De défaites en victoires, la Hadopi est lancée dans une lutte acharnée contre les sites pirates. Une course sans fin, puisqu’il suffit que l’un des ténors ferme pour que cinq autres répliques apparaissent en tentant de surfer sur la notoriété du défunt. Ce fut le cas de Zone-Téléchargement premier site de « direct download » en France ou de torrent9, qui dans un jeu du chat et de la souris ont retrouvé leur superbe d’antan suite à un simple changement d’adresse.

En Novembre 2016, les autorités françaises et les ayants droit se targuaient d’avoir mis sous les verrous les administrateurs du célèbre site Zone-téléchargement et par la même occasion d’avoir obtenu la fermeture du site. Une victoire de courte durée puisqu’un an plus tard, son clone jouit d’un succès tout aussi probant.

L’échappée belle des sites pirates

Ainsi le webzine Wekyo.com soulignait sur le cas Torrent9, que les pirates usaient d’une stratégie éprouvée pour échapper à la justice et qui consiste à créer des sites miroirs, changer d’adresse web régulièrement tout en basant les hébergements dans des pays plus exotiques les uns que les autres. Une technique utilisée à maintes reprises par Torrent9 un des plus gros concurrents de Zone Téléchargement.

Un procédé simple qui met à mal les capacités d’enquêtes des autorités françaises et qui souligne toute la difficulté pour Hadopi de combattre les sites pirates, malgré des moyens financiers toujours plus conséquents.

Une étude Hadopi qui sonne comme un constat d’échec

Pour tenter de comprendre son échec cuisant, la Hadopi vient récemment de publier une étude sur la réplication des sites de téléchargement en se basant justement sur la cas Zone-Téléchargement.
Premier constat, le clone enregistré sous une extension en .ws n’est pas forcément l’œuvre d’une partie des anciens administrateurs. Le contenu proposé est très différent du site original et l’orientation vers le cinéma et séries plus prononcé tandis que l’ancien site s’orientait davantage vers le téléchargement d’œuvres vidéoludiques et musicales.
Dans cette même étude, Hadopi suppose que le clone à été plutôt créé à la hâte et à bénéficier de la notoriété de son prédécesseur. « Il s’agit plutôt d’un site recréé ex nihilo. Ce procédé a été mis en œuvre dans des délais suffisamment brefs pour bénéficier de la notoriété du site précédent et attirer rapidement une audience importante ».

La fermeture d’un ténor entraine la multiplication de l’offre

Que devons-nous conclure de tous ces émoluments ? Sinon que les différentes actions d’Hadopi sont un échec. Si l’on considère que le but de la haute autorité est de juguler l’offre de contenus distribués illégalement, force est d’admettre qu’elle ne fait qu’entrainer sa multiplication. En ce sens de nombreux exemples peuvent être cités : T411, streaming complet ou encore Sokrostream… tous ressuscités en de multiples exemplaires. Ce qui demandera à terme toujours plus de moyens d’actions pour les autorités. Ou comment le serpent se mord la queue…