ceux de complot en vue de commettre un attentat pour attenter à la vie d’autrui sous la direction d’un groupe terroriste. Ce qui laisse entendre que, contrairement à l’attentat du marathon de Boston, enfin, jusqu’à nouvel ordre, les deux hommes recevaient des directives, des injonctions, et bénéficiaient d’un soutien.

Il n’a pas été précisé déjà s’il s’agit de résidents ou de clandestins, mais contrairement au plus jeune frère Tsarnaev, aucun n’a obtenu la nationalité. Les déplacements des deux hommes étaient suivis tant au Canada qu’à l’étranger, en liaison avec le FBI. L’enquête, nom de code Projet Smooth, relatif à ce complot particulier, avait débuté l’été dernier.

Chihed Esseghaier était inscrit en tant qu’étudiant à l’INRS (recherche scientifique, équivalent du CNRS français) après des études à l’université Sherbrooke de Montréal. Une page Linkedin, et l’INRS a confirmé qu’il s’agit bien de l’un de ses doctorants chercheurs, indique qu’il avait étudié à l’Insat de Tunis. Il a notamment publié dans des revues scientifiques sur la spectroscopie en biologie médicale et autres disciplines ((Actuators, Biosens & Bioelectrons, Analyst…). Sur sa page LinkedIn, en guise de photo figure le drapeau noir islamiste à inscriptions blanches.
C’est un spécialiste des nanotechnologies. Il s’agirait, selon une autre page (devenue difficile d’accès, celle de son blogue du Biosensor-biomens Lab) d’un Tunisien de Tunis.

Selon les archives de l’université de Sherbrooke, l’interpellé tunisien se serait inscrit pour les deux années 2008 et 2009, après avoir réussi ses études en Tunisie, à l’été 2008. Selon une photo de groupe des chercheurs de son laboratoire retrouvée sur son blogue, ce serait l’homme barbu derrière l’homme à la chemise blanche au premier plan. De part ses activités de recherches, et ses publications, il est fort possible que le doctorant ait pu facilement se rendre dans divers pays du monde entier. Il avait notamment publié sous l’égide d’une université jordanienne. Sa participation était prévue à une conférence en Californie l’été prochain mais aussi à une autre au Mexique.

Son cas évoque bien évidemment celui du physicien du Cern, Adlène Hicheur, un Franco-Algérien, qui a toujours proclamé son innocence et n’envisageait pas d’attentat particulier mais en évoquait dans des courriels. Il avait écopé, l’an dernier, de cinq ans de prison dont l’un assorti de sursis.

Raed Jaser, semble-t-il, collaborait activement au site du Journal de guerre de Marc Lemaire et Cathy Debroeser, un blogue domicilié sur Dhnet (.be). À moins qu’il s’agisse d’un homonyme… mais le site est dédié notamment à l’actualité du Proche-Orient et lié à Boycott Israel International.

S’il s’agit bien du même Rael Jaser, il aurait signé une pétition canadienne contre la proposition de loi 13 pour l’Ontario, pétition qui s’oppose à l’expression des lesbiennes et gays dans les écoles, collèges, universités et au « lobby LGBT » (lesb., gay, bi, trans.).  

Autres arrestations ?

L’enquête et les perquisitions se poursuivaient et il a été prévu de procéder à quatre ou cinq autres arrestations, selon une source policière évoquée par l’agence QMI.

Les précédents au Canada remontent 2004 (arrestation en Ontario d’un homme ayant fabriqué un détonateur) puis à 2010, à Ottawa, avec l’arrestation de trois terroristes. Puis, en 2006, c’était l’affaire dite des 18 de Toronto. L’année suivante, un Marocain était interpellé puis condamné, en 2010, à la prison à vie.

Al Qaeda n’est pas officiellement bienvenue en Iran et divers de ses membres sont assignés à résidence. Mais diverses implantations clandestines ont été évoquées depuis 2001.  

Interrogations et réactions

Tout comme dans l’affaire de Boston, figurent ici un aîné qui aurait pu être le principal suspect (ce serait une dénonciation d’une personne de Toronto à la police qui aurait mis sur la piste du plus âgé), et un cadet que l’on image mal « endoctriné et manipulé ». Toutefois, le cas du chercheur franco-algérien du Cern donne du grain à moudre à la thèse du scientifique, la tête dans les nuages, qui pourrait se faire piéger.

Tout comme dans le cas du marathon de Boston, mais avec plus de virulence dans la mesure où les charges contre les deux hommes de l’Ontario et du Québec n’ont pas été précisées, qu’il n’y a pas eu de début d’exécution, l’hypothèse complotiste est alléguée.

Elle s’alimente d’un contexte : le gouvernement canadien voulait renforcer les lois antiterroristes et s’apprêtait à faire débattre de nouvelles mesures.
Le présumé « complot » se serait déroulé selon le scénario suivant : un renseignement permet de localiser puis d’infiltrer un groupe, l’infiltré fait monter les enchères, glisse une arme, une bombe ou des documents compromettants, la police procède à des arrestations et le fait spectaculairement savoir au moment le plus propice.

Soit faire peur pour restreindre encore une fois les libertés. La plupart des Canadiens félicitent la police, d’autres se demandent s’ils ne devront pas se déchausser (et en hiver, au Canada, cela peut peut prendre du temps) et passer sous un portique avant de pouvoir monter dans un train. Une bonne piste innovante pour les chausseurs : des modèles s’enlevant et se chaussant très rapidement ou devenant totalement transparents à la demande…

Stephen Harper, le chef du gouvernement, est à la fois approuvé et contesté à la suite de ces arrestations. Approuvé car « protecteur », désapprouvé en raison d’une loi sur la garde à vue sans assistance d’un avocat prolongée jusqu’à 72 heures, sans qu’il soit même besoin de signifier des motifs d’éventuelle inculpation (les fameuses « charges »). Bref, le régime français « liberticide ». La Bill S-7, déjà présentée au sénat, prévoit aussi qu’en cas de non coopération, un emprisonnement d’un jour supplémentaire à un an pourrait être appliqué. Par ailleurs, celles ou ceux suspectés de se rendre dans un pays abritant des camps terroristes afin de s’y rendre pourraient faire l’objet de mesures préventives assez floues.

Les Mounties (la police montée) aurait-elle fait du zèle, s’est interrogé le député Jack Harris.

Le Canada étant particulièrement ouverts aux immigrés, la question de l’immigration fait aussi débat. Évidemment, les musulmans les mieux intégrés ou désireux de le devenir s’inquiètent des répercussions dans l’opinion. Certains soulignent d’ailleurs que le chiisme et le sunnisme ne font pas tout à fait un dans l’oumma censée les englober. Mais il se trouve que l’Iran joue un jeu sibyllin avec Al Quaida.

La question des universités canadiennes, viviers présumés d’un terrorisme de réexportation, est aussi soulevée. Là, il s’agit d’un attentat sur le sol canadien, mais on se souvient que, sur divers terrains d’intervention, des étudiants musulmans originaires d’autres pays ayant obtenu la nationalité ou de seconde génération, avaient rejoint des guérillas diverses. Ou participé à des actions de commando (Mauritanie, Algérie… et notamment lors de la prise d’otages du site gazier où deux Canadiens, l’un d’origine grecque, l’autre d’un pays arabe, avaient trouvé la mort). En Bulgarie, lors de l’attaque d’un bus de touristes israéliens, un porteur de passeport canadien authentique était impliqué.

Les autorités canadiennes ont pris soin de prendre langue avec les représentants des diverses communautés musulmanes et de proclamer qu’il n’était pas question de les ostraciser. Un avocat d’une association musulmane s’est félicité que le renseignement ayant permis la surveillance soit le fait d’un musulman. Il n’a toutefois pas indiqué si les deux arrêtés étaient connus de l’une ou l’autre des communautés.

Peu de précisions

Il y a sans doute peu à attendre de la comparution de ce mardi qui débattra d’un enfermement ou d’une remise en liberté sous caution, comme pour, à New York, la première audience de Dominique Strauss-Kahn. La Presse (Québec) a publié une photo du transfert du doctorant sur l’aéroport de Markham (Ont.), laquelle confirme que la photo que nous avions trouvée (ci-dessus), via des recherches en ligne sur des sites universitaires et autres, montre bien qu’il s’agit du même homme.

Cependant, on connait déjà mieux le profil du doctorant grâce aux témoignages recueillis par le National Post. Un autre chercheur de Varennes (INRS) décrit un embrigadé qui déchirait toute affiche ou affichette présumée insulter ses valeurs religieuses indirectement (ceux de femmes dévoilées et légèrement dénudées) et « harcelant l’administration pour obtenir une salle de prière ». Il n’était pas ouvertement prosélyte. Très discret sur sa vie privée, on ne lui connaissait pas d’épouse ou de liaison.

Raed Jaser (35, 36 ou 37 ans ? les versions varient) serait bien un Palestinien de nationalité émiratie. Il accueillait dans son pavillon de location en banlieue, près de Toronto, où il vivait avec son épouse, des « barbus » qui se livraient à l’haltérophilie. Son voisin indique qu’il adressait à peine la parole à quiconque, hormis à ses amis proches, qui ne se liaient pas davantage. Il portait un costume traditionnel et sa femme était revêtue du voile et de la blouse commune en Arabie Saoudite. Il avait hébergé une demi-douzaine d’hommes pour quelques mois au cours de l’été dernier. Lesquels font sans doute l’objet de recherches s’ils ne sont pas déjà localisés et entendus.

Troisième colonne ?

L’expression moderne « troisième colonne » désigne celle de la comptabilité occulte des entreprises tandis que celle de naguère rendait compte d’opérations soit d’espionnage, soit de pénétrations des lignes ennemies sous uniforme de l’adversaire (pour résumer). Les deux semblent s’appliquer à la situation actuelle.

D’une part, grâce à des moyens financiers libéralement prodigués, diverses familles régnantes et associées du Moyen-Orient offrent la possibilité à des groupes de se trouver des prédicateurs faisant office de commissaires politiques (car, sous couvert de religion, il s’agit bien de politique, et de géopolitique) et des recrues, des « soldats ».

D’autre part, et on l’a vu à Boston, mais aussi ailleurs, le djihadisme a recours soit à des combattants venus d’ailleurs qui peuvent revêtir l’un des « uniformes » ennemis et adopter (pour la bonne cause ultérieure) les mœurs de l’adversaire, soit à des « retournés » ou des natifs (ou intégrés de longue date) : convertis, jeunes ou moins jeunes issus des communautés musulmanes modérément (ou pas du tout) pratiquantes.

L’attitude des communautés musulmanes ou originaires de pays musulmans pose partout problème. Celles et ceux, laïques, individualistes, peu rattachés à une quelconque communauté n’est guère en cause : on ne peut exiger de leur faire endosser une étiquette qu’elles et ils ne revendiquent plus du tout. En revanche, musulmans fort modérés et associations à caractère vaguement ethnique sont un peu le cul entre deux chaises. Ils peuvent très bien, tout comme les habitants de quartier défavorisés, dire qu’il ne leur appartient pas de faire la police, qu’ils ont d’autres chats à fouetter. Mais même s’ils ne tolèrent pas l’extrémisme de coreligionnaires ou de cousins n’étant guère « de Bretagne », ils donnent l’impression d’une réelle passivité. On ne voit guère de musulmans, mais plutôt l’extrême droite identitaire, religieuse chrétienne, ou son vis-à-vis « gauchiste » laïcard, se manifester pour chasser les intégristes musulmans de leurs petits temples ou fiefs.

Ce « jeu » malsain n’est pas propre aux mahométans, les papistes du Vatican font de même : a-t-on jamais vu des commandos d’abbés et curés musclés aller rosser les jeunes prêtres aux crânes ras et tonsurés des intégristes ? J’attends… Le Vatican soigne tant l’Opus Dei que les Chevaliers du Christ ou la fameuse fraternité schismatique. Mais le couplet des religions d’amour et de paix commence à lasser. 

Le jeune Tsarnaev s’annonçait prometteur, et que dire du précieux Chiheb, talentueux chercheur dont les travaux profitaient à la médecine et d’autres sciences du vivant ? 

Ce qui précède est valable un peu partout, mais dans la société canadienne, cela revêt une tournure, due à la proximité des États-Unis, ou la religiosité est érigée en morale (souvent hypocrite), qui devient fort déplaisante. La radicalisation ne guette plus, comme en France, que les musulmans, mais aussi les chrétiens nationalistes. Une sorte de contre-réforme visant les immigrés non Caucasiens (blancs, quand on « speak white » soit l’anglais et non le français) – terme devenant ironique après l’attentat du marathon de Boston – prend du momentum.

C’est ce qu’il apparaît en scrutant réactions et commentaires des articles de presse. Le Onward Christian Soldiers, boutons tous ces gens hors de « chez nous » (dérisoire de la part d’envahisseurs, de colons…) gagne constamment du terrain.

Cette nouvelle affaire sera donc exploitée. Certes, comme à Boston, nombreux et majoritaires sont celles et ceux qui défendent une cohésion sociale multireligieuse et multiethnique, prouvant par leurs dires et attitudes que la peste brune, quelle qu’elle soit, ne passera pas et surtout pas par elles ou eux.

La presse dite « responsable », celle que dénonce en France l’auteur (Laurent Obertone) de La France orange mécanique, tente de conforter ce sentiment, tant aux États-Unis, qu’au Canada, qu’ailleurs. Maladroitement parfois, peut-être, admettons-le.

Mais cela peut tourner vinaigre. D’autant qu’on apprend que Jaser (bientôt 36 ans, en fait) a été poursuivi déjà trois fois. Une dernière en 2000 pour menaces de mort et coups et blessures. Une précédente en 1997 (pour rupture d’assignation) découlant de celle de 1996 pour escroquerie. Bonne chance à son avocat, John Norris, qui a défendu précédemment d’autres islamistes. Il va peut-être plaider que son client, issu d’une famille palestinienne réfugiée en Jordanie, après 20 ans au Canada, reste marqué par son tragique passé (la défense du jeune Tsarnaev soutiendra la même chose), mais, tout comme pour Mohamed Merah, cela passe de moins en moins bien.

Tout comme le jeune Tsarnaev, Jaser avait des parents fort bien intégrés (du genre des oncles des Tsarnaev) au Canada. Donc, bien sûr, comment généraliser ?

Mais la little help from their muslims friends (les amis des parents musulmans fort pacifiques) risque de produire peut d’effets si elle reste trop petite. Faouzi Bellili, un autre chercheur, interrogé par Radio-Canada, dénonce le « fanatisme », et avait décelé chez Chiheb « l’obscurantisme ». Chiheb lui reprochait de payer des impôts au gouvernement impie canadien et d’engraisser ainsi les infidèles. Eh bien, déplorer, c’est un peu court.

Au fait, le doctorant Chiheb, il touchait une bourse d’études de qui, au juste ? Le double langage de la démocratie dite occidentale est certes flagrant, mais celle des islamistes confine à l’absurde. En Angleterre, récemment, un imam a enjoint ses troupes de profiter au maximum des aides sociales : on l’aurait « mal compris » quand il fut question de lui couper aussi les vivres.

Le Canada a engendré une sorte d’islam à « l’américaine », avec notamment une imam pur jus canadienne (entendez d’ascendances européennes), une convertie, très loin de prêcher le djihad. Elle mène la prière, voilée bien sûr, au premier rang, derrières femmes et hommes en deux groupes séparés mais ensemble présents. L’assistance est « mixte », avec des fondamentalistes d’apparence (barbus) pacifiques, d’autres beaucoup moins stricts. Bref, d’ex, présents, futurs passagers de Via Rail et Amtrak. Qui n’ont certes guère envie de mourir pour qu’un fanatique s’envoie au martyr… Mais que ne vont-elles et ils exiger des pays les plus fondamentalistes que la liberté dont ils jouissent, aux côtés de laïques (de moins en moins, le gouvernement Harper semble vouloir un revirement de la loi sur l’avortement), d’autres fidèles d’autres croyances, soit reflété par l’islam en son entièreté ?

On attend. Car pour le moment, la société canadienne risque de se crisper, comme d’ailleurs tant d’autres. Et l’islam, religion « de paix », n’aide guère à détendre l’atmosphère en prêtant le flanc à l’accusation de double langage.