Au milieu de kilos de papier et de milliers de pages, parmi la foule, au milieu des auteurs, à mille lieux de nos errances…. un écrivain retient votre attention.

Pourquoi lui? pourquoi ce livre?

Vous ne le connaissez pas. Est-ce à cause du Edward Hopper? de la Lighthouse Hill? Parce que nous n’irons pas au Dallas Muséum Of Fine Arts pour voir le tableau ? (ça c'est sur!)

Pour un sourire qu'il vous accorde à vous?

A-t-il vu, lui, que vous, vous avez vu le Hopper sur la couverture de son livre, parmi la foule indifférente?

Perçoit-il votre corde sensible lorsqu'il vous présente son livre?

Et voilà, vous l'emportez avec vous, cet "instant d'abandon".

 

Mon premier livre de Philippe BESSON, donc je ne saurais dire "c'est du Philippe Besson" comme on dirait "c'est du d'Ormesson" ou "du Romain Sardou" ou d'autres.

Cela suinte le malheur et le désespoir pourtant les phrases sont belles et le roman se lit comme un poème.

L'auteur est charmeur, et c’est vrai fort sympathique, et m'a mis cette dédicace qui donne le suspens. "Un instant d’abandon » le portrait d’un homme seul face à la meute, seul face à son passé."

 

 Que va-t-il se passer? Comment cela va-t-il finir, toute cette tristesse? Que va-t-il arriver au personnage principal, cet homme face aux autres, face à lui-même, avec son passé si lourd et si encombrant, dans son village natal de bord de mer, encerclé par ces villageois au cœur endurci? Qui osera boire un verre avec lui au café du village où même le barman souffre de le servir?

 Lui, qui dès l'enfance, n'était pas comme les autres, que la vie a malmené, va-t-il renaître à la joie? 

Extrait :

« Personne ne peut imaginer ce que c’est la périphérie d’une ville qui n’est rien. C’est là qu’ils ont construit la gare. Pourtant, les trains sont rares, encore plus à la morte saison. On ne s’aventure pas jusqu’ici tout à fait par hasard. Les rails s’arrêtent où commence la Manche. »

….

« Je suis né au milieu d’un automne, un jour de brume, un jour comme un autre, en somme. La brume, elle est là presque tout le temps. Elle recouvre tout, elle nous accompagne, elle sera là jusqu’au jour de notre mort. Elle est notre unique certitude. Ce voile sur nos visages. Ce gris dans nos regards. Ces gouttes qui perlent sur l’avant de nos bras. »

« Je n’ai pas d’âge. Les années ont passé, je les ai perdues. Si je ne devais compter que les années heureuses, je serais encore un enfant. »

« A l’évidence, personne n’a oublié que des hommes sont venus me chercher un jour, qu’ils m’ont emmené loin de la ville, que des années se sont écoulées loin de la ville. C’est un autre qui leur revient. Les gens d’ici, ceux qui ne partent pas, qui ne partiront jamais, pensent qu’on devient forcément un autre quand on vous emmène loin d’eux. C’est eux qui ont raison.

Mais je vous l’ai dit : je n’avais nulle part où aller. »

 

 

Philippe BESSON a reçu pour son premier roman, « En l’absence des hommes », le prix Emmanuel-Roblès, decerné par l’Académie Goncourt.

Ses romans sont traduits en allemand, anglais, brésilien, bulgare, chinois, espagnol, grec, italien, japonais, lituanien, néerlandais, polonais et tchèque.

 

***************

 SES AUTRES LIVRES :

– En l’absence des hommes

– Son frère

– L’arrière-saison (inspiré d’un tableau d’Edward Hopper – Grand Prix RTL-Lire)

– un garçon d’Italie

– les jours fragiles (prix Femina)

– l’enfant d’octobre

 

**************