Un diamant? A quel prix ? 

Un diamant, c'est beau, ça brille, c'est, soi-disant, éternel…. 

Plusieurs réflexions me viennent à l'esprit : 

– je me souviens d'une dame, lors d'une visite du Musée de la pipe et du diamant, dans le jura, à Saint Claude (www.musee-pipe-diamant.com). Devant les expositions de pipes en bruyère ou autre matière, joliment travaillées artisanalement, elle me dit : "mon père est mort du cancer du tabac, je n'aime pas ces objets…je préfère les bijoux"

Piquée au vif, je lui fais remarquer que les diamants et l'or causent également la mort de nombreuses personnes. Ce qu'elle n'a pu qu'acquiescer.

C'est très loin, mais depuis rien n'est venu infirmer ma remarque. 

– l'or et la fièvre qu'elle engendre, ces trafics, cette ruée qui déchaîne avec elle tout ce que l'Homme a de pire (cf article de SOPHY du 30 octobre 2008) – Une tonne de minerai pour une bague en or massif !!! Cela en vaut-il la peine? 

– le diamant ? pas mieux!

Après avoir visionné le film EZRA de Newton I. ADUAKA (né en 1966 au Nigéria) qui montre, l'enlèvement d'enfants d'à peine une dizaine d'année, leur assassinat parfois (froidement devant les autres), puis leur "dressage" plus que militaire, leur soumission à la drogue et à l’alcool,  pour en faire des tueurs, des soldats pour une cause qu'ils ne peuvent percevoir, pour déstabiliser un pays, pour….quoi….et…."garder" une mine de diamant!

On leur martèle aux oreilles : « ceci est un fusil » « ceci est un AK47 » « ceci est ta vie ».

Pensez un instant que les diamants qui brillent dans les vitrines des bijouteries sont cause de près ou de loin, directement ou indirectement, de telles horreurs !

C'est vrai que, dans le film, le doigt n'est pas pointé spécialement sur la mine de diamant, mais on devine bien le "blanc" venir inspecter si tout va bien, si la mine est en sécurité, si en cas d'attaques d'autres groupes d'enfants soldats, ceux qui gardent la mine seront prêts à riposter, quitte à tirer sur leur frère ou leurs parents.

Le « blanc » ! peut-être vient-il même avec un chargement d’armes… 

Un film fort pour montrer la souffrance de ces enfants, mais aussi pour suivre le parcours du pardon.

Le réalisateur n'a pas choisi la violence pure pour nous montrer ces drames mais plutôt le côté psychologique et humain: on a de l'empathie pour Ezra, on espère qu'il va retrouver la vie, que tout n'est pas gâché. Les commissions de réhabilitation mises en place par l’O.N.U. pourront-elles aider ses jeunes gens à se retrouver, pourront-elles aider les villageois à sinon leur pardonner mais les réintégrer dans la vie du village.

Le cadre du film se situe en Sierra Leone mais cela s’est passé sur tous les continents. Et on ressort de là, nous, certains peut être en se disant que l’on n’y peut rien, que c’est inutile de protester. Comme l’actrice, vraie parisienne, d’origine malienne, Mariame N'Diaye, qui nous confie : « quand nous sommes rentrés à PARIS, nous nous sentions bien inutiles !…impuissants… ». 

Si on peut ! le « client » peut beaucoup ! et même un peu, c’est déjà cela, puisque nous sommes très nombreux.

Les bijoux qui dorment dans nos tiroirs, souvenirs de famille, je peux comprendre ; souvenirs dont un cambrioleur aura vite fait de vous soulager.  De quoi vider vos tiroirs, mesdames, et de remettre sur le marché vos bijoux afin de limiter ces exploitations (mot à prendre dans tous les sens du terme.)  Une idée comme un autre?

En parrainant un enfant Sierra Léonais, vous financez des projets communautaires pour aider les enfants parrainés et les autres à construire un futur meilleur. 

Nota : EZRA – Film français, autrichien, nigérian – 2007 – ce film est déjà passé sur ARTE mais ressort dans les salles – il a obtenu le grand prix, l’étalon d’or de Yennemenga. 

Prochaine Séance : mardi 18 novembre à UTOPIA BORDEAUX (33) * mardi 25 novembre à l’Espace Georges Brassens à LEOGNAN (33)