Hier soir, comme souvent, je suis seule avec ma télévision, mes livres et mon ordinateur.
L’ordinateur me lasse, et je n’ai pas envie de lire ce livre ardu que j’ai entamé lundi, donc, ça sera "soirée télé dans le canapé". Et quand je suis comme ça, j’ai envie d’un film ou, à défaut, d’un téléfilm.
Pas de chance, c’est vendredi soir… c’est vendredi soir d’une fin de semaine triste de Toussaint, avec un temps de Toussaint et l’absence des gens, partis, justement, voir leur famille pour la Toussaint. Et moi qui n’ai pas "fait le pont".
Un rapide coup d’oeil à mon magazine allégé, le moins cher du marché:
j’ai donc le choix entre une télé-réalité montée de toutes pièces avec des personnages en manque de reconnaissance médiatique, un magazine sans doute intéressant sur les champs magnétiques et les radiations cosmiques, un documentaire sur la maltraitance en famille et sur la prostitution, un autre sur les nombreux tués sur les routes, un autre magazine de société sur divers meurtres  qui égaient les faits divers, une émission d’humour qui ne m’inspire pas du tout, un émission sur le zapping… bof bof… je zappe,
et puis j’ai encore le choix, pensez! avec toutes les chaines à disposition:
4 meurtres chez les Marines américains avec examen approfondi des scènes de crimes (NCIS), un téléfilm britannique qui me tentait jusqu’à ce que je lise "âmes sensibles, passez votre chemin" avec meurtres en série de jeunes filles(*), une série américaine avec "quais hantés" et "électrocutions meurtrières", les sempiternels Cordier, Juge et Flic, deux épisodes donc un assassinat et une épidémie qui frappe des enfants, un téléfilm germano-néo-zélandais sur l’histoire d’un enfant et d’un marsupial… euh, bon… et je passe sur les chaines qui n’ont pas droit à leur page entière, c’est vrai que ce n’est pas la peine d’en parler.
 
Au final, j’opte pour un téléfilm français tourné dans cette bonne ville du HAVRE sur France 2 !
 
En fait, ce deux novembre 2012, à la télévision française, c’est le jour des Morts !
 
Le téléfilm est prenant, enlevé par un Bruno Solo (qu’on imagine même plus devant son distributeur de café), et un Jean-Marc Barr du plus beau ténébreux (même sans beaucoup de cheveux).
C’est tellement bien fait que… je n’en dors pas de la nuit!
Il faut dire que le meurtre relaté dans le film est particulièrement horrible et cruel, que l’on ne nous épargne pas les détails visuels, que la caméra traine presque langoureusement sur le cadavre… que pour justifier de tout ça, c’est le thanatopracteur qui est coupable, pas de ce meurtre là mais d’un autre, dont on ne nous épargnera pas la description, mais toute de même, nous n’aurons pas droit aux images (ouf !!!)
L’image s’en est gravée sur ma rétine à tel point que j’ai du me forcer à penser à autre chose pour parvenir à l’oublier. Après le film, j’avais pourtant visionné d’autres choses via internet. Mais rien à faire…. L’horreur était entrée dans mon salon via la Télévision Numérique Terrestre.
 
ah, au fait, j’oubliais, cette semaine, j’ai réglé 125 euros de redevance télévisuelle pour les chaines de France Télévision… oui, celles qui nous décortiquent les affaires meurtrières les plus croustillantes… Vous aimez ça vous ?

Cette semaine, j’ai regardé, Un crime oublié (flippant et saignant), Les Enquêtes de Murdoch (toujours avec un passage à la morgue…), George et Fanchette (endormissant, mais visible par tous), La Tour Montparnasse Infernale (tellement drôle!!), et donc, Deux flics sur les docks.
Je reconnais que c’est une semaine fastueuse… mais que je me serais bien passée de toutes ces scènes chez les médecins légistes.
Recrute-t-on dans cette profession ? Avant, les héros étaient photographes ou architectes. A présent, toute la semaine, sur une chaine ou l’autre, c’est la conversation presque parfaite au rayon chambre froide, entre Murdoch qui se meurt d’amour pour la dépeceuse en jupon et chignon parfait, et l’interrogatoire au Havre au dessus d’un macchabée digne de cette fête celtique que je me refuse à nommer ici.
Et ça recommence la semaine prochaine….
Je plains vraiment les personnes seules et à mobilité réduite pour diverses raisons, la télévision n’est vraiment plus de bonne compagnie.
Vous pouvez vous amuser à un petit jeu de coloriage: prenez un crayon rouge ou un feutre de couleur, et surlignez, dans votre magazine télé, tous les mots ayant un rapport avec le meurtre, la violence… c’est édifiant…
 Finalement, ce vendredi soir, j’aurais du regarder Thalassa, mais parfois, quand je vois ce qu’on fait de la planête, ça me déprime aussi…. allez comprendre…
 
(*) oui, en général les meurtres en série, ce sont toujours des filles et jeunes si possible… c’est pratique pour les téléfilms et l’audimat, on peut montrer des corps dénudés, torturés, et rajouter dans le voyeurisme audiovisuel avec des commentaires croustillants. Vu la quantité de ce genre de sujets, je crains pour le mental de mes contemporains.
 
lire aussi, au sujet de la violence banalisée:
http://www.come4news.com/la-viol-anse-de-la-cruche-de-pandorre-618461#pc_247426